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"Subprimes": Deutsche Bank encourt une amende de 14 milliards de dollars aux Etats-Unis

  • PubliĂ© le 16 septembre 2016 Ă  04:17
Le logo de la Deutsche Bank sur l'immeuble du quartier général de la banque allemande, à Francfort

Les Etats-Unis demandent Ă  Deutsche Bank de payer une amende record de 14 milliards de dollars pour solder un litige immobilier remontant Ă  la crise financiĂšre.


"Deutsche Bank n'a pas l'intention de solder ces potentielles requĂȘtes civiles au montant proche du chiffre citĂ©", a fait savoir jeudi la premiĂšre banque allemande, dont l'action dĂ©vissait de prĂšs de 7% dans les Ă©changes Ă©lectroniques aprĂšs la clĂŽture.
"Le DoJ (dĂ©partement de la Justice amĂ©ricain) a invitĂ© la banque Ă  soumettre une contre-offre", ajoute-t-on de mĂȘme source, tout en soulignant que les nĂ©gociations "viennent seulement de commencer".
Deutsche Bank, qui en pleine restructuration marquée par des suppressions massives d'emplois, dit espérer que ces tractations aboutissent à une amende d'un montant similaire à celle payée par d'autres grandes banques dans ce dossier épineux.
La banque d'affaires américaine Goldman Sachs avait finalisé mi-avril une amende de 5,06 milliards de dollars pour des faits presque similaires.
A 14 milliards de dollars, Deutsche Bank écoperait de l'amende la plus importante jamais infligée à une banque étrangÚre aux Etats-Unis, loin devant les 8,9 milliards de dollars dont l'établissement français BNP Paribas a écopé en 2014 pour avoir violé des embargos américains.
Le montant final devrait se situer nettement en-dessous des 14 milliards de dollars, a indiqué une autre source proche du dossier à l'AFP.
Contacté, le département de la Justice s'est refusé à tout commentaire.
Toutefois, ces nĂ©gociations pourraient ĂȘtre influencĂ©es par le climat anti-Wall Street qui prĂ©vaut actuellement dans la campagne Ă©lectorale pour la Maison Blanche.
- 8.000 litiges judiciaires -
Deutsche Bank est accusĂ©e, comme d'autres grandes banques, d'avoir vendu Ă  des investisseurs avant l'Ă©clatement de la crise financiĂšre de 2007-2008 des prĂȘts hypothĂ©caires rĂ©sidentiels (RMBS), qui sont des crĂ©dits immobiliers convertis en produits financiers, tout en sachant qu'ils Ă©taient toxiques.
BaptisĂ©e titrisation, cette tactique, utilisĂ©e abondamment par les grandes banques pour convertir des portefeuilles de prĂȘts en titres financiers qu'elles cĂšdent ensuite sur les marchĂ©s, est jugĂ©e responsable des pertes abyssales subies en 2008 par de nombreux investisseurs, dont ceux ayant achetĂ© les titres adossĂ©s aux fameuses "subprimes".
Deutsche Bank a mis de cÎté 5,5 milliards d'euros (6,2 milliards de dollars) au 30 juin pour résoudre des litiges en cours, selon des documents boursiers. Elle espérait, selon des sources proches, écoper d'une amende comprise entre 2 et 3 milliards dans le dossier des RMBS.
Trois grandes banques américaines, JPMorgan Chase, Citigroup et Morgan Stanley, ont déjà accepté de payer un montant cumulé de 23 milliards de dollars pour solder des poursuites liées aux RMBS. Le record revient à Bank of America, qui s'est vu infliger une amende de 16,65 milliards de dollars à l'été 2014.
Les banques européennes Barclays, UBS, Credit Suisse et Royal Bank of Scotland (RBS) sont également dans le collimateur des autorités américaines.
L'accord que va finaliser Deutsche Bank devrait comporter une amende civile, des dédommagements à des investisseurs lésés et aux consommateurs, détaille à l'AFP une source proche du dossier.
L'Ă©tablissement pourrait ĂȘtre amenĂ©, selon elle, Ă  financer des travaux de rĂ©habilitation des maisons de mĂ©nages, aider Ă  la restructuration de la dette pour d'autres et soutenir financiĂšrement des programmes de prĂ©vention de saisies immobiliĂšres.
Ce compromis prendrait la forme d'un "deferred prosecution agreement", c'est-à-dire que outre l'amende, la banque reconnaßt des éléments qui lui sont reprochés et s'engage à ne plus commettre d'infractions similaires. En échange, les autorités renonceraient à la poursuivre au pénal.
Deutsche Bank, impliquĂ©e dans prĂšs de 8.000 litiges judiciaires dans le monde, n'en aura pas pour autant terminĂ© avec les autoritĂ©s amĂ©ricaines puisque le rĂ©gulateur des services financiers de New York (DFS) enquĂȘte sur des soupçons de blanchiment d'argent supposĂ© au sein de sa filiale russe.

Par Jerome CARTILLIER - © 2016 AFP
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