Transport sanitaire, VTC : des milliers de taxis manifestent en France

  • PubliĂ© le 19 mai 2025 Ă  20:39
  • ActualisĂ© le 19 mai 2025 Ă  21:46
Transport sanitaire, VTC : des milliers de taxis manifestent en France

Plusieurs milliers de taxis ont manifesté lundi à travers la France, à Pau, Amiens, Paris ou Bastia pour protester contre les nouvelles conditions tarifaires du transport sanitaire et la concurrence des VTC.

Plusieurs milliers de taxis ont manifesté lundi à travers la France, à Pau, Amiens, Paris ou Bastia pour protester contre les nouvelles conditions tarifaires du transport sanitaire et la concurrence des VTC.

A Paris, des grosses berlines, SUV et autres taxis "en colÚre" ont bloqué à grand renfort de klaxons et fumigÚnes le boulevard Raspail et des rues adjacentes, dans le quartier trÚs central du ministÚre des Transports.

Des représentants des taxis ont été reçus par les cabinets de leurs différents ministÚres de tutelle, a indiqué le ministÚre des Transports à l'AFP, sans avancées selon la Fédération nationale du taxi (FNDT).

- ÉchauffourĂ©es -

AprÚs quelques pneus brûlés, de brÚves échauffourées ont eu lieu en fin d'aprÚs-midi sur le boulevard Raspail avec les CRS, suivies de tirs de gaz lacrymogÚnes. Les taxis prévoient de revenir tous les jours cette semaine.

Un projet de l'Assurance maladie, approuvĂ© vendredi par le gouvernement dans un arrĂȘtĂ©, entend instaurer Ă  partir du 1er octobre un modĂšle unique sur le territoire pour le transport des malades par les chauffeurs de taxis conventionnĂ©s, pour remplacer l'actuelle "usine Ă  gaz", avait expliquĂ© jeudi Marguerite Cazeneuve, la numĂ©ro 2 de la Cnam.

L'objectif est de contrÎler la croissance des dépenses de transport sanitaire, qui ont atteint 6,74 milliards d'euros en 2024, dont 3,07 milliards pour les taxis conventionnés (avec un bond de 45% depuis 2019).

Les taxis seront rémunérés sur la base d'un forfait de prise en charge de 13 euros et d'une tarification kilométrique.

A Bastia (Haute-Corse), la sortie du port de commerce a été bloquée, selon la police. A Amiens, les taxis ont causé des ralentissements au nord de la ville, selon la préfecture de la Somme.

A Montpellier, deux convois ont mené des opérations escargot, vers l'aéroport, la gare TGV ou la caisse d'Assurance Maladie.

"Nous ne partirons pas tant que nous n'aurons pas obtenu le retrait de cette convention", a lancé à Paris Emmanuelle Cordier, présidente de la FNDT, revendiquant 3.000 manifestants à Paris lundi.

"Ça fait des semaines qu'on prĂ©vient Matignon (...). On demande Ă  ĂȘtre reçus par les ministres de tutelle (Transports, IntĂ©rieur, SantĂ©...) et pas par leurs porte-gobelets", a-t-elle soulignĂ©.

Aujourd'hui environ 85% des taxis font du transport conventionné de malades, selon la FNDT.

"La convention qui nous a été imposée par la Cnam nous ferait perdre 25 à 30% de notre chiffre d'affaires (...) On va faire de nous des travailleurs pauvres", a lancé Yves Rubicondo, 64 ans, taxi à Pithiviers (Loiret) avec trois salariés, qui dit réaliser 95% de son chiffre d'affaires avec le transport de malades.

"La nouvelle tarification sera favorable aux taxis conventionnés dans deux tiers des départements, notamment ruraux", a assuré Marguerite Cazeneuve.

Dans le tiers restant, la Cnam veut notamment éviter que les taxis fassent du transport à vide, coûteux, via une coordination avec les hÎpitaux pour grouper des patients sur des trajets proches.

- "Zones blanches" -

A Pau, de brĂšves Ă©chauffourĂ©es ont aussi opposĂ© les chauffeurs aux forces de l’ordre quand les manifestants ont pĂ©nĂ©trĂ© dans la gare SNCF et jetĂ© des barriĂšres sur les voies.

Les taxis ont ensuite gagnĂ©, Ă  pied, l’hĂŽtel de ville de Pau pour interpeller symboliquement le Premier ministre François Bayrou, Ă©galement maire de la ville, sans savoir si l’élu Ă©tait prĂ©sent dans le bĂątiment.

"Les taxis ne se sentent pas Ă©coutĂ©s, c'est une cause dĂ©sespĂ©rĂ©e", a dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP RĂ©mi, taxi Ă  Bordeaux ĂągĂ© de 39 ans, disant n’avoir "plus rien Ă  perdre".

Le secteur se dit prĂȘt Ă  discuter, notamment du transport partagĂ© et de "l'optimisation des coĂ»ts". Mais il demande le gel du projet actuel, selon lui dĂ©fini unilatĂ©ralement, ne prenant pas en compte par exemple les variations des temps de trajet.

De nombreux taxis manifestent aussi contre la concurrence des véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC), coordonnés par des plateformes comme Uber.

"On est envahi par les VTC", a dénoncé à Montpellier Riad Kebairi, l'un des responsables de la compagnie Taxis bleu du Midi, en regrettant un "manque flagrant de contrÎle à Montpellier pour mettre fin à cette concurrence déloyale".

AFP

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