Plus que quelques heures dimanche avant la grand-messe annuelle des Emmy Awards, les plus prestigieuses récompenses de la télévision américaine, avec cette année toujours plus de stars hollywoodiennes, de suspense et surtout de politique.
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Avec l'absence de la série culte d'HBO "Game of Thrones", qui avait raflé le record de 12 statuettes l'an dernier, les paris sont cette fois-ci ouverts dans la catégorie de la meilleure série dramatique, la plus convoitée. De nouveaux titres comme les oeuvres de science-fiction "Westworld" (HBO), "La servante écarlate" (Hulu) ou encore "Stranger Things" pourraient donc prendre le dessus sur des séries vétérantes comme le thriller politique "House of Cards" (Netflix) ou "Better Call Saul" (AMC).
La saga historique "The Crown", également produite par le site de streaming Netflix, ou l'épopée familiale "This Is Us" font aussi partie des nouveaux venus dans la course pour la catégorie de la meilleure série dramatique, et pour une moisson d'autres statuettes.
- 'Comme au cinéma il y a 10 ans' -
Chez les professionnels du petit écran, les votes étaient largement éclectiques, signe de l'incertitude qui rÚgne sur le vote des 21.000 membres de l'Académie de la Télévision. "J'ai trouvé "The Crown" merveilleusement conçu", a déclaré à l'AFP l'acteur vétéran Tobin Bell, 75 ans, vu notamment dans "Les Sopranos" ou "A la Maison Blanche".
Il précise avoir particuliÚrement aimé l'exploration du personnage de Winston Churchill, "ses insécurités". L'actrice de 35 ans Fiona Dourif, qui a joué dans "True Blood" sur HBO, se dit pour sa part enthousiasmée par "La servante écarlate" et "Stranger Things". "Le talent et l'écriture dans la télévision sur les chaßnes cùblées en ce moment correspondent à ce qu'on trouvait au cinéma il y a dix ans", estime-t-elle, interrogée par l'AFP.
Elizabeth Moss tient elle la corde pour l'Emmy de la meilleure actrice dramatique avec son rÎle poignant de captive violée d'une secte chrétienne fondamentaliste ("La servante écarlate").
Chez les comĂ©diens, c'est Sterling K. Brown ("This Is Us") qui est en tĂȘte des prĂ©visions du site spĂ©cialisĂ© Goldderby.com. CĂŽtĂ© comĂ©dies, les jeux semblent plus faits, avec la satire politique "Veep" et son interprĂšte Julie Louis-Dreyfus favorites une fois encore.
La cĂ©rĂ©monie des Emmys Ă Los Angeles, oĂč des vedettes d'Hollywood, Ă l'instar de Reese Witherspoon et Nicole Kidman ("Big Little Lies"), devraient insuffler une dose massive de glamour sur le tapis rouge, sera la premiĂšre depuis l'accession de Donald Trump Ă la Maison Blanche. L'animateur et humoriste Stephen Colbert sera aux manettes de la soirĂ©e. HabituĂ© des tirades anti-Trump, il pourrait assĂ©ner quelques punchs Ă l'intention du prĂ©sident rĂ©publicain.
- Trump titré via Baldwin ? -
"Les Emmys célÚbrent la télévision et il n'y a qu'une star télévisuelle cette année (...), c'est Donald Trump", a-t-il déjà assuré au Los Angeles Times. Signe de l'appétit politique du monde télévisuel, l'émission satirique culte de NBC, "Saturday Night Live", a reçu 22 nominations -le plus grand nombre cette année, à égalité avec "Westworld"- aprÚs une année à railler impitoyablement le chef de l'Etat.
SNL a déjà empoché cinq statuettes dimanche dernier aux Creative Emmys, qui récompensent les métiers techniques ou les rÎles plus secondaires. Melissa McCarthy a notamment été primée pour son interprétation survoltée de l'ex-attaché de presse décrié de la Maison Blanche Sean Spicer, qui a démissionné en juillet. L'émission est encore en lice pour cinq autres prix, dont un pour Alec Baldwin, qui a propulsé l'audience de l'émission à des records avec son imitation du magnat de l'immobilier devenu président.
La soirée des 69e Emmy Awards sera retransmise en direct du Microsoft Theater de Los Angeles par la chaßne CBS à partir de 17h00 (00h00 GMT).
AFP
