L'Alpe d'Huez au sprint ! Geraint Thomas, porteur du maillot jaune, a gagné jeudi la 12e étape du Tour, son deuxiÚme succÚs en deux jours, au milieu d'un public largement hostile.
Vainqueur la veille à La RosiÚre, le Gallois a disposé dans la derniÚre ligne droite du Néerlandais Tom Dumoulin et du Français Romain Bardet, les adversaires les plus consistants de l'équipe Sky en cette chaude journée.
Le quadruple vainqueur du Tour, le Britannique Chris Froome, a pris la quatriÚme place, à quelques secondes. Au classement général, Froome compte désormais 1 min 39 sec de retard sur son coéquipier, à la sortie des Alpes. Mais Thomas a répété une nouvelle fois que la hiérarchie demeurait inchangée au sein de la Sky.
"Je l'ai dit hier (mercredi), 'Froomey' reste le leader", a déclaré Thomas, qui s'est comporté d'ailleurs en lieutenant dans la montée de l'Alpe d'Huez aprÚs un gros travail du néophyte mais trÚs prometteur Egan Bernal (21 ans), pépite du cyclisme colombien.
Le raid de Kruijswijk
A l'inverse, le porte-drapeau du cyclisme andin, Nairo Quintana, a été distancé dans les sept derniers kilomÚtres et a lùché une cinquantaine de secondes. Quant à l'autre leader colombien, Rigoberto Uran (2e du Tour 2017), il n'est pas reparti de Bourg-Saint-Maurice.
Thomas, 32 ans, est le premier Britannique vainqueur à l'Alpe d'Huez. Il est aussi le premier maillot jaune à s'imposer depuis Lance Armstrong en 2004, avant que l'Américain soit déchu de ses titres pour dopage. Les démarrages successifs entre les prétendants au podium dans le final ont condamné la longue échappée du Néerlandais Steven Kruijswijk, parti de loin dÚs la Croix-de-Fer, la deuxiÚme des trois grandes ascensions du jour.
Kruijswijk (4e du Giro 2016) s'est intégré dans une échappée-fleuve formée sur les premiÚres pente de la Madeleine, le premier grand col. Il a distancé ses derniers compagnons à mi-pente de la Croix-de-Fer, à 68 kilomÚtres de l'arrivée. Au sommet, le Néerlandais a basculé avec plus de 6 minutes d'avance sur le groupe des favoris mené le plus souvent par l'équipe de Froome et de Thomas, relayés partiellement par les hommes de Bardet et de Quintana.
Huées et incident pour Froome
Au seuil des quatre derniers kilomĂštres, avant les premiĂšres barriĂšres, l'Italien Vincenzo Nibali a Ă©tĂ© jetĂ© Ă terre dans la confusion, apparemment provoquĂ©e par des motos et le public. Le Sicilien a pu toutefois remonter sur le vĂ©lo et a franchi la ligne avec une poignĂ©e de secondes de retard sur le groupe de tĂȘte.
"La route s'est rĂ©trĂ©cie devant moi", a tentĂ© d'expliquer Nibali, qui s'est plaint de douleurs au dos. Dans la montĂ©e, Froome a essuyĂ© une nouvelle fois des sifflets, comme souvent depuis le dĂ©part de VendĂ©e. Selon les images TV, un spectateur a mĂȘme essayĂ© de s'en prendre Ă lui, en le touchant au niveau de l'Ă©paule.
Des huées ont également accueilli Thomas lors de la cérémonie protocolaire sur le podium. Cette troisiÚme étape alpestre, longue de 175,5 kilomÚtres, a provoqué une hécatombe dans les rangs des sprinteurs. Le Néerlandais Dylan Groenewegen et le Colombien Fernando Gavraria, tous deux vainqueurs de deux étapes depuis le départ, ont abandonné, tout comme l'Allemand André Greipel.
D'autres abandons ont également été enregistrés, notamment celui du Français Tony Gallopin qui laisse l'équipe de Bardet réduite à cinq coureurs.
 - © 2018 AFP


