Romain Bardet joue samedi sa place sur le podium du Tour de France, à cÎté de Chris Froome et de Rigoberto Uran, dans le contre-la-montre de Marseille, au lendemain de la 19e étape gagnée par le Norvégien Edvald Boasson Hagen à Salon-de-Provence.
Sur quelle marche montera le champion français ? DeuxiĂšme l'an passĂ© Ă Paris, l'Auvergnat occupe la mĂȘme position avant les 22,5 kilomĂštres du second contre-la-montre du Tour. A 23 secondes de Froome, le Britannique lancĂ© vers un quatriĂšme succĂšs, mais avec 6 secondes d'avance sur Uran, l'indĂ©chiffrable Colombien.
"Il n'y a pas à réfléchir. Il faut aller à fond, ne pas se poser de question", annonce Bardet qui attend "un combat loyal, d'homme à homme".
"La course est loin d'ĂȘtre finie", concĂšde Froome, prudent. "Je vais traiter ce contre-la-montre comme tous ceux que j'ai couru par le passĂ©. Je ne vais pas y aller pour prendre des risques inconsidĂ©rĂ©s".
Le favori prĂ©voit de faire comme Ă DĂŒsseldorf, lors du contre-la-montre d'ouverture du Tour le 1er juillet. En Allemagne, Froome avait prĂ©cĂ©dĂ© Bardet de 39 secondes et Uran de 51 secondes. Mais la distance Ă©tait sensiblement plus courte (14 km contre 22,5 km Ă Marseille), la route glissante en raison de la pluie et la combinaison portĂ©e par le Britannique, avec des Ă©lĂ©ments aĂ©rodynamiques contestĂ©s par d'autres Ă©quipes, lui offrait sans doute un avantage supplĂ©mentaire.
- Les chiffres pour Froome -
A Marseille, Froome aura l'obligation de porter la combinaison réservée au maillot jaune par les organisateurs. Il aura aussi et surtout à franchir la cÎte de la Bonne MÚre, la route qui mÚne à Notre-Dame de la Garde sur un raidillon de 1200 mÚtres et à négocier la descente pour retrouver les avenues plates menant au stade Vélodrome.
Ce parcours, plus sĂ©lectif qu'Ă DĂŒsseldorf, laisse un (trĂšs) mince espoir Ă Bardet, dont l'Ă©quipe AG2R La Mondiale veut croire en la possibilitĂ© d'un exploit. "Romain rĂ©cupĂšre trĂšs bien, il est toujours meilleur en fin de Tour", assure le manager Vincent Lavenu.
Les chiffres parlent en faveur de Froome, deux fois sur le podium des JO dans le contre-la-montre (bronze à Londres et à Rio). Et surtout vainqueur à deux reprises d'un "chrono" du Tour, à Chorges en 2013 et à MegÚve l'an passé.
La logique porterait mĂȘme Ă placer Bardet derriĂšre Uran, sĂ©parĂ© du Français par un Ă©cart de 6 secondes seulement. Dans sa carriĂšre, l'inconstant Colombien a d'ailleurs dĂ©jĂ gagnĂ© un contre-la-montre dans un grand tour (Giro 2014), sur un parcours accidentĂ©.
"C'est 'Rigo' qui est la plus grande menace dans le chrono", confirme Froome. "Des coureurs du classement général, il est le plus fort... aprÚs moi".
Autant dire que, sauf catastrophe pour le Britannique, le retard de 29 secondes à combler pour Uran risque de s'avérer insurmontable pour que le Colombien soit le premier coureur de son pays à gagner le Tour. Mais une deuxiÚme place le rapprocherait de son cadet Nairo Quintana, déjà deux fois deuxiÚme du Tour derriÚre Froome (2013 et 2015).
"C'est le contre-la-montre le plus important que j'ai jamais disputé alors que j'arrive au dernier jour si prÚs de la victoire", affirme Uran. "Il faut toujours espérer jusqu'à la fin, aller toujours au bout."
- Boasson Hagen revient -
A Salon-de-Provence, la ville de Nostradamus, qui multiplia les prophéties au XVIe siÚcle, le Tour s'est donc surtout projeté vers le second "chrono" de cette édition, dans tous les esprits.
Dans l'Ă©tape menant des Alpes Ă la plaine provençale, la plus longue de l'Ă©preuve (222,5 km), les coureurs du classement gĂ©nĂ©ral n'ont eu qu'Ă tourner les jambes. L'Ă©chappĂ©e de 20 coureurs formĂ©e aprĂšs 35 kilomĂštres a ouvert la route Ă travers la Haute-Provence, sans ĂȘtre poursuivie par le peloton qui a ralliĂ© l'arrivĂ©e avec plus de douze minutes de retard sur Boasson Hagen.
Le Norvégien a été récompensé de sa prise de risque et de sa lucidité. En prenant une meilleure trajectoire dans un rond-point à 3 kilomÚtres de l'arrivée, il a surpris ses compagnons d'échappée et a précédé de 5 secondes l'Allemand Niklas Arndt et de 17 secondes le petit groupe de poursuivants.
Boasson Hagen (30 ans) a enlevé son premier succÚs dans le Tour 2017. A Nuits-Saint-Georges, il s'était incliné pour moins de 6 millimÚtres face à l'Allemand Marcel Kittel dans la 7e étape.
Celui qui était comparé à ses débuts au grand Eddy Merckx n'avait plus gagné dans le Tour depuis ses deux succÚs d'étape de l'édition 2011. Le Norvégien, de naturel taiseux, portait alors le maillot de l'équipe Sky.
AFP


