Huit personnes décédées

Tristesse et consternation en Serbie au lendemain de la tuerie dans une école

  • PubliĂ© le 4 mai 2023 Ă  16:48
  • ActualisĂ© le 4 mai 2023 Ă  17:46
Une femme se recueille devant les fleurs déposées à la mémoire des victimes d'une fusillade à l'école Vladislav Ribnikar, le 4 mai 2023 à Belgrade, en Serbie

La Serbie s'est réveillée jeudi dans la tristesse, au lendemain d'une fusillade sans précédent dans une école de Belgrade lors de laquelle un élÚve de treize ans a tué huit camarades et un gardien.

Les cours dans toutes les écoles de ce pays des Balkans d'environ 7 millions d'habitants ont commencé par une minute de silence pour rendre hommage aux victimes de la tuerie.

Le président serbe Aleksandar Vucic, qui s'est adressé mercredi soir à la nation, a déploré "l'un des jours les plus difficiles dans l'histoire contemporaine" de la Serbie.

Trois jours de deuil national ont été décrétés à partir de vendredi. Les célébrations et les événements prévus seront en grande partie annulés. Le patriarche de l'Eglise orthodoxe serbe, Porfirije, a appelé les fidÚles à assister en fin de journée à une priÚre pour les victimes qui aura lieu dans toutes les églises de la capitale.

"J'ai pleuré toute la journée hier. Mon fils allait dans cette école", a dit à l'AFP Mileva Milosevic, une avocate retraitée de 85 ans qui habite prÚs de l'école dans laquelle le carnage a eu lieu.

L'école Vladislav Ribnikar, qui accueille des élÚves de 7 à 15 ans, dans le quartier de Vracar, dans le centre de Belgrade, était fermée jeudi. Des policiers étaient toujours présents à l'entrée de l'établissement, a constaté un journaliste de l'AFP.

Mercredi matin, un Ă©lĂšve de treize ans, armĂ© d'un pistolet 9 mm et de plusieurs chargeurs, y a ouvert le feu, tuant d'abord le gardien de l'Ă©cole et trois Ă©lĂšves dans les couloirs, avant de se rendre dans une classe oĂč il a tirĂ© d'abord sur une enseignante, puis sur les Ă©lĂšves.

- "La jeunesse fauchée" -

Il a tué au total sept filles, dont une de nationalité française, et un garçon, tous nés entre 2009 et 2011, ainsi que le gardien. Six enfants et leur professeure d'histoire ont été blessés et hospitalisés.

Deux Ă©lĂšves, un garçon et une fille, griĂšvement blessĂ©s, sont toujours dans "un Ă©tat critique", ont dĂ©clarĂ© jeudi matin les responsables de deux hĂŽpitaux de Belgrade oĂč les blessĂ©s ont Ă©tĂ© admis.

"La jeunesse fauchée en cours d'histoire", lit-on jeudi à la Une du quotidien Vecernje Novosti. "La Serbie sous le choc et en larmes", affirme de son cÎté le journal Danas.

L'assaillant a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© peu aprĂšs la tuerie dans la cour de l'Ă©cole, oĂč il attendait l'arrivĂ©e de policiers. Il avait lui-mĂȘme appelĂ© la police pour annoncer ce qu'il venait de faire, a racontĂ© le chef de la police de Belgrade, Veselin Milic.

"Il a dit qu'il avait tiré sur des personnes à l'école et qu'il est (...) un psychopathe qui doit se calmer", a dit M. Milic à la télévision nationale serbe (RTS).

"Dans sa déclaration (aux policiers) sur les lieux du crime, il a déclaré : +J'attendais ce jour. Ici sont les meilleures circonstances parce que (...) je peux tout finir en une journée+", a aussi raconté le policier, précisant que l'adolescent avait établi "une liste de personnes qui l'irritaient le plus".

- "Cibles prioritaires" -

M. Ilic avait déclaré mercredi en conférence de presse que l'assaillant, qui a été placé dans un hÎpital psychiatrique, avait "préparé la fusillade pendant un mois" et qu'il avait fait un plan de l'école, avec les noms des "cibles prioritaires".

Le pĂšre du tireur, propriĂ©taire lĂ©gal de l'arme utilisĂ©e, un mĂ©decin rĂ©putĂ©, a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© mercredi et placĂ© en dĂ©tention provisoire pendant 48 heures. Sa mĂšre avait Ă©tĂ© interpellĂ©e aussi.

Dans ce pays oĂč quelque 765.000 armes, dont plus de 232.000 pistolets, sont lĂ©galement enregistrĂ©es, le ministĂšre de l'IntĂ©rieur a annoncĂ© jeudi des contrĂŽles aux domiciles pour vĂ©rifier si ces armes Ă©taient gardĂ©es conformĂ©ment aux rĂšgles.

AprĂšs un rassemblement de milliers de personnes mercredi soir, la population continuait jeudi Ă  rendre hommage aux victimes devant l'Ă©cole, oĂč des habitants dĂ©posaient des fleurs, des jouets, des messages, et allument des bougies.

"OĂč en sommes-nous en tant qu'ĂȘtres humains, oĂč est notre empathie ? Comment ça se fait que nous avons Ă©chouĂ© de voir le problĂšme, Ă  la fois avec la personne qui a fait cela, et avec toutes les autres personnes qui ont conduit Ă  ce qui s'est passĂ© ?", s'interroge, devant l'Ă©cole, Ana Djuric, une habitante de Belgrade de 37 ans.

 AFP

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