États-Unis

Trump "ne sait pas" s'il doit respecter la Constitution

  • PubliĂ© le 4 mai 2025 Ă  21:47
  • ActualisĂ© le 5 mai 2025 Ă  05:07
Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche, à Washington, le 1er mai 2025

Donald Trump, qui s'efforce de repousser les limites du pouvoir prĂ©sidentiel depuis son retour Ă  la Maison Blanche, a affirmĂ© ne pas savoir s'il devait respecter la Constitution, la norme juridique suprĂȘme des Etats-Unis.

"Je ne sais pas", a répondu le président américain, interrogé dimanche par NBC pour savoir s'il pensait devoir respecter la Constitution, qui garantit une procédure judiciaire équitable pour toutes les personnes se trouvant sur le territoire américain.

"J'ai de brillants avocats qui travaillent pour moi, et ils vont Ă©videmment suivre ce que la Cour suprĂȘme a dit", a-t-il toutefois ajoutĂ©.

Depuis le début de son second mandat, en janvier, Donald Trump a exercé le pouvoir exécutif comme aucun autre président dans l'histoire moderne, signant plus de 140 décrets pour réduire drastiquement l'immigration illégale, batailler contre les programmes de diversité ou d'inclusion haïs par les conservateurs et démanteler la bureaucratie fédérale.

Mais mĂȘme l'autoritĂ© du prĂ©sident a ses limites et plusieurs de ses dĂ©cisions ont Ă©tĂ© bloquĂ©es par des juges, ce qui suscite rĂ©guliĂšrement la fureur du rĂ©publicain.

Des tribunaux et cours d'appel fĂ©dĂ©raux ainsi que la Cour suprĂȘme ont notamment bloquĂ© provisoirement le recours Ă  une loi de 1798 sur "les ennemis Ă©trangers", jusqu'alors utilisĂ©e exclusivement en temps de guerre, et exhumĂ©e par l'administration Trump pour pouvoir arrĂȘter des immigrĂ©s accusĂ©s d'appartenir Ă  des gangs et les expulser manu militari vers le Salvador sans autre forme de procĂšs.

Cette procédure a également été dénoncée par des associations de défense des droits et des organisations internationales.

Interrogé pour savoir si les étrangers présents sur le sol américain devaient bénéficier d'une procédure judiciaire réguliÚre, comme le prévoit la Constitution, le milliardaire républicain a déclaré: "Je ne suis pas avocat. Je ne sais pas."

- Pas de troisiĂšme mandat -

La conception trÚs personnelle du pouvoir dont fait preuve le républicain inquiÚte une partie des Américains, qui craignent une dérive autoritaire.

"Etes-vous en train de mener le pays sur la voie de l'autoritarisme?", lui a demandé dimanche la journaliste de NBC.

"Pourquoi ne posez-vous pas la question différemment ? Beaucoup de gens veulent venir dans notre pays. Beaucoup de gens aiment Trump. J'ai gagné les élections", a asséné l'intéressé.

Il a également affirmé que les Américains avaient "absolument" le droit de le critiquer sans craindre de représailles, avant de qualifier certains de ses détracteurs de "personnes malveillantes".

Il en a profité pour s'en prendre à nouveau au meilleur de ses ennemis, l'ex-président démocrate Joe Biden, responsable selon lui des "mauvais cÎtés" de l'économie américaine, dont Donald Trump s'attribue les "bons cÎtés".

L'économie américaine a viré au négatif au premier trimestre, un tournant spectaculaire alors qu'elle était encore florissante fin 2024.

Donald Trump a également semblé rejeter dans son interview l'hypothÚse, que la Constitution interdit, d'un troisiÚme mandat: "Ce n'est pas ce que je cherche à faire", a-t-il déclaré.

- Déséquilibre commercial avec le Canada -

Il avait pourtant multipliĂ© depuis son retour Ă  la Maison Blanche les allusions Ă  cette Ă©ventualitĂ©, affirmant qu'il existait "des mĂ©thodes" pour le faire, et allant jusqu'Ă  proposer des vĂȘtements portant l'inscription "Trump 2028" - l'annĂ©e de la prochaine Ă©lection prĂ©sidentielle amĂ©ricaine - sur sa boutique en ligne.

"Je souhaite passer quatre trÚs bonnes années et laisser la place à quelqu'un d'autre, idéalement un grand républicain", a-t-il assuré.

Le président a cité son vice-président JD Vance et son secrétaire d'Etat Marco Rubio comme potentiels successeurs.

Mais il est encore "beaucoup trop tÎt pour le dire", a-t-il aussi estimé.

A deux jours de la visite mardi à Washington du nouveau Premier ministre canadien Mark Carney, Donald Trump a également été interrogé sur le fait de savoir s'il comptait réitérer son appel à faire du Canada le 51e Etat américain.

"Je parlerai toujours de cela", a répondu le républicain, qui ne cesse de dénoncer le déséquilibre commercial entre les deux pays - qui ne pourrait selon lui avoir de sens que si le Canada devenait américain.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois estimé qu'il était "trÚs improbable" que les Etats-Unis recourent à la force contre leur voisin.

"Je pense que nous n'en arriverons jamais là", a-t-il déclaré.

AFP

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1 Commentaires
Elisabite Burne
Elisabite Burne
1 an

Le mĂ©pris de la Constitution par Trump et son entourage est une Ă©vidence avĂ©rĂ©e. Elle a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© confirmĂ©e par le seul assaut du Capitole sans que son instigateur ait Ă©tĂ© rĂ©ellement inquiĂ©tĂ© Ă  aucun moment. Trump ne paie aucun impĂŽt aux USA. Il est connu pour ĂȘtre un dĂ©linquant fiscal de longue date. On passe sur les multiples agressions sexuelles et viols dont il est accusĂ©. Trump 2.0 est maintenant totalement aux commandes et il n' a Ă  craindre aucune opposition solide ni tangible d'un camp dĂ©mocrate en complĂšte dĂ©confiture ni de quelques juges de gauche siĂ©geant encore Ă  la Cour SuprĂȘme (plus pour longtemps car ils seront probablement rĂ©duits physiquement au silence sous peu). Il est clair que la grande dĂ©mocratie amĂ©ricaine (la premiĂšre de l'histoire parait-il) ressemble dĂ©sormais de plus en plus Ă  notre saloperie de Macronie.