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Trump attaque la famille d'un soldat musulman, l'Amérique s'indigne

  • PubliĂ© le 1 aoĂ»t 2016 Ă  19:59
Le candidat républicain à la Maison Blanche Donald Trump s'adresse aux délégués de la Convention nationale républicaine le 21 juillet 2016 à Clevelend, Ohio

Donald Trump faisait l'objet lundi de critiques trĂšs sĂ©vĂšres, y compris dans son camp rĂ©publicain, aprĂšs s'en ĂȘtre pris Ă  la famille d'un officier musulman de l'armĂ©e amĂ©ricaine tombĂ© au champ d'honneur, un tabou absolu aux États-Unis et un faux pas qui pourrait s'avĂ©rer coĂ»teux politiquement.


"Il est temps pour Donald Trump de donner l'exemple à notre pays et au parti républicain", s'est indigné le trÚs respecté sénateur républicain John McCain aprÚs le éniÚme dérapage du milliardaire.
Cette fois, Donald Trump s'en est pris publiquement à la famille d'un capitaine musulman de l'armée américaine mort au combat en Irak en 2004 en tentant de sauver ses hommes.
Le pÚre du capitaine Khan, immigré de premiÚre génération et avocat, avait fait un émouvant discours lors de la convention démocrate la semaine derniÚre et reproché à M. Trump son projet d'interdire aux musulmans l'entrée aux Etats-Unis, pour lutter contre le terrorisme.
"M. Khan, qui ne me connaßt pas, m'a attaqué vicieusement depuis l'estrade du parti démocrate et continue maintenant à le faire partout à la TV - Sympa!", a asséné le magnat de l'immobilier lundi sur Twitter, aprÚs l'avoir déjà attaqué ces derniers jours.
Il avait Ă©galement insinuĂ© que la mĂšre du soldat avait Ă©tĂ© forcĂ©e au silence pendant la convention parce qu'elle Ă©tait musulmane. Elle lui a rĂ©pondu dimanche en expliquant que la douleur pour la perte de son fils l'aurait empĂȘchĂ© de parler.
Avec ses attaques, Donald Trump a touchĂ© le nerf d'un sujet tabou aux Etats-Unis, oĂč les militaires sont traditionnellement perçus comme des hĂ©ros dĂ©fenseurs de la libertĂ© et rĂ©guliĂšrement honorĂ©s, depuis les cours d'Ă©cole jusque dans les stades sportifs.
"Bien que le parti l'ait nommé, cela ne lui donne pas le droit de diffamer les meilleurs d'entre nous", a tancé John McCain dans un communiqué au ton mordant.
- 'Un lĂąche' -
Lui-mĂȘme un hĂ©ros de la guerre du Vietnam, oĂč il a subi des annĂ©es de torture, le sĂ©nateur de l'Arizona a remerciĂ© la famille Khan "d'avoir immigrĂ© aux Etats-Unis": "Votre fils Ă©tait ce que l'AmĂ©rique a de meilleur et la mĂ©moire de son sacrifice va faire de nous une nation meilleure, il ne sera jamais oubliĂ©."
John McCain a lui-mĂȘme fait les frais des moqueries du milliardaire, qui avait mis en doute son statut de "hĂ©ros" parce qu'il avait Ă©tĂ© capturĂ©. "Moi, j'aime les gens qui n'ont pas Ă©tĂ© capturĂ©s", avait lancĂ© le milliardaire il y a un an.
AprĂšs ce nouveau dĂ©rapage, la petite-fille du sĂ©nateur, Caroline McCain, elle-mĂȘme rĂ©publicaine, a annoncĂ© lundi qu'elle voterait Hillary Clinton le 8 novembre, qualifiant d'"impardonnable" les propos de Donald Trump, "un lĂąche".
Autre coup dur pour le magnat de l'immobilier, les familles de 17 soldats tombés au champ d'honneur ont dénoncé ses propos "répugnants et personnellement insultants pour nous".
Reste que Donald Trump a la peau dure. Lorsqu'il avait attaquĂ© John McCain, le tollĂ© Ă©tait tel que beaucoup avaient pensĂ© qu'il ne s'en relĂšverait pas. Et pourtant, il a remportĂ© la nomination rĂ©publicaine contre ses 16 adversaires et en mai... John McCain a annoncĂ© son soutien au milliardaire, mĂȘme s'il a pris soin de ne pas participer Ă  sa convention d'investiture.
Cette fois encore, comme lorsqu'il avait qualifié les Mexicains de "violeurs" ou mis en doute l'intégrité d'un juge en raison de ses origines mexicaines, l'état-major du parti républicain a dénoncé ses propos. Mais sans aller jusqu'à lui retirer son soutien.
Le prix Nobel américain d'Economie et éditorialiste du New York Times Paul Krugman les a étrillés, affirmant que "les véritables pécheurs sont les dirigeants républicains (...) qui soutiennent activement un candidat alors qu'ils savent qu'il représente un danger pour la nation".
PortĂ©e par un rebond post-convention dans un sondage CBS lundi, Hillary Clinton a appelĂ© les rĂ©publicains dimanche Ă  choisir les intĂ©rĂȘts "du pays plutĂŽt que le parti".
MalgrĂ© ses dĂ©rapages frĂ©quents M. Trump Ă©tait jusque-lĂ  au coude-Ă -coude dans les sondages avec sa rivale. L'enquĂȘte CBS publiĂ©e lundi donne toutefois sept points d'avance Ă  la candidate dĂ©mocrate.

Par Natalia RAMOS - © 2016 AFP
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