Selon l'enquĂȘte de l'ONU

Syrie: assez de preuves pour condamner Assad, selon Del Ponte

  • PubliĂ© le 13 aoĂ»t 2017 Ă  15:25
L'ancienne procureure Carla del Ponte le 27 août 2014 à GenÚve

La Commission d'enquĂȘte de l'ONU sur la Syrie a suffisamment de preuves pour condamner le prĂ©sident Bachar al-Assad pour crimes de guerre, affirme dans une interview publiĂ©e dimanche l'un de ses membres Ă©minents, Carla Del Ponte, qui vient d'annoncer sa dĂ©mission.

 

"Les preuves sont suffisantes pour condamner le président syrien Bachar al-Assad de crimes de guerre, j'en suis convaincue", affirme l'ancienne procureure spécialiste des crimes de guerre dans un entretien aux médias suisses Le Matin Dimanche et SonntagsZeitung. "Mais en raison du veto de la Russie au Conseil de sécurité de l'ONU sur la création d'un tribunal international, il n'y aura ni accusation ni tribunal spécial pour l'instant", ajoute-t-elle.


Cette situation est "frustrante", "c'est une tragĂ©die", poursuit-elle : "sans justice en Syrie, il n'y aura jamais de paix et donc aucun avenir". Mme Del Ponte, de nationalitĂ© suisse, avait annoncĂ© la semaine derniĂšre son dĂ©part en affirmant ĂȘtre "frustrĂ©e" face Ă  une Commission qui "ne fait absolument rien". La Commission d'enquĂȘte indĂ©pendante de l'ONU a Ă©tĂ© créée en aoĂ»t 2011 par le Conseil des droits de l'homme, quelques mois aprĂšs le dĂ©but du conflit syrien.


Présidée par le Brésilien Paulo Pinheiro, cette Commission a déjà rendu de nombreux rapports mais n'a jamais été autorisée par Damas à se rendre en Syrie. "Je n'ai jamais vu un conflit aussi violent, dans lequel il y a autant d'enfants morts, torturés, décapités. Les enfants sont les premiÚres victimes de ce conflit", ajoute l'ancienne procureure ùgée de 70 ans, connue pour son franc-parler.


Elle prĂ©cise avoir envoyĂ© jeudi sa lettre de dĂ©mission, et ajoute qu'elle dĂ©missionnera officiellement le 18 septembre, date de la prochaine session de la commission. Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l'ONU Antonio Guterres a estimĂ© lundi que la Commission d'enquĂȘte - qui aprĂšs le dĂ©part de Mme Del Ponte ne comptera plus que deux membres - devait poursuivre ses travaux malgrĂ© la dĂ©mission de l'un de ses membres Ă©minents.

 

"Ma dĂ©mission est aussi une provocation. Elle doit servir Ă  mettre la pression sur le Conseil de sĂ©curitĂ©, qui doit rendre justice aux victimes", dit encore Mme Del Ponte. Carla Del Ponte travaillait pour cette Commission de l'ONU depuis septembre 2012. Elle a aussi luttĂ© contre les crimes de guerre commis au Rwanda et dans l'ex-Yougoslavie. Si toutefois un tribunal pour la Syrie devait voir une fois le jour, l'ancienne procureure dit ĂȘtre partante pour le diriger.

AFP

guest
0 Commentaires