Veni, vidi, vici.
Les vieux gĂ©nĂ©raux de Toulon Matt Giteau, Drew Mitchell ou Juanne Smith peuvent partir couverts de gloire sur un nouveau titre de champion de France, dimanche prochain, aprĂšs s'ĂȘtre qualifiĂ©s pour la finale Ă l'expĂ©rience. "L'Ă©tat d'esprit de l'Ă©quipe est Ă©norme", lance admiratif l'entraĂźneur Richard Cockerill aprĂšs la demi-finale arrachĂ©e Ă La Rochelle (18-15) d'un drop d'Anthony Belleau aprĂšs la sirĂšne, oĂč le mental de ses joueurs a tout renversĂ©.
Son pilier Florian Fresia parle lui des "mecs qui ont jouĂ© des centaines de finales, des Coupes du monde et tout ça... Ca joue en notre faveur." L'expĂ©rience des anciens, le patron du groupe en tĂȘte, le dĂ©sormais entraĂźneur-joueur Matt Giteau, a permis qu'il n'y ait "pas de pression de toute la semaine" ajoute-t-il.
Et celle d'avant, conclue également au mental par un renversement de situation, en infériorité numérique en barrages contre Castres (26-22), "c'était pareil" poursuit Fresia. "Les mecs étaient concentrés, ils savent ce qu'ils ont à faire, il n'y a pas de chichi". "Ce n'est pas moi, ce sont les joueurs", assure le coach anglais. Il souligne la performance de son groupe, mené 15 à 6 à une demi-heure de la fin et ce carton rouge adressé au Rochelais Pierre Aguillon, en rappelant: "On a beaucoup de blessés, mais c'est Toulon, c'est fort."
- Les 'usurpateurs' -
Avec ces grognards-là , "Cockers" a gagné ses six matches depuis qu'il a pris la direction de l'équipe aprÚs la mise à l'écart de Mike Ford début avril. L'Anglais, parfait chef de meute, ne restera pas, laissant la place à Fabien Galthié, mais il peut boucler sa mission sur un Bouclier de Brennus. "Au prochain match, t'es viré", lui a soufflé en pleine interview en zone mixte son président, Mourad Boudjellal, plus taquin que jamais dans l'euphorie d'une victoire qui met en valeur le sens de la compétition de ses joueurs.
"On se sent un peu comme des usurpateurs, ajoute le patron du RCT, parce qu'on est 4e (de la saison rĂ©guliĂšre), on n'a pas fait une belle saison". Mais son effectif a traversĂ© toutes les tempĂȘtes, notamment celles qu'il a dĂ©clenchĂ©es lui-mĂȘme en jouant au chamboule-tout avec son staff. MĂȘme hommage au collectif chez Guilhem Guirado. "On a Ă©tĂ© beaucoup dĂ©criĂ©s cette saison, mais je tiens Ă fĂ©liciter l'Ă©tat d'esprit du groupe", abonde-t-il, rappelant que l'Ă©quipe au muguet va disputer sa cinquiĂšme finale de Top 14 en six ans, pour une seule victoire (en 2014).
Sur la mĂȘme pĂ©riode, elle a aussi gagnĂ© trois finales de Coupe d'Europe sur trois (2013 Ă 2015).
Des cadres comme Bakkies Botha, Carl Hayman ou Jonny Wilkinson sont partis, d'autres vont faire leurs adieux, mais "l'état d'esprit et la force collective" sont toujours là , insiste le talonneur.
Ils "nous ont permis de nous accrocher" contre le Stade Rochelais. "Sur ces grands matches on voit les joueurs sortir", dit encore le capitaine du XV de France.
- 'GrĂące aux anciens' -
Cockerill a peut-ĂȘtre perdu un nouveau cadre, Romain Taofifenua, sorti blessĂ©, mais espĂšre rĂ©cupĂ©rer d'autres gĂ©nĂ©raux, peut-ĂȘtre mĂȘme Ma'a Nonu, absent Ă Marseille pour raisons familiales. L'infirmerie pourrait elle se dĂ©semplir de Bryan Habana ou François Trinh-Duc.
Et si l'ouvreur n'est pas là , Toulon peut compter sur Belleau, que Boudjellal a baptisé "Jonny Belleau" pour son drop à la Wilkinson. D'ailleurs le numéro 10 de 21 ans souligne aussi le rÎle des grognards.
Lui héros de la soirée pour sa troisiÚme titularisation chez les pros? "C'est surtout grùce aux anciens, les grands joueurs ont vécu des grands matches les saisons précédentes", répond-t-il.
Reste une derniÚre chose: quand on joue avec de vieux soldats, il faut soigner la "récup".
"AprÚs avoir joué à une semaine d'intervalle des matches assez copieux au niveau de l'engagement et des contacts, le corps a besoin de récupérer", met en garde Guirado. Pour offrir un tour d'honneur aux grognards au Stade de France.
AFP
