Trump fixe à 1 milliard de dollars le prix des sièges permanents de son "Conseil de paix" aux missions élargies

  • Publié le 19 janvier 2026 à 18:12
  • Actualisé le 19 janvier 2026 à 18:39
Le président américain Donald Trump à Mar-a-lago, à Palm Beach, le 16 janvier 2026 en Floride

Les Etats candidats à un siège permanent au "Conseil de paix" proposé et présidé par Donald Trump, qui s'octroie la mission de "promouvoir la stabilité" dans le monde, devront s'acquitter de "plus d'un milliard de dollars en espèces", selon la "charte" obtenue lundi par l'AFP.

L'instance avait été initialement conçue pour superviser la reconstruction de Gaza mais sa "charte" ne mentionne pas explicitement le territoire palestinien et lui assigne l'objectif plus large de contribuer à la résolution de conflits armés dans le monde.

"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule du document envoyé aux pays invités à y siéger.

Le texte de huit pages critique d'emblée les "approches et institutions qui ont trop souvent échoué", dans une allusion claire aux Nations unies, et appelle à avoir "le courage" de s'en "écarter".

Il souligne d'ailleurs "la nécessité d'une organisation de paix internationale plus agile et efficace".

Donald Trump est de longue date un critique virulent des Nations unies. Il avait lancé une attaque en règle contre l'organisation, "très loin de réaliser son potentiel" lors de sa dernière Assemblée générale à New York en septembre.

Le 7 janvier, il a signé un décret ordonnant le retrait des Etats-Unis de 66 organisations internationales qui "ne servent plus les intérêts américains", selon la Maison Blanche. Une trentaine des cibles de Washington sont liées à l'Onu.

Comme lors de son premier mandat, il a décidé de retirer les Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat et de l'Unesco (organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture), que les Etats-Unis avaient réintégrés sous la présidence de Joe Biden.

Il a en outre claqué la porte de l'Organisation mondiale de la santé et son administration a largement coupé l'aide américaine à l'étranger, amputant les budgets de nombreuses organisations comme le Haut commissariat aux réfugiés ou le Programme alimentaire mondial.

- Poutine, Milei, Orban invités -

Donald Trump sera le "premier président du Conseil de paix", dont les pouvoirs prévus sont très vastes, stipule la "charte" obtenue par l'AFP.

Le président américain est seul habilité à "inviter" d'autres chefs d'Etat et de gouvernement à l'intégrer, il peut révoquer leur participation sauf en cas de "veto par une majorité des deux tiers des Etats membres", et a un droit de regard sur tous les votes.

"Chaque État membre exerce un mandat d'une durée maximale de trois ans à compter de l'entrée en vigueur de la présente charte, renouvelable par le président. Ce mandat de trois ans ne s'applique pas aux États membres qui versent plus d'un milliard de dollars en espèces au Conseil de paix au cours de la première année suivant l'entrée en vigueur de la Charte", ajoute le projet, sans plus de précisions.

Plusieurs pays ou dirigeants ont annoncé avoir été invités à rejoindre le "Conseil" du président américain, sans nécessairement dévoiler leur intention d'y répondre positivement ou pas.

Parmi eux, la France a rappelé lundi son "attachement à la Charte des Nations unies", "clé de voûte d'un multilatéralisme efficace", selon Paris.

Le Kremlin a indiqué que le président russe Vladimir Poutine avait "reçu une invitation" par "des voies diplomatiques".

D'autres dirigeants étrangers, dont le président argentin Javier Milei ou le Premier ministre hongrois Viktor Orban, proches de Trump, ont eux aussi annoncé avoir été invités.

Par Romain FONSEGRIVES - © 2026 AFP

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