Sous le feu des critiques, le directeur du FBI Kash Patel s'explique devant le CongrĂšs

  • PubliĂ© le 16 septembre 2025 Ă  08:46
  • ActualisĂ© le 16 septembre 2025 Ă  09:19
Le directeur du FBI, la police fédérale américaine, Kash Patel, à la Maison Blanche, à Washington, aux Etats-Unis, le 15 septembre 2025

Le directeur du FBI, Kash Patel, rend compte mardi de son action Ă  la tĂȘte de la police fĂ©dĂ©rale amĂ©ricaine devant le CongrĂšs quelques jours aprĂšs sa communication hasardeuse dans l'enquĂȘte sur l'assassinat de l'influenceur ultraconservateur Charlie Kirk.

Ce qui aurait dĂ» ĂȘtre une audition presque de routine devant la commission judiciaire du SĂ©nat, avant celle de la Chambre des reprĂ©sentants mercredi, risque de se transformer en examen de rattrapage sur ses compĂ©tences pour ce poste stratĂ©gique.

Son autorité est d'autant plus entamée qu'une partie de la base du président Donald Trump lui reproche, ainsi qu'à la ministre de la Justice Pam Bondi, leur gestion de l'affaire Jeffrey Epstein, délinquant sexuel mort en prison en août 2019 avant son procÚs.

Quelques heures à peine aprÚs l'assassinat de Charlie Kirk le 10 septembre, Kash Patel claironnait sur X que l'auteur présumé de ce "meurtre atroce" était en détention, brûlant la politesse aux autorités sur place, qui se montraient bien plus circonspectes. Pour devoir se dédire piteusement au bout d'une heure et demie en annonçant que ce suspect, mis hors de cause, avait été relùché.

Il a reconnu lundi qu'il aurait "pu mieux formuler cela dans le feu de l'action", mais a assurĂ© n'avoir aucun regret sur son annonce prĂ©maturĂ©e, cette ancienne figure de la sphĂšre complotiste se targuant d'ĂȘtre le directeur le plus "transparent" de l'histoire du FBI.

Kash Patel revendique mĂȘme un rĂŽle central dans la reddition du meurtrier prĂ©sumĂ©, Tyler Robinson, reconnu par son pĂšre sur les images de vidĂ©osurveillance diffusĂ©es par les autoritĂ©s, et qui doit ĂȘtre prĂ©sentĂ© Ă  un juge pour la premiĂšre fois mardi.

Comme de nombreux commentateurs judiciaires, l'ancien procureur fédéral Glenn Kirschner dénonce le caractÚre "irresponsable" des annonces de Kash Patel dans cette affaire, espérant ouvertement son éviction.

- "Politisé" -

"Kash Patel est dangereusement inapte à diriger le FBI", assÚne Glenn Kirschner sur sa chaßne YouTube, citant également les accusations portées contre lui par d'anciens hauts responsables de la police fédérale.

Dans une plainte au civil la semaine derniÚre, trois dirigeants du FBI abruptement limogés en août par Kash Patel l'accusent d'avoir "politisé" cette agence pour complaire à ses supérieurs, dont Donald Trump.

Ils disent avoir Ă©tĂ© sanctionnĂ©s notamment pour leur opposition au limogeage d'agents dont le seul tort Ă©tait d'ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme insuffisamment alignĂ©s sur les prioritĂ©s de la nouvelle administration ou ayant Ă©tĂ© publiquement dĂ©noncĂ©s par les partisans du prĂ©sident rĂ©publicain.

L'un d'entre eux, Brian Driscoll, directeur du FBI par intérim pendant le premier mois du mandat de Donald Trump, jusqu'à l'entrée en fonction de Kash Patel, affirme avoir tenté en vain de le dissuader de licencier un agent.

"Le FBI a tenté de mettre le président en prison et il ne l'a pas oublié", lui a répondu Kash Patel, se disant obligé pour garder son poste de renvoyer tous ceux ayant travaillé sur les procédures pénales contre Donald Trump avant son élection, selon la plainte.

Mais cette indĂ©fectible allĂ©geance de Kash Patel, dont les opposants dĂ©mocrates ont tentĂ© de bloquer la nomination en raison de sa dĂ©fense des Ă©meutiers du Capitole le 6 janvier 2021 et de son soutien passĂ© Ă  la mouvance complotiste d'extrĂȘme droite QAnon, pourrait ne pas suffire Ă  sauver sa tĂȘte.

Son crédit est en effet largement entamé auprÚs de la frange complotiste du mouvement trumpiste MAGA ("Make America Great Again", "Rendre sa grandeur à l'Amérique"), frustrée des révélations fracassantes qu'elle espérait dans l'affaire Epstein.

En juillet, le ministÚre de la Justice et le FBI ont annoncé conjointement n'avoir découvert aucun élément nouveau dans ce dossier qui justifierait la publication de documents supplémentaires.

AFP

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