Etats-Unis

Trump sous pression face Ă  la confusion de sa politique migratoire

  • PubliĂ© le 23 juin 2018 Ă  22:31
  • ActualisĂ© le 24 juin 2018 Ă  06:50
Des manifestants devant la Maison Blanche à l'appel de l'association pour les libertés civiles ACLU pour protester contre la séparation des familles à la frontiÚre américano-mexicaine, le 22 juin 2018

Des Ă©lus dĂ©mocrates visitant samedi un centre de dĂ©tention de migrants au Texas ont dĂ©noncĂ© la politique de "tolĂ©rance zĂ©ro" de Donald Trump, qui fait face au casse-tĂȘte des familles sĂ©parĂ©es Ă  la frontiĂšre et Ă  l'afflux des nouveaux arrivants.


AprÚs l'immense tollé déclenché par une politique inflexible qui, en quelques semaines, a séparé plus de 2.300 enfants de leurs parents entrés illégalement aux Etats-Unis, le gouvernement doit répondre au défi de réunifier ces familles.

Le locataire de la Maison Blanche multiplie les signaux contradictoires sur ce dossier explosif. Confronté aux critiques jusque dans son propre camp, le président américain a fait volte-face et signé mercredi un décret mettant fin aux séparations systématiques.
La plus grande confusion rÚgne depuis sur le sort des enfants déjà arrachés à leurs parents. L'exécutif a procédé à un premier pas concret en créant une cellule spécialisée, chargée de s'attaquer à la question.

Quelque 25 élus du CongrÚs américain se sont de leur cÎté rendus au centre de détention pour migrants de McAllen dans l'Etat du Texas, à la frontiÚre mexicaine."La raison pour laquelle je suis ici, c'est parce que Donald Trump a changé les politiques en traitant les familles d'une façon inhumaine", a tonné Mike Capuano, représentant du Massachusetts, lors d'une conférence de presse.

- Une politique "barbare" -

"Ces personnes, les enfants surtout, sont traumatisées. Et ça fait partie de la politique de tolérance zéro de l'administration Trump qui est, selon moi, barbare", a abondé l'élue démocrate de Californie Barbara Lee.Pour son collÚgue de cet Etat de l'ouest américain, Mark Takano, il reste toujours beaucoup d'incertitudes sur le destin de ces familles, notamment de savoir si elles seront, ou non, à nouveau réunies.

La chaßne CNN, citant des responsables, affirme que 500 enfants ont déjà retrouvé leurs parents. Officiellement, les autorités restent floues sur les chiffres.Le ministÚre américain de la Santé a créé vendredi une "cellule spécialisée dans le regroupement des enfants non accompagnés".

- "Cellule spécialisée" -

Selon le site Politico, cette cellule est confiée à un responsable des situations d'urgence, signe de l'ampleur de la tùche dévolue à l'Office de relocalisation des réfugiés."Le ministre (Alex) Azar mobilise toutes les ressources compétentes du ministÚre (de la Santé) pour aider au regroupement ou au placement d'enfants et d'adolescents étrangers non accompagnés chez un parent ou un hÎte", a confié vendredi soir à Politico Evelyn Stauffer, porte-parole du ministÚre.

Contacté samedi par l'AFP, le ministÚre n'a pas immédiatement donné suite.En attendant des actes vérifiables, la pression populaire restait forte aux Etats-Unis.Des manifestations devaient se dérouler samedi en Californie notamment et 130 rassemblements sont annoncés pour samedi 30 juin.A Washington, une manifestation est prévue ce jour-là sur le Square Lafayette, en face de la Maison Blanche.

- "Crise créée par son gouvernement" -

Les organisateurs du mouvement de protestation estiment que le dĂ©cret de M. Trump ne rĂšgle pas "la crise créée par son gouvernement".Donald Trump est pour sa part attendu samedi Ă  Las Vegas, dans l'Etat du Nevada, oĂč il devrait parler de "commerce et d'immigration avec des partisans", selon un message postĂ© sur son compte Twitter.

Et le président américain de continuer à blùmer ses opposants politiques: "Les démocrates favorables aux frontiÚres ouvertes (...) veulent juste que tout le monde soit relùché dans notre pays, peu importe à quel point ils sont dangereux", a-t-il estimé samedi dans son message présidentiel hebdomadaire.

Face au nouveau report du vote d'une rĂ©forme sur l'immigration, Donald Trump avait appelĂ© vendredi les rĂ©publicains Ă  "arrĂȘter de perdre leur temps sur l'immigration jusqu'Ă  ce qu'on Ă©lise plus de sĂ©nateurs et de membres de la Chambre (rĂ©publicains) en novembre", lors d'Ă©lections qui renouvelleront tous les siĂšges de la Chambre et un tiers de ceux du SĂ©nat.

La marine américaine, elle, envisage d'ériger des camps sur des bases aériennes désaffectées pour détenir des dizaines de milliers de migrants supplémentaires dans les mois à venir, selon un document interne cité vendredi par le magazine Time.

AFP

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