Relations internationales

Trump reçoit Moon, le sommet avec Kim Jong Un en question

  • PubliĂ© le 22 mai 2018 Ă  06:42
  • ActualisĂ© le 22 mai 2018 Ă  10:14
Les présidents sud-coréen Moon Jae-in et américain Donald Trump, le 20 juin 2017 à la Maison Blanche

Le président américain Donald Trump reçoit mardi son homologue sud-coréen Moon Jae-in pour évoquer son sommet avec le leader nord-coréen Kim Jong Un sur lequel flotte désormais un parfum d'incertitude.


A trois semaines du rendez-vous historique de Singapour, dont le déroulement reste encore entouré d'un épais mystÚre, le locataire de la Maison Blanche compte sur celui de la "Maison Bleue" pour l'aider à décrypter les intentions exactes de l'homme fort de Pyongyang.

Au coeur des débats, la question de dénucléarisation, que Washington veut "complÚte, vérifiable et irréversible" et sur laquelle le Nord n'a pas véritablement dévoilé son jeu. MM. Trump et Moon, qui ont échangé par téléphone au cours du week-end, se retrouveront en milieu de journée dans le Bureau ovale mais aucune conférence de presse commune n'est au programme.

InterrogĂ© sur d'Ă©ventuels Ă©tats d'Ăąme du prĂ©sident sur son tĂȘte-Ă -tĂȘte Ă  venir, le secrĂ©taire amĂ©ricain au TrĂ©sor Steven Mnuchin a bottĂ© en touche lundi: "Pour le moment, c'est toujours prĂ©vu. Si cela change, vous serez informĂ©s".
Le climat est loin de la forme d'euphorie qui a flotté dans les semaines suivant l'annonce, le 8 mars, d'un accord de principe pour un face-à-face, longtemps inimaginable, entre le président des Etats-Unis et l'héritier de la dynastie des Kim, qui rÚgne sur la Corée du Nord depuis plus d'un demi-siÚcle.

Prenant nombre d'observateurs --et semble-t-il M. Trump lui-mĂȘme-- par surprise, le rĂ©gime est brutalement revenu la semaine derniĂšre Ă  sa rhĂ©torique belliqueuse traditionnelle, menaçant mĂȘme d'annuler la rencontre. Les tensions se sont cristallisĂ©es autour des propos de John Bolton, conseiller de M. Trump, qui a suggĂ©rĂ© de dĂ©nuclĂ©ariser la CorĂ©e du Nord en suivant le modĂšle libyen.

Et s'il a dans un premier temps opté, en public, pour un ton plutÎt apaisant en évoquant sa rencontre inédite avec l'homme fort de Pyongyang, de prÚs de 40 ans son cadet, le président américain a pour l'heure abandonné les superlatifs et les promesses de "bonnes nouvelles pour le monde".

- FrontiĂšre "poreuse" avec la Chine -

Celui qui louait depuis plusieurs semaines l'attitude de la Chine, principale alliĂ©e de la CorĂ©e du Nord, s'est ouvertement inquiĂ©tĂ© lundi qu'elle ne lĂąche trop de lest, trop vite. "La Chine doit continuer Ă  ĂȘtre forte et Ă©tanche sur la frontiĂšre avec la CorĂ©e du Nord jusqu'Ă  ce qu'un accord soit conclu", a-t-il tweetĂ©, tĂ©moignant de son agacement. "J'entends dire que la frontiĂšre est devenue bien plus poreuse rĂ©cemment et que plus de choses ont rĂ©ussi Ă  passer Ă  l'intĂ©rieur".

Selon un sondage du Pew Center réalisé fin avril, si plus de deux Américains sur trois sont favorables à des discussions directes entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, seuls 38% d'entre eux pensent que le régime de Pyongyang est sérieux dans sa volonté de répondre aux préoccupations de la communauté internationale sur son programme nucléaire.

Avant l'arrivĂ©e de M. Moon Ă  la Maison Blanche, l'organisation Human Rights Watch a exhortĂ© les deux dirigeants Ă  ne pas passer sous silence la situation "effroyable" des droits de l'homme en CorĂ©e du Nord. "Au moment oĂč M. Trump se prĂ©pare Ă  rencontrer Kim Jong Un pour parler d'armes nuclĂ©aires, il est important de se souvenir que ces armes ont Ă©tĂ© construites par des gens vivant dans un Etat totalitaire qui limite toutes les libertĂ©s fondamentales, a créé un goulag avec travaux forcĂ©s et ne peut rĂ©pondre aux besoins nutritionnels Ă©lĂ©mentaires de son peuple", a dĂ©clarĂ© Brad Adams, directeur Asie de l'ONG.

Deux Coréens du Nord ont fait défection samedi pour la Corée du Sud en passant par la mer Jaune, selon l'agence de presse sud-coréenne Yonhap. Il s'agit des premiÚres défections depuis le sommet d'avril, chargé en symboles, entre Kim Jong Un et Moon Jae-in.

AFP

guest
0 Commentaires