Cyclisme

Tour de France: Groenewegen sprinte avant l'Enfer

  • PubliĂ© le 14 juillet 2018 Ă  19:32
  • ActualisĂ© le 14 juillet 2018 Ă  19:46
Le Néerlandais Dylan Groenewegen remporte au sprint la 8e étape du Tour de France, le 14 juillet 2018 à Amiens

Un dernier sprint avant l'Enfer: Dylan Groenewegen a décroché samedi son deuxiÚme succÚs en deux jours, dans la 8e étape du Tour de France, à la veille de la journée-clé sur les pavés.

De Chris Froome, le vainqueur sortant, Ă  Romain Bardet, la meilleure chance française, les candidats au podium et Ă  la victoire fixent le rendez-vous. C'est Ă  Roubaix, quelques minutes avant le coup d'envoi de la finale de la Coupe du monde, qu'un premier point pourra ĂȘtre fait sur les chances respectives.

D'une phrase, Bardet condense le problĂšme: "Je n'ai pas peur des pavĂ©s mais on les apprĂ©hende forcĂ©ment parce qu'on peut tout perdre sur cette Ă©tape." "Il suffit d'un Ă©cart devant soi, d'une chute. On peut ĂȘtre bloquĂ© et ça peut se compliquer trĂšs rapidement", souligne le Français qui n'a jamais pris part Ă  Paris-Roubaix. Comme bon nombre des candidats au maillot jaune, hormis l'exception du Gallois Geraint Thomas (7e en 2014). Quant Ă  Froome, il n'a participĂ© Ă  la "reine des classiques" qu'une seule fois, en dĂ©but de carriĂšre (abandon en 2008).

- "Une grande lessiveuse" -

Mais Bardet est loin de se prĂ©senter en victime au moment d'aborder les 21,7 kilomĂštres de pavĂ©s: "Je compte beaucoup sur cette Ă©tape pour faire des Ă©carts. J'ai hĂąte d'y ĂȘtre mĂȘme si je sais que ça va ĂȘtre un peu une grande lessiveuse." L'approche du premier secteur Ă  la sortie de Cambrai, aprĂšs une heure de course, annonce une tension extrĂȘme. Pour entrer en bonne position et limiter les risques d'incident ou de chute, la hantise des coureurs du classement gĂ©nĂ©ral.

Les Ă©carts seront-ils importants ? En 2014, l'Italien Vincenzo Nibali (futur vainqueur du Tour) avait pris un net avantage. Mais le "Requin de Messine" avait rĂ©alisĂ© un numĂ©ro de virtuose sur des pavĂ©s glissants, par un temps de chien. L'annĂ©e suivante, le Tour avait rencontrĂ© des conditions bien plus clĂ©mentes. Et les favoris n'avaient pu se dĂ©partager, Ă  ceci prĂšs que Froome s'Ă©tait montrĂ© Ă  la hauteur, et mĂȘme plus, dans l'exercice.

Cette fois, le temps est sec, gage de risque moindre. Mais la dose des pavés -la plus importante dans le Tour depuis le début des années 1980- et leur difficulté promettent une course haletante et rapide. Froome se dit confiant. "On attend l'étape des pavés", souriait d'ailleurs le Britannique, samedi matin, au départ de Dreux. "Aujourd'hui, c'est pour les sprinteurs".

- Greipel et Gaviria déclassés -

Le pronostic s'est Ă©videmment vĂ©rifiĂ© Ă  Amiens, oĂč Groenewegen a confirmĂ© sa valeur en dominant nettement ses rivaux. A 25 ans, le NĂ©erlandais est en passe de devenir une "pointure" du sprint. Son dĂ©boulĂ© sur les Champs-ElysĂ©es, l'an passĂ©, Ă  la fin du Tour 2017 l'annonçait.

Dans le sprint, lancé de loin par Peter Sagan, l'Allemand André Greipel et le Colombien Fernando Gaviria se sont frotté de prÚs. Le premier a légÚrement obliqué sa trajectoire et a fermé le passage à son rival, qui a répliqué par deux coups de casque.

Le jury a déclassé les deux coureurs pour sprint irrégulier. Conséquence: Sagan a hérité de la deuxiÚme place de l'étape... pour la troisiÚme fois en huit jours. Le champion du monde compte aussi deux victoires d'étape et peut arrondir son total dimanche, si l'on se souvient qu'il est le dernier vainqueur de Paris-Roubaix.

Une chute massive, Ă  17 kilomĂštres de l'arrivĂ©e, a coĂ»tĂ© cher Ă  Dan Martin, le vainqueur de la 6e Ă©tape Ă  MĂ»r-de-Bretagne. L'Irlandais, sixiĂšme du Tour l'an passĂ©, a perdu plus d'une minute et rĂ©coltĂ© surtout des blessures Ă  mĂȘme de l'amoindrir sensiblement dans les prochains jours.

AFP

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