Venezuela

Trump reçoit Duque, poursuite du bras de fer sur l'aide

  • PubliĂ© le 13 fĂ©vrier 2019 Ă  19:33
  • ActualisĂ© le 14 fĂ©vrier 2019 Ă  02:37
Le président colombien Ivan Duque, le 27 novembre 2018 à Bogota

Le président américain Donald Trump reçoit mercredi son homologue colombien Ivan Duque à la Maison Blanche pour évoquer la grave crise politique au Venezuela qui fait craindre une spirale de violences.

Au programme, tĂȘte-Ă -tĂȘte dans le Bureau ovale puis dĂ©jeuner de travail, avec un sujet central: le bras de fer sur l'aide humanitaire d'urgence (nourriture et mĂ©dicaments) envoyĂ©e par les Etats-Unis et qui s'accumule dans des entrepĂŽts en Colombie, pays frontalier du Venezuela.

Le prĂ©sident Nicolas Maduro, qui nie toute famine dans son pays, juge que cette aide --qu'il rejette--, n'est qu'un "show politique" avant une intervention militaire de Washington. L'opposant Juan Guaido, reconnu comme prĂ©sident intĂ©rimaire par une cinquantaine de pays dont les Etats-Unis, multiplie les initiatives pour qu'elle puisse ĂȘtre acheminĂ©e.

"Maduro préférerait défendre la tyrannie qu'autoriser l'armée à accepter l'aide pour le peuple vénézuélien", a lancé mercredi sur Twitter John Bolton, conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, trÚs actif sur ce dossier. Le pont de Tienditas, qui relie la Colombie et le Venezuela, est barré depuis la semaine derniÚre par deux conteneurs et une citerne disposés par les militaires vénézuéliens.

Mardi, Juan Guaido a assuré que l'aide entrerait dans le pays le 23 février, soit un mois aprÚs qu'il se soit autoproclamé président par intérim.
Il a demandĂ© aux quelque 250.000 volontaires inscrits pour participer Ă  l'acheminement de l'aide stockĂ©e Ă  la frontiĂšre de se tenir prĂȘts pour "former des caravanes".

Cherchant à briser l'unité de l'armée, l'opposant a offert l'amnistie aux militaires qui désavoueraient le chef de l'Etat et les a prévenus que bloquer l'aide constituerait un "crime contre l'humanité".

- "Guerre économique" -

Aux cris de "LibertĂ©!", "Guaido!", des dizaines de milliers de manifestants brandissant des drapeaux vĂ©nĂ©zuĂ©liens se sont rassemblĂ©s mardi dans tout le pays pour accroĂźtre la pression sur l'armĂ©e, soutien dĂ©terminant du gouvernement, afin qu'elle laisse entrer cette assistance. "Nous demandons aux autoritĂ©s militaires qu'elles permettent le passage de l'aide et, mĂȘme, qu'elles la protĂšgent pour qu'elle arrive lĂ  oĂč elle est la plus nĂ©cessaire", a dĂ©clarĂ© Ă  l'AFP Juan Perez, 68 ans, lors de cette manifestation qui rendait aussi hommage Ă  la quarantaine de personnes tuĂ©es depuis le dĂ©but le 21 janvier des mouvements de protestation contre le prĂ©sident vĂ©nĂ©zuĂ©lien.

Nicolas Maduro, qui dĂ©ment l'existence d'une urgence humanitaire, rejette la responsabilitĂ© des pĂ©nuries sur les sanctions amĂ©ricaines et une "guerre Ă©conomique" menĂ©e par la droite. "Le Venezuela n'est pas un pays oĂč rĂšgne la famine", a-t-il assurĂ© dans un entretien Ă  la BBC diffusĂ© mardi. La premiĂšre phase de l'assistance nord-amĂ©ricaine inclut des aliments non pĂ©rissables, des produits d'hygiĂšne et des mĂ©dicaments d'urgence, pouvant rĂ©pondre aux besoins de 39.000 personnes pendant 10 Ă  90 jours, selon l'ambassade des Etats-Unis en Colombie.

Sur la scÚne internationale, Moscou donne toujours de la voix et marque son désaccord avec Washington. Lors d'un entretien téléphonique, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a mis en garde son homologue américain Mike Pompeo contre tout "recours à la force" au Venezuela.

AFP

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