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Syrie: la coalition internationale croit frapper l'EI, des dizaines de soldats syriens tués

  • PubliĂ© le 18 septembre 2016 Ă  01:48
Des soldats syriens marchent dans le souk détruit d'al-Farafira, dans la partie d'Alep détenue par le gouvernement, le 16 septembre 2016.

La coalition internationale antijihadistes menĂ©e par les États-Unis a admis samedi avoir bombardĂ© ce qu'elle pensait ĂȘtre une position du groupe État islamique (EI) en Syrie, un raid qui a tuĂ© au moins 60 soldats syriens selon diffĂ©rentes sources.


Ce bombardement meurtrier intervient au cinquiĂšme jour d'une fragile trĂȘve issue d'un accord entre les États-Unis et la Russie. Dans la foulĂ©e, Moscou a accusĂ© samedi soir l'"opposition modĂ©rĂ©e" syrienne, soutenue par les États-Unis, d'avoir "fait Ă©chouer" ce cessez-le-feu.
Cette trĂȘve avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© mise Ă  mal vendredi avec de violents combats et des civils tuĂ©s dans des bombardements alors que l'aide humanitaire qui devait ĂȘtre livrĂ©e Ă  des villes assiĂ©gĂ©es n'a pu ĂȘtre acheminĂ©e, Moscou et Washington se rejetant mutuellement la responsabilitĂ© des accrocs Ă  ce cessez-le-feu.
Le ton s'est encore aigri samedi aprÚs le bombardement qui a tué des dizaines de soldats syriens, alliés de Moscou, dans l'est de la Syrie.
"Des avions de la coalition américaine ont frappé l'une des positions de l'armée syrienne (...) prÚs de l'aéroport de Deir Ezzor" vers 17H00 locales (14H00 GMT), a affirmé l'armée syrienne.
Au moins 80 soldats syriens sont morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une organisation disposant d'un vaste réseau de sources dans le pays en guerre, Moscou évoquant 62 tués et une centaine de blessés.
Selon l'OSDH, une vingtaine de jihadistes de l'EI ont pĂ©ri et des dizaines d'autres ont Ă©tĂ© blessĂ©s par des frappes russes dans la mĂȘme zone.
Plus tard dans la soirĂ©e, la coalition a reconnu qu'elle avait bombardĂ© ce qu'elle pensait ĂȘtre une position de l'EI avant de mettre fin Ă  l'opĂ©ration dĂšs que Moscou l'a prĂ©venue qu'il s'agissait peut-ĂȘtre de militaires syriens.
- "Explications complÚtes et détaillées" -
"Les forces de la coalition pensaient qu'elles frappaient une position de combat de l'EI qu'elles suivaient depuis un certain temps avant le bombardement", a expliqué un communiqué du commandement des forces américaines au Moyen-Orient (Centcom).
"La coalition ne ciblerait jamais intentionnellement une unité militaire syrienne", a-t-il ajouté en précisant que la coalition allait se pencher "sur les circonstances de cette frappe".
Moscou a annoncé dans la soirée vouloir convoquer d'urgence une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, au cours de laquelle elle compte "exiger de Washington des explications complÚtes et détaillées" sur ces frappes.
Damas a exigĂ© de son cĂŽtĂ© que "le Conseil de sĂ©curitĂ© condmane l'agression amĂ©ricaine et force les États-Unis Ă  ne pas recommencer et Ă  respecter la souverainetĂ© de la Syrie", par la voix de son ministĂšre des Affaires Ă©trangĂšres.
La province de Deir Ezzor est tenue par l'EI qui contrÎle aussi la majorité de la capitale provinciale éponyme, à l'exception de l'aéroport militaire et de quartiers aux alentours aux mains du régime.
L'agence de propagande de l'EI Amaq a affirmĂ© que le groupe jihadiste avait pris le contrĂŽle de la colline oĂč a eu lieu la frappe aĂ©rienne.
Les zones contrÎlées par les jihadistes, aussi bien du groupe EI que du Front Fateh al-Cham (ex-branche syrienne d'Al-Qaïda), sont exclues du cessez-le-feu.
Mais dans certaines zones, les rebelles sont alliĂ©s au Front Fateh al-Cham et Moscou reproche aux États-Unis de ne pas faire assez pression pour que les insurgĂ©s se dĂ©solidarisent des jihadistes.
- Moscou accuse Washington -
La Russie a ensuite accusĂ© "l'opposition modĂ©rĂ©e" en Syrie d'avoir fait Ă©chouer la trĂȘve en Syrie.
Le ministĂšre russe de la DĂ©fense a Ă©galement informĂ© les États-Unis d'un "important groupement des militants armĂ©s dans le nord de la province de Hama (centre) et de leurs Ă©ventuelles tentatives de lancer une offensive".
Moscou "a demandĂ© Ă  ses collĂšgues amĂ©ricains de faire pression sur les dirigeants de l'opposition afin de les empĂȘcher d'agir de maniĂšre imprudente", souligne le ministĂšre.
La Russie avait jugĂ© plus tĂŽt que Washington serait "responsable" en cas d'Ă©chec de la trĂȘve.
De son cÎté, la Maison Blanche a fait état de la "profonde préoccupation" du président américain Barack Obama sur le fait que "le régime syrien continue de bloquer" l'acheminement de l'aide humanitaire.
Les 250.000 habitants des quartiers rebelles d'Alep n'ont ainsi toujours pas reçu l'aide promise alors qu'ils manquent de tout depuis qu'ils sont assiégés par les forces du régime syrien.
L'ONU comptait faire entrer vendredi dans ces quartiers des camions chargés de vivres et de médicaments mais faute de garanties de sécurité suffisantes, les véhicules restent bloqués dans une zone tampon entre Turquie et Syrie.

Par Franck IOVENE - © 2016 AFP
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