Trump taille Ă  nouveau dans l'aide internationale

  • PubliĂ© le 30 aoĂ»t 2025 Ă  00:07
  • ActualisĂ© le 30 aoĂ»t 2025 Ă  07:07
Le Capitole de Washington, siÚge du CongrÚs américain, le 16 juillet 2025

Les Etats-Unis vont supprimer 4,9 milliards de dollars d'aide internationale, a annoncé vendredi la Maison Blanche, une mesure à laquelle s'opposent les démocrates et qui augmente fortement les probabilités de paralysie de l'Etat fédéral fin septembre.

Le prĂ©sident Trump "mettra toujours L'AMÉRIQUE D'ABORD", a Ă©crit sur X le bureau du budget de la Maison Blanche, partageant la lettre envoyĂ©e au CongrĂšs pour le notifier de ces coupes annoncĂ©es.

Les démocrates avaient averti récemment que toute volonté de revenir sur des fonds déjà approuvés par le CongrÚs anéantirait les possibilités de négocier avec eux pour éviter la paralysie budgétaire, le fameux "shutdown", avant l'échéance du 30 septembre.

Le CongrĂšs a jusqu'Ă  cette date pour adopter un budget, mĂȘme temporaire. Sans quoi, des centaines de milliers de fonctionnaires se trouveraient au chĂŽmage technique, sans paie. Le trafic aĂ©rien serait perturbĂ©, comme le versement de certaines aides alimentaires aux familles Ă  bas revenus, entre autres consĂ©quences.

Dans un appel avec la presse, un responsable de la Maison Blanche a cependant démenti que le gouvernement cherchait un "shutdown", affirmant que les démocrates seraient ceux à blùmer en cas de paralysie budgétaire.

- "Manoeuvre illégale" -

Donald Trump avait évité de justesse un "shutdown" en mars avec l'appui à contrecoeur de dix sénateurs démocrates.
Le recul de ces élus de l'opposition avait provoqué une vive polémique dans leurs rangs et chez leurs partisans, qui les ont accusés de ne pas résister avec suffisamment de fermeté au président républicain.

La Constitution amĂ©ricaine dispose que le CongrĂšs possĂšde seul le pouvoir d'allouer les fonds publics fĂ©dĂ©raux. Pour valider cette nouvelle suppression budgĂ©taire, Donald Trump doit donc normalement obtenir l'approbation des deux chambres parlementaires, oĂč les rĂ©publicains sont majoritaires.
Mais cette demande de coupes arrive si tard dans l'annĂ©e fiscale que le CongrĂšs pourrait ne pas avoir le temps de voter le texte avant l'expiration des fonds, le 30 septembre. Pour la Maison Blanche, cette absence d'approbation libĂ©rerait tout de mĂȘme le gouvernement de son obligation lĂ©gale de dĂ©penser ces fonds.

Une "manoeuvre illégale", a estimé le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, qui dénonce la volonté de Donald Trump "de contourner le CongrÚs".

Sa collÚgue républicaine Susan Collins, considérée comme une élue de tendance modérée, a abondé dans son sens.

"Toute tentative de révoquer des fonds alloués sans l'approbation du CongrÚs est une violation claire de la loi", a-t-elle averti.
La Maison Blanche estime de son cÎté disposer d'une "solide base légale" pour cette mesure, et qu'en cas de poursuites devant les tribunaux, la justice déciderait en sa faveur.

- "Difficile" pour l'ONU -

La grande majorité des coupes -- 3,2 milliards de dollars -- concerneraient les fonds alloués à l'agence américaine pour le développement international (USAID), selon des documents judiciaires consultés par l'AFP, et confirmant les informations du tabloïd New York Post.

Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier, Donald Trump a déjà gelé des milliards de dollars destinés à l'aide internationale et a formellement démantelé USAID, aujourd'hui absorbée dans le département d'Etat, chargé de la diplomatie américaine.

Plus importante agence humanitaire au niveau mondial, USAID était impliquée dans des programmes de santé et d'aide d'urgence dans environ 120 pays.
En juillet, une étude internationale avait révélé que l'effondrement des financements américains dédiés à l'aide internationale pourrait entraßner plus de 14 millions de morts supplémentaires d'ici 2030 parmi les plus vulnérables, dont un tiers d'enfants.

Quelque 838 millions de dollars destinés à des missions de maintien de la paix sont également concernés par les coupes demandées par Donald Trump.
"Cela va rendre notre situation budgétaire ou de liquidités encore plus difficile", a réagi lors d'une conférence de presse Stéphane Dujarric, le porte-parole du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres.

AFP

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