Sylvester Stallone a été coiffé au poteau par le Britannique Mark Rylance dimanche lors d'Oscars marqués par la polémique sur le manque de diversité à Hollywood, tandis que la saga post-apocalyptique "Mad Max" raflait les prix techniques.
"Sly" était donné grand favori pour sa septiÚme reprise du mythique personnage de boxeur qu'il a créé, Rocky Balboa. C'est finalement Mark Rylance qui, à la surprise générale, a empoché le prix du meilleur second rÎle pour avoir incarné un agent russe dans "Le pont des Espions", le dernier Spielberg.
A mi-chemin de la cérémonie, le suspense durait pour le plus gros trophée de la soirée, celui du meilleur film.
"Mad Max: Fury Road", grosse production décoiffante menée à pleins tubes par Charlize Theron en Furiosa et Tom Hardy en Max, a pris de l'avance avec six statuettes sur dix nominations.
"The Revenant", western sombre d'Alejandro Iñarritu, représente toutefois un rival de taille.
Iñarritu pourrait entrer dans l'Histoire d'Hollywood: si "The Revenant" emporte l'Oscar du meilleur film aprÚs "Birdman" l'an dernier, il deviendra le premier cinéaste à voir ses ?uvres consacrées deux années de suite.
Si le Mexicain est sacré meilleur cinéaste pour la deuxiÚme année de suite, il ne serait que le troisiÚme à avoir réussi ce doublé, aprÚs John Ford et Joseph Mankiewicz.
Son complice et compatriote le directeur de la photographie du "Revenant" Emmanuel Lubezki s'est en tout cas lui dores et déjà taillé une place au panthéon de sa profession: il a récolté son troisiÚme Oscar d'affilée.
"The Revenant" et "Mad Max" ont pour principaux adversaires la saga journalistique "Spotlight", dénonçant la pédophilie dans l'Eglise et "The Big Short: Le casse du siÚcle", sur la crise financiÚre.
Le rĂ©alisateur de "Spotlight" Tom McCarthy, primĂ© pour son scĂ©nario, a rendu hommage aux victimes des prĂȘtres pĂ©dophiles dans le monde entier.
"L'Eglise doit faire plus pour protéger les enfants", a-t-il aussi fustigé.
Parmi les thĂšmes brĂ»lants de la soirĂ©e, l'actrice suĂ©doise Alicia Vikander oscarisĂ©e pour "The Danish Girl", oĂč elle incarne l'Ă©pouse de la pionniĂšre transgenre Lili Elbe, a appelĂ© Ă plus de reconnaissance pour les transsexuels.
?Tout comme ce film m'a permis d'apprendre, j'espÚre qu'il va ouvrir un débat plus large", a-t-elle déclaré dans les coulisses du Dolby Theatre.
Chez les acteurs, les devins d'Hollywood sont d'accord: c'est l'année de Leonardo DiCaprio.
Dans "The Revenant", l'acteur de 41 ans donne une interprétation viscérale du légendaire trappeur Hugh Glass, laissé pour mort par des équipiers qui le trahissent et tuent son fils.
Pour ce rÎle, "Leo" a escaladé des montagnes avec de lourdes fourrures sur le dos, s'est baigné dans des riviÚres glacées et a dévoré du foie de bison cru.
Le genre de performance dont raffole l'Académie des arts et sciences du cinéma, qui remet les prestigieuses statuettes.
Le fil rouge de la cérémonie restait la virulente polémique sur le manque de diversité à Hollywoood.
Pour la deuxiÚme année de suite, les 20 acteurs finalistes aux Oscars sont blancs.
Le présentateur noir Chris Rock n'a pas mùché ses mots, et parsemé toute la cérémonie de sketches évoquant la frustration des afro-américains face à leur difficulté à obtenir des rÎles à Hollywood.
Introduisant "la cĂ©rĂ©monie des Oscars, Ă©galement connue comme les prix des gens blancs", il a plaisantĂ©: "s'ils nominaient les prĂ©sentateurs, je n'aurais mĂȘme pas ce travail!".
Plus sĂ©rieusement, il a martelĂ©: "Nous. Voulons. Des opportunitĂ©s. Nous voulons que les acteurs noirs bĂ©nĂ©ficient des mĂȘmes opportunitĂ©s".
La prĂ©sidente de l'AcadĂ©mie Cheryl Boone Isaacs, elle-mĂȘme Afro-amĂ©ricaine, a assurĂ© sur la chaĂźne ABC que l'organisation aux plus de 6.200 membres votant, essentiellement des hommes blancs et ĂągĂ©s, avait conscience de sa "responsabilitĂ©" et travaillait vers une plus grande ouverture.
Parmi les autres faits marquants de la soirĂ©e, Disney a empochĂ© un quatriĂšme Oscar d'affilĂ©e pour "Vice Versa", son chef d'oeuvre d'animation sur les Ă©motions qui se bousculent dans la tĂȘte d'une petite fille.
Les espoirs de la France reposent sur "Mustang", ode à la liberté sur cinq jeunes filles d'un village de Turquie.
Le film de Deniz Gamze ErgĂŒven, qui a triomphĂ© aux CĂ©sars --les prix du cinĂ©ma français--, aura toutefois face Ă lui le magnifique et crĂ©pusculaire "Fils de Saul", un autre premier film du Hongrois Laszlo Nemes, sur les juifs forcĂ©s de travailler dans les chambres Ă gaz.
- © 2016 AFP
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