Trump pense que beaucoup d'Américains "aimeraient avoir un dictateur"

  • PubliĂ© le 26 aoĂ»t 2025 Ă  02:24
  • ActualisĂ© le 26 aoĂ»t 2025 Ă  09:34
Donald Trump dans le Bureau ovale à la Maison Blanche à Washington, le 25 août 2025

Donald Trump a lancé lundi que beaucoup d'Américains "aimeraient avoir un dictateur", pendant une conférence de presse improvisée et prolongée dans le Bureau ovale, consacrée à des sujets de sécurité et à des récriminations contre ses opposants.

"Beaucoup de gens disent +peut-ĂȘtre que nous aimerions avoir un dictateur+. Je n'aime pas les dictateurs. Je ne suis pas un dictateur. Je suis un homme douĂ© de beaucoup de bon sens et intelligent", a dit le prĂ©sident amĂ©ricain, accusĂ© de dĂ©rive autoritaire par ses opposants pour sa politique en matiĂšre d'immigration et de sĂ©curitĂ©.

"Vous envoyez l'armée et, au lieu de vous féliciter, ils vous accusent de prendre d'assaut la république", a-t-il déclaré, en référence à sa décision d'envoyer la Garde nationale dans les rues de Washington pour des opérations de maintien de l'ordre.

Donald Trump a signĂ© devant des journalistes un dĂ©cret punissant quiconque brĂ»le un drapeau amĂ©ricain, et ceci bien que la Cour suprĂȘme ait considĂ©rĂ© dans un arrĂȘt de 1989 qu'un tel acte relevait de la libertĂ© d'expression, un droit fondamental protĂ©gĂ© par la Constitution.

"Si vous brûlez un drapeau, vous aurez un an de prison, sans libération anticipée", a-t-il assuré.

Le républicain de 79 ans, qui s'est exprimé pendant 80 minutes sur les sujets les plus divers, avec force digressions, a par ailleurs indiqué qu'il entendait rebaptiser le ministÚre de la Défense pour lui donner le nom de "ministÚre de la guerre", et ainsi revenir à une appellation qui a existé de 1789 à 1949.

Lors d'une autre entrevue plus brĂšve avec la presse, il a ajoutĂ©: "DĂ©fense, c'est trop dĂ©fensif, et nous voulons aussi ĂȘtre offensifs", en laissant entendre qu'il n'aurait pas besoin d'un vote du CongrĂšs pour procĂ©der au changement.

- "Aspirant dictateur" -

Le président républicain s'en est aussi pris à ses adversaires politiques, plus particuliÚrement à ceux dont le nom est parfois évoqué pour la candidature démocrate à la présidentielle de 2028.

Il a en particulier traité de "sagouin" le gouverneur démocrate de l'Illinois JB Pritzker, et lancé qu'il devrait "faire plus de sport", en référence à sa corpulence.

Ce dernier, qui avait déjà qualifié ce week-end le président de "dictateur", a enfoncé le clou lundi à Chicago, grande ville dans le viseur de Donald Trump pour y déployer la Garde nationale.

"Donald Trump veut utiliser l'armée pour occuper une ville américaine, punir ses dissidents et marquer des points politiquement. Si cela arrivait dans n'importe quel autre pays, nous n'aurions aucun mal à appeler ça une dangereuse prise de pouvoir", a martelé M. Pritzker traitant l'intéressé "d'aspirant dictateur".

Donald Trump a aussi critiqué les gouverneurs de Californie, Gavin Newsom, et du Maryland, Wes Moore, qui l'ont tous deux récemment attaqué à coups de moqueries sur les réseaux sociaux. Il a lancé à propos du Parti démocrate: "tous leurs candidats potentiels font du mauvais boulot".

- "Or massif" -

Le prĂ©sident amĂ©ricain a redit que Chicago pourrait ĂȘtre la prochaine visĂ©e par ses opĂ©rations de maintien de l'ordre impliquant des militaires et policiers fĂ©dĂ©raux, aprĂšs Washington.

La capitale fédérale sera d'ailleurs "impeccable" pour recevoir le Mondial de foot l'été prochain, s'est félicité Donald Trump, profitant de l'occasion pour montrer le trophée de la compétition, qui trÎne désormais dans le Bureau ovale.

"C'est un trophée en or massif. Ils savent comment se faire bien voir!", a plaisanté le président milliardaire, connu pour son goût du luxe ostentatoire.
Donald Trump a aussi, dans une autre digression, Ă©voquĂ© les problĂšmes que cause la carpe asiatique, une espĂšce de poisson invasive, pour l'Ă©cosystĂšme des Grands lacs (nord). Le nord-est de l'Illinois, oĂč se trouve Chicago, borde le lac Michigan.

Le président a évoqué un "poisson assez violent qui vient de Chine, la carpe chinoise". "Ils sautent dans les bateaux, ils sautent partout", a-t-il dit, relevant que remédier à ce problÚme serait "terriblement coûteux".

"Tant que je n'aurai pas de demande de ce gars (le gouverneur de l'Illinois, ndlr), je ne ferai rien", a déclaré le républicain, qui a plusieurs fois menacé de remettre en cause certains mécanismes d'aide fédérale pour des Etats démocrates.

AFP

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