Contrer les effets de la pandémie

Stop ou encore: l'Opep+ attendu sur les coupes dans la production de pétrole

  • PubliĂ© le 6 juin 2020 Ă  06:27
  • ActualisĂ© le 6 juin 2020 Ă  07:32
Image fournie par le géant saoudien Aramco, montrant ses gisements, le 20 mars 2018

Les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs alliés se retrouvent samedi pour débattre des suites de leur réduction drastique de la production mise en place pour contrer les effets de la pandémie.

PrĂ©vu initialement la semaine suivante, ce sommet, qui s'ouvre Ă  12h00 GMT, a Ă©tĂ© avancĂ© sur proposition du ministre algĂ©rien de l'Énergie Mohamed Arkab, lequel assure la prĂ©sidence tournante de l'Opep. La rĂ©union aura lieu par visioconfĂ©rence, en raison des restrictions de dĂ©placement.

L'arme habituelle du cartel, fermer le robinet pour soutenir les prix, a été cette année employée avec une vigueur qui fera date. AprÚs un accord arraché le 12 avril, ce sont pas moins de 9,7 millions de barils par jour (mbj) que les pays signataires de l'Opep+ devaient ensemble retirer du marché depuis le 1er mai pour faire face à une chute de la demande sans précédent aggravée par la pandémie de coronavirus.

Les termes de cet accord précisent que la réduction de la production évolue dans le temps: à compter du 1er juillet les coupes doivent passer à 7,7 mbj, jusqu'en décembre, puis à 5,8 mbj de janvier 2021 à avril 2022. "Il semble maintenant trÚs probable (que l'Opep+) prolonge d'un mois supplémentaire les réductions actuelles de mai-juin", estime BjÞrnar Tonhaugen, analyste chez Rystad Energy.

Certains observateurs de marchĂ© tablent sur une prolongation plus longue encore, jusqu'Ă  la fin de l'Ă©tĂ© voire de l'annĂ©e. Car mĂȘme s'il est en marche dans de nombreuses rĂ©gions du monde, le dĂ©confinement n'a pas ramenĂ© la consommation de brut Ă  son niveau d'avant crise, dĂ©jĂ  infĂ©rieur Ă  l'offre Ă  l'Ă©poque.

- Respecter son quota -

Comme souvent, les nĂ©gociations s'annoncent tendues entre la Russie et l'Arabie saoudite, les deux poids lourds de l'entente, qui ont mĂȘme dĂ©clenchĂ© une courte mais intense guerre des prix aprĂšs l'Ă©chec de prĂ©cĂ©dentes nĂ©gociations dĂ©but mars.

La conformité entre les engagements pris par les pays et leur mise en ?uvre pourrait constituer la principale pierre d'achoppement: ce sujet épineux "complique les efforts" de tout le groupe, d'aprÚs Al Stanton, analyste chez RBC.

Selon les calculs du fournisseur de données Kpler, le cartel élargi a réduit sa production d'environ 8,6 mbj en mai, soit 11% de moins que le volume prévu. L'Irak et le Nigeria sont pointés du doigt.

MalgrĂ© ces doutes, la politique de l'Opep a montrĂ© son efficacitĂ© puisque les cours sont remontĂ©s en ce dĂ©but juin autour de 40 dollars le baril pour la rĂ©fĂ©rence amĂ©ricaine, le West Texas Intermediate (WTI), et son Ă©quivalent europĂ©en, le Brent de la mer du Nord. Ils avaient atteint des plus bas historique aux alentours du 20 avril, heurtant la barre des 15 dollars pour le Brent et passant mĂȘme en nĂ©gatif pour le WTI.

 AFP

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