À 1,99 euro le litre

TotalEnergies maintiendra en 2024 un plafonnement du prix de ses carburants

  • PubliĂ© le 18 octobre 2023 Ă  18:03
  • ActualisĂ© le 18 octobre 2023 Ă  18:35
Le groupe TotalEnergies est critiqué pour un mégaprojet en Ouganda et en Tanzanie

TotalEnergies maintiendra bien le plafonnement du prix de ses carburants Ă  1,99 euro le litre pour toute l'annĂ©e 2024, une mesure que le groupe avait un temps menacĂ© d'arrĂȘter en cas de prolongation d'une taxe sur les raffineries.

Le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire a indiquĂ© mercredi sur RTL s'ĂȘtre entretenu avec le PDG du gĂ©ant des hydrocarbures Patrick PouyannĂ©, qui "a pris l'engagement de maintenir ce plafonnement Ă  1,99 sur tous les carburants, pour toute l'annĂ©e 2024", et "dans toutes les stations".

"Je salue cet engagement parce que c'est une vraie protection", a dit le ministre, ajoutant qu'"une nation avance quand tout le monde collectivement fait des efforts".

ContactĂ©, le groupe TotalEnergies n'a pas souhaitĂ© commenter ces dĂ©clarations, renvoyant Ă  ses prĂ©cĂ©dentes annonces du 12 septembre: il s’était alors engagĂ© Ă  Ă©tendre le plafonnement "au-delĂ  de la fin 2023, tant que les prix resteront Ă©levĂ©s".

"Pourquoi avons-nous décidé cela? Nous l'avons décidé parce que franchement, à un moment donné, il faut aussi réconcilier notre entreprise avec l'opinion publique", a déclaré mardi à ce sujet Patrick Pouyanné, qui s'exprimait à Londres, à l'Energy Intelligence Forum.

Ces derniers jours, le dirigeant avait agitĂ© la menace d'arrĂȘter la mesure si des taxes sur les raffineries Ă©taient reconduites.

"Le gouvernement demande à prolonger. Mais s'il veut aussi mettre des taxes sur le raffinage, je ne sais pas si on le prolongera", avait déclaré Patrick Pouyanné le 6 octobre, dans des propos rapportés par le site ActuLyon.

Cette mesure de taxation des marges des raffineurs - dont TotalEnergies - avait été envisagée par des parlementaires dans le projet de budget 2024 actuellement en discussion à l'Assemblée nationale. Mais elle ne devrait finalement pas y figurer.

"Nous avons eu un débat la semaine derniÚre sur la taxation des raffineries. J'ai dit au gouvernement: +écoutez, si vous taxez les raffineries, pourquoi devrais-je soutenir directement le public à travers mon plafond des carburants? Que préférez-vous ? Au final, ils ont choisi qu'il fallait continuer avec le plafonnement (...) plutÎt que de taxer les raffineries. Parce que nous agissons directement pour leurs citoyens. C'est plus important, je pense", a déclaré le PDG de groupe pétrolier à Londres.

- Marché du pétrole tendu -

Pour l'instant, les prix à la pompe continuent leur décrue pour la 4e semaine consécutive, malgré un marché du pétrole fébrile depuis le début de la guerre déclenchée le 7 octobre par l'assaut du Hamas sur le sud d'Israël.

Aujourd'hui les prix moyens relevĂ©s en France sont mĂȘme en deçà du plafond de TotalEnergies. Le groupe prĂ©cise lui que dans ses 3.400 stations en France, "environ 2.000 sont plafonnĂ©es", c'est-Ă -dire qu'elles comptent un ou plusieurs carburants plafonnĂ©s "majoritairement sur les gammes Excellium (SP98, Diesel Excellium), des produits plus chers que le Super sans plomb 95 ou le diesel classique.

La semaine derniĂšre, l'essence SP95-E10 dans les stations-service toutes marques confondues Ă©tait vendue en moyenne 1,81 euro le litre (en baisse de 4,7 centimes par rapport Ă  la semaine prĂ©cĂ©dente) et le gazole coĂ»tait 1,85 euro le litre (-4,4 cts), selon les chiffres hebdomadaires du ministĂšre de la Transition Ă©nergĂ©tique, arrĂȘtĂ©s vendredi et publiĂ©s lundi. Mais la suite est incertaine.

Bruno Le Maire a estimé que les prix à venir du pétrole et donc du carburant dépendraient "de ce qui se passe au Proche-Orient: si la crise reste locale, les conséquences seront locales. Aujourd'hui elles sont limitées. Si demain il y a l'extension du conflit dans la région, les conséquences seront beaucoup plus lourdes sur les prix de l'énergie", a prévenu le ministre.

Sur le plan international, les cours du pétrole ont été soutenus ces derniers jours par les inquiétudes que la guerre entre Israël et le Hamas ne se propage jusqu'aux pays voisins.

Les marchés "resteront sur le qui-vive au fur et à mesure de l'évolution de la crise", a mis en garde jeudi dernier l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

AFP

guest
0 Commentaires