La saison 2019-2020 est terminée mais il faudra un protocole médical de treize semaines au moins et ponctué de cinq étapes avant que les joueurs Top 14 et Pro D2 ne retrouvent la compétition, selon le programme de reprise établi par la commission médicale de la LNR, que l'AFP a pu consulter.
C'est un long document, d'une soixantaine de pages, qui expose comment les 1807 joueurs des trente clubs professionnels (916 en Top 14, 891 en Pro D2) pourront reprendre le rugby, Ă l'arrĂȘt depuis dĂ©but mars. PrĂ©parĂ© par Bernard Dusfour, le prĂ©sident de la commission mĂ©dicale de la LNR, et Sylvain Blanchard, le mĂ©decin du Racing 92, ce plan se dĂ©coupe en cinq phases, du prĂ©-bilan mĂ©dical et athlĂ©tique Ă la reprise de la compĂ©tition.
La premiÚre étape se déroule à distance, par téléphone et par mail, et a pour objectif d'"effectuer un pré-tri (médical et athlétique) ainsi que d'ajuster la logistique à prévoir pour les phases suivantes". Cette phase, dite "phase 0", d'une durée d'une semaine, a déjà été lancée dans la plupart des clubs.
Ensuite arrive la phase 1, celle d'un bilan mĂ©dical, individuel, avec des tests virologiques, un examen clinique au repos ainsi que des tests d'effort court sur vĂ©lo. Cette phase, d'une durĂ©e d'une semaine au moins, "doit ĂȘtre impĂ©rativement rĂ©alisĂ©e avant que le rassemblement des joueurs et du staff ne soit de nouveau autorisĂ©".
Vient ensuite la période du "reconditionnement individuel" et de la "préparation individuelle". En clair, pendant au moins deux semaines, la reprise du travail uniquement "en petits groupes". Le document impose également "de réaliser un bilan cardiaque complémentaire avant d'autoriser les entraßnements à haute intensité" et préconise un suivi quotidien ainsi que le port d'un masque sportif.
- Trois mois -
Les groupes sont limitĂ©s Ă quatre joueurs, sous la surveillance d'un mĂ©decin, et Ă un travail individuel Ă une intensitĂ© maximale de 80% entre deux et trois heures par jour, sans "skills rugby" ni "matĂ©riel". En rĂ©sumĂ©: pas de ballon, de joug pour les mĂȘlĂ©es, ni de contacts.
La phase 3 est celle de la reprise progressive des entraßnements collectifs: "si deux entraßnements quotidiens sont prévus, il faut organiser la restauration avec toutes les mesures de sécurité requises". Mais pas question de forcer pour compenser ces huit semaines de confinement. Ce document a étudié les effets d'un désentraßnement prononcé qui augmente les risques de blessures à la reprise. Ainsi, aprÚs le lock out de la NFL en 2011, imposé par les propriétaires des trente-deux équipes de football américain pendant dix-huit semaines, le nombre de ruptures du tendon d'Achille avait grandi de maniÚre exponentielle, avec douze ruptures en un mois (dont dix sur les douze premiers jours de reprise).
"Un entraĂźnement trop intense diminue vos dĂ©fenses et pourrait augmenter le risque d'ĂȘtre contaminĂ©", prĂ©cisent les auteurs, qui interdisent aussi de "fumer une heure avant et deux heures aprĂšs l'activitĂ© physique". Les phases 3 et 4, celles de la reprise de la compĂ©tition, s'Ă©talent sur huit semaines minimum. "La semaine de match, le prĂ©lĂšvement devra ĂȘtre rĂ©alisĂ© Ă proximitĂ© immĂ©diate du match et les rĂ©sultats des deux Ă©quipes contrĂŽlĂ©s par un mĂ©decin indĂ©pendant", explique le document.
Au total, le protocole de reprise prĂ©conisĂ© par la commission mĂ©dicale de la Ligue dure donc un peu plus de trois mois. Suffisant pour ĂȘtre prĂȘt pour la premiĂšre journĂ©e de la saison 2020-2021, programmĂ©e le week-end du 5 septembre?
AFP

