Dernier sprint avant la montagne: l'Australien Caleb Ewan s'est adjugé devant Arnaud Démare la 11e étape du Giro, mercredi, à Novi Ligure (nord-ouest), la ville du "campionissimo" Fausto Coppi.
L'explication pour les sprinteurs, l'avant-derniÚre de cette 102e édition puisque un seul autre sprint est attendu (18e étape), a réuni les quatre meilleurs spécialistes. Avec avantage au plus petit (1,65 m) du quatuor. Ewan s'est imposé dans un sprint en léger faux-plat et surtout vent de face. Le jeune Australien (24 ans) a gagné pour la deuxiÚme fois depuis le départ, quatre jours aprÚs son succÚs dans le sprint tortueux de Pesaro.
Ses rivaux n'ont pu l'inquiéter. Démare (2e), le plus rapide la veille à ModÚne, s'est consolé avec la prise du maillot cyclamen du classement par points au détriment de l'Allemand Pascal Ackermann, troisiÚme cette fois. Le champion d'Allemagne s'est montré présomptueux en partant de loin, face au vent. Mais il a franchi la ligne devant l'Italien Elia Viviani, le grand perdant de cette séquence de sprints.
Le champion olympique de l'omnium est restĂ© Ă zĂ©ro victoire, dans la mesure oĂč il a Ă©tĂ© dĂ©classĂ© de la premiĂšre place Ă Orbetello (3e Ă©tape). Tout le contraire de sa rĂ©ussite de 2018 quand il avait enlevĂ© quatre sprints. "Je suis déçu", a reconnu Viviani, la ligne franchie. "Quelque chose ne fonctionne pas. Si j'avais compris ce qui ne va pas, j'aurais gagnĂ© aujourd'hui. Il me manque peut-ĂȘtre de l'explosivitĂ© mais je ne pense pas ĂȘtre en manque de condition".
- Viviani jette l'éponge -
"J'ai besoin de retrouver la sérénité", a estimé le champion d'Italie qui a annoncé son départ de la course rose. L'abandon d'Ewan, qui entend mettre tous les atouts de son cÎté afin de réussir ses débuts dans le Tour de France, est lui aussi attendu à court terme. Pour les coureurs du classement général, le Giro entame à partir de jeudi un nouveau chapitre. Au programme, la 12e étape entre Cuneo et Pinerolo, deux villes entrées dans l'histoire du Giro en 1949 quand Coppi avait réalisé un raid mémorable de... 192 kilomÚtres.
Le champion italien avait grimpĂ© en tĂȘte les cols de la Maddalena, le versant italien du col de Larche, de Vars, d'Izoard, de MontgenĂšvre et de SestriĂšre. Pour rejoindre l'arrivĂ©e avec prĂšs de douze minutes d'avance sur son grand rival Gino Bartali et s'emparer du maillot rose. S'il est tout Ă fait diffĂ©rent cette fois, dans une version grandement Ă©dulcorĂ©e, le parcours 2019 emprunte la premiĂšre montĂ©e classĂ©e en premiĂšre catĂ©gorie de cette Ă©dition. L'ascension de Montoso, prĂšs de Cavour, est trĂšs pentue (8,8 km Ă 9,5 %) mais le sommet est situĂ© Ă 32 kilomĂštres de l'arrivĂ©e, laquelle est prĂ©cĂ©dĂ©e par un dernier petit "mur" Ă 2 kilomĂštres de la ligne.
"La montée principale est difficile mais je veux garder le maillot rose", prévient l'Italien Valerio Conti, qui possÚde une avance de 1 min 50 sec sur le SlovÚne Primoz Roglic, le premier des favoris.
AFP
