Une annonce trop brutale et sans alternatives connues

Sports : Roxana Maracineanu tente d'Ă©teindre l'incendie sur les suppressions de postes

  • PubliĂ© le 9 septembre 2018 Ă  17:22
  • ActualisĂ© le 9 septembre 2018 Ă  18:29
La ministre des Sports Roxana Maracineanu à l'Elysée le 5 septembre 2018

Pour sa premiÚre sortie publique dimanche, la nouvelle ministre des Sports Roxana Maracineanu a tenté d'éteindre l'incendie provoqué par la publication, qu'elle a jugée "trÚs brutale", de la lettre de cadrage de Matignon fixant un objectif de 1 600 suppressions de postes dans son ministÚre. Vendredi, l'AFP a révélé que dans une lettre de cadrage envoyée le 26 juillet à sa prédécesseur Laura Flessel, Matignon demande au ministÚre d'"appliquer un schéma d'emplois de moins 1.600 ETP (équivalent temps plein) au cours de la période 2018-2022". Dans le courrier, Matignon compte "sur une transformation du mode de gestion des conseillers techniques sportifs (CTS) et sur la réduction de leur nombre, ainsi que sur une rationalisation des services déconcentrés".

"Je pense que cette annonce vendredi 7 septembre est vraiment trĂšs brutale et ce ne sont pas les bons mots qui ont Ă©tĂ© employĂ©s", a dĂ©clarĂ© la ministre, au pied du pont d'Iena, en marge de la course "La Parisienne" qu'elle Ă©tait venue soutenir pour montrer son attachement au dĂ©veloppement du sport fĂ©minin. "Je suis en train de chercher des solutions", a ajoutĂ© l'ancienne championne de natation, qui, Ă  son cinquiĂšme jour Ă  la tĂȘte du ministĂšre, a concĂ©dĂ© que le problĂšme lui Ă©tait "tombĂ© un peu dessus". "Et je crois que c'est tombĂ© dessus un peu pour tout le monde".

- "Sortir par le haut" -

De quoi mettre le feu aux poudres dans un mouvement sportif qui s'inquiÚte déjà de voir l'Etat se désengager, avec un budget du ministÚre qui s'annonce à la baisse pour la seconde année consécutive. Et ce d'autant que les CTS, rémunérés par l'Etat et au nombre de 1.600 justement, sont essentiels au fonctionnement des fédérations sportives, à la fois pour le haut niveau et pour le développement des pratiques. Il s'agit des directeurs techniques nationaux, entraßneurs nationaux et conseillers techniques nationaux ou régionaux.

La réduction des effectifs, "c'est un objectif qui vient d'en haut, sans forcément connaßtre les spécificités vraiment précises du sport, et c'est à moi de les expliquer maintenant", a assuré Roxana Maracineanu. Mais elle a immédiatement rappelé qu'elle faisait partie "d'un gouvernement" dont elle devait suivre "les directives", en évoquant "les problÚmes de réduction de budget" du pays.

"Je pense que cet objectif n'a pas été clairement exprimé, (...) c'était uniquement un document de travail interne", a insisté la nouvelle ministre, tout en concédant: "Je ne mesure pas le (caractÚre) définitif de ce document".

L'ancienne championne du monde de natation (1998) a indiqué qu'elle avait un rendez-vous avec le Premier ministre Edouard Philippe lundi pour "essayer de plaider notre cause et nous en sortir par le haut le mieux possible".
Elle doit aussi rencontrer le patron de l'association des directeurs techniques nationaux (DTN), Philippe Bana, qui a dénoncé une "volonté de destruction humaine massive", "stupéfiante et atterrante": "Je vais lui faire part des quelques réflexions qu'on a pour justement que ce mot suppression n'existe plus, que ce ne soit pas ça, qu'on veuille faire, mais autre chose", a expliqué Roxana Maracineanu.

- "Réinvention des CTS" -

Mais elle a indiquĂ© qu'il fallait "commencer Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  une rĂ©invention de ce que peut ĂȘtre le corps des CTS et de ces personnes de grande valeur, qui sont mises Ă  disposition des fĂ©dĂ©rations aujourd'hui et qui effectivement vont devoir changer d'orientation, ça c'est certain".

Les CTS font l'objet d'un débat récurrent sur leur statut: payés par l'Etat, ils travaillent directement pour les fédérations. "Il ne s'agit pas de remettre en cause l'action des CTS mais de les intégrer davantage à la vie des fédérations", avait d'ailleurs précisé Matignon vendredi.

La crise intervient à quelques jours du premier anniversaire, le 13 septembre, de l'attribution des Jeux olympiques à Paris en 2024. Elle survient aussi en plein chantier sur une réforme du modÚle sportif français, qui doit aboutir l'année prochaine à la création d'une agence nationale du sport.

Cette agence, chargée de piloter le haut niveau et le développement des pratiques sportives, serait gouvernée de maniÚre tripartite entre l'Etat, le mouvement sportif et les collectivités territoriales.

 - © 2018 AFP

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