De nouvelles entreprises pourraient l'intégrer

Toujours attractive, la Bourse de Londres espĂšre capitaliser sur le Brexit

  • PubliĂ© le 24 janvier 2021 Ă  12:24
  • ActualisĂ© le 24 janvier 2021 Ă  12:48
Devant la Bourse de Londres, le 29 décembre 2020

Loin d'ĂȘtre entravĂ©s par la pandĂ©mie, les projets d'introduction en Bourse sont lĂ©gion sur le marchĂ© londonien qui reste attractif malgrĂ© le Brexit, et entend profiter de rĂšgles plus souples afin d'attirer toujours davantage d'entreprises technologiques. Les chaussures Dr Martens ou le vendeur de cartes de voeux en ligne Moonpig figurent parmi les candidats en vue pour une entrĂ©e Ă  la Bourse de Londres. La plateforme de livraisons de repas Deliveroo ou la fintech Transferwise, spĂ©cialisĂ©e dans le transfert d'argent, devraient leur emboĂźter le pas. Tous veulent surfer sur l'essor du commerce en ligne, plĂ©biscitĂ© depuis le dĂ©but de la crise sanitaire, et certains pourraient ĂȘtre valorisĂ©s Ă  plusieurs milliards de livres.

"Nous pouvons nous attendre à ce que 2021 soit une trÚs bonne année pour le marché des introductions au Royaume-Uni", anticipe Scott McCubbin du cabinet de conseil EY. "La confiance revient avec l'accord de Brexit qui éclaircit la relation avec l'Europe et le déploiement des vaccins contre le Covid-19", selon lui. Outre les entreprises déjà citées, la presse britannique se fait l'écho de nombreux autres projets comme Canopius, société d'assurances du Lloyd's of London, Pod Point, spécialiste des points de charge pour véhicules électriques et dont EDF est actionnaire, ou encore le distributeur en ligne Very.

"Ces derniĂšres annĂ©es, il y a eu davantage de financement pour les jeunes entreprises" et donc "plus de sociĂ©tĂ©s prĂȘtes pour entrer en Bourse", explique Ă  l'AFP Marcus Stuttard, responsable du marchĂ© primaire au Royaume-Uni au London Stock Exchange. Dans le mĂȘme temps, les investisseurs ont beaucoup d'argent Ă  placer, notamment grĂące au soutien Ă©conomique des banques centrales.

- Rivaliser avec New York et Hong Kong -

La place londonienne voudrait désormais profiter du Brexit pour défendre son rayonnement mondial. En 2020, elle s'est située juste derriÚre la Chine et les Etats-Unis en termes de fonds levés en Bourse, selon EY. Et la capitale britannique a capté plus de 40% des montants en Europe. Elle abrite en outre de nombreuses "licornes", jeunes entreprises valorisées plus d'un milliard de dollars qui ne sont pas encore cotées. Le secteur technologique est trÚs représenté dans les projets d'entrée sur le marché, porté par le contexte sanitaire et le télétravail, qui nécessitent toujours plus de services en ligne.

L'une des opérations les plus importantes à Londres en 2020 a été signée par le distributeur en ligne The Hut Group, spécialiste des cosmétiques et produits nutritifs, dont le cours a bondi, ce qui a pu inspirer d'autres entreprises. Londres entend surtout mettre à profit le Brexit pour fixer ses propres rÚgles. Le ministre des Finances Rishi Sunak a confié une mission à l'ancien commissaire européen Jonathan Hill, qui doit rendre ses conclusions début 2021, pour assouplir certaines rÚgles boursiÚres afin d'attirer davantage d'entreprises.

Par exemple, une entreprise doit placer au moins 25% de son capital lors d'une entrĂ©e en Bourse. Mais ce seuil pourrait ĂȘtre abaissĂ© pour permettre Ă  de jeunes sociĂ©tĂ©s d'entrer en douceur et Ă  ses fondateurs de garder plus de contrĂŽle. La City de Londres, dans une Ă©tude publiĂ©e vendredi, estime avoir des progrĂšs Ă  faire pour convaincre des entreprises Ă©trangĂšres de se coter sur son marchĂ©, regrettant le retard pris sur les Etats-Unis et Hong Kong. Pour Londres, l'objectif serait Ă©galement de rĂ©pondre Ă  la concurrence des voisins europĂ©ens, alors mĂȘme que la sociĂ©tĂ© polonaise de e-commerce Inpost vient de choisir Amsterdam pour son entrĂ©e en Bourse, Ă©voquant l'accĂšs au vaste marchĂ© europĂ©en sans casse-tĂȘte rĂ©glementaire.

D'autant que Bruxelles voit d'un mauvais ?il les réformes des rÚgles des marchés londoniens et craint un "dumping" des normes de la part des autorités britanniques pour mieux rivaliser avec les places européennes. La Commission freine des quatre fers avant d'accorder des équivalences qui donnent accÚs au marché européen pour les sociétés britanniques.

"Amsterdam, Lisbonne et Dublin deviennent compĂ©titifs et la France cherche Ă  faciliter l'entrĂ©e sur le territoire (comme les visas) pour attirer de nouveaux talents", souligne Charlotte Crosswell, directrice gĂ©nĂ©rale de l'association de "fintechs" Innovate Finance, dans une lettre adressĂ©e en dĂ©but d'annĂ©e Ă  Jonathan Hill. "Dans le contexte du Brexit, nous devons reconnaĂźtre que l'intĂ©rĂȘt grandit pour des cotations sur les marchĂ©s de l'UE", prĂ©vient-elle.

AFP

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