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Squarcini: privilĂšges et influence, ce que la justice lui reproche

  • PubliĂ© le 1 octobre 2016 Ă  12:50
Bernard Squarcini à son arrivée le 18 février 2015 au palais de justice à Paris

Un ex-grand flic qui passe dans le privĂ© mais continue d'user de ses rĂ©seaux ou de son aura pour obtenir privilĂšges ou informations secrĂštes: Bernard Squarcini a Ă©tĂ© mis en examen mercredi dans une enquĂȘte Ă  tiroirs, oĂč apparaĂźt notamment sa collaboration chez LVMH.


- SOUPÇONS DE VIOLATIONS DU SECRET DE L'ENQUETE -
Une partie des faits reprochĂ©s Ă  celui qu'on surnomme le "Squale" remontent Ă  2013. Ils trouvent leur origine dans des Ă©coutes judiciaires ordonnĂ©es dans une enquĂȘte visant Ziad Takieddine, dans laquelle cet intermĂ©diaire a Ă©tĂ© rĂ©cemment condamnĂ©. RĂ©vĂ©lĂ© par Le Monde, le rapport de police montre que Bernard Squarcini appelle encore souvent Ă  cette Ă©poque ses anciens subordonnĂ©s Ă  la Direction centrale du renseignement intĂ©rieur (DCRI), qu'il a dirigĂ©e jusqu'en 2012, avant d'ĂȘtre Ă©cartĂ© par la gauche au pouvoir en raison de sa proximitĂ© avec Nicolas Sarkozy.
En 2013, l'ex-patron du renseignement a fondĂ© une sociĂ©tĂ© privĂ©e de conseil en sĂ©curitĂ©, Kyrnos. Mais Ă  la DCRI, devenue DGSI en 2014, certains l'appellent toujours "chef", relĂšvent les enquĂȘteurs. Un policier de la DGSI, restĂ© trĂšs liĂ© Ă  son ancien patron, a Ă©tĂ© mis en examen, notamment pour violation du secret professionnel et compromission du secret de la dĂ©fense nationale.
Ses contacts vont au-delĂ  de son ancien service. D'aprĂšs ce rapport, dont l'AFP a eu connaissance, Michel Gaudin, directeur de cabinet de l'ex-prĂ©sident Nicolas Sarkozy, lui demande le 4 avril 2013 s'il est possible de rĂ©cupĂ©rer une note de la direction centrale de la police judiciaire sur l'affaire Cahuzac, un Ă©lĂ©ment pourtant couvert par le secret de l'enquĂȘte. Quelques jours plus tĂŽt, Bernard Squarcini contacte un haut fonctionnaire de police en Corse et s'enquiert des investigations sur l'assassinat de l'ex-bĂątonnier d'Ajaccio, Me Antoine Sollacaro. ParallĂšlement, il Ă©change des SMS avec une proche d'un des suspects en garde Ă  vue.
A la mĂȘme pĂ©riode, le "Squale" sollicite le patron de la police judiciaire parisienne Christian Flaesch pour savoir oĂč en est la procĂ©dure dans une affaire oĂč la maison de luxe HermĂšs a portĂ© plainte contre le groupe LVMH. L'ancien chef du renseignement Ă©change aussi des informations avec un magistrat parisien sur le point de passer Ă©galement dans le privĂ©, justement chez LVMH, qui se trouve ĂȘtre l'un des principaux clients de Kyrnos.
- UNE COLLABORATION AVEC LVMH AU COEUR DU DOSSIER -
Dans le cadre de son contrat avec LVMH, Bernard Squarcini a pour mission d'aider le groupe de luxe dans la lutte contre la contrefaçon. Selon son avocat, Patrick Maisonneuve, "il a pu y avoir des échanges d'informations" sur le sujet avec la DCRI du fait de l'implication de certains trafiquants dans le financement du terrorisme. Aux yeux des juges d'instruction et de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices", ce retour d'informations de la DCRI vers son ex-patron pose problÚme.
- TRAFIC D'INFLUENCE, DÉTOURNEMENT DE FONDS PUBLICS -
Les juges qui l'ont mis en examen reprochent notamment Ă  Bernard Squarcini d'avoir usĂ© de son influence pour accĂ©lĂ©rer des dĂ©marches administratives, l'obtention de passeports ou de visas, au profit d'un membre de la famille du patron de LVMH Bernard Arnault et dans son entourage, a appris l'AFP de sources proches de l'enquĂȘte.
Autre grief, l'utilisation de ressources au sein de la DCRI, alors qu'il a quitté le service. Sa défense met en avant la valeur relative de ces petits privilÚges, qui relÚvent de tùches de secrétariat, de traduction ou de documentation.
- L'AFFAIRE WAGRAM -
En 2011, Bernard Squarcini est soupçonnĂ© d'avoir ordonnĂ© la mise sur Ă©coute d'un policier du Service central des courses et jeux qui enquĂȘtait sur le cercle de jeux parisien Wagram et d'avoir produit un rapport contenant des informations "sciemment erronĂ©es" pour justifier ce placement, explique une source proche du dossier.
Pour se dĂ©fendre, Bernard Squarcini a mis en avant les nĂ©cessitĂ©s d'une enquĂȘte sur des soupçons d'espionnage international, rapporte une autre source proche du dossier. L'argument n'a pas convaincu les juges. Il a Ă©tĂ© mis en examen pour faux en Ă©criture publique et atteinte au secret des correspondances par personne dĂ©positaire de l'autoritĂ© publique.

- © 2016 AFP
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