29 personnes ont été tuées

Tuerie en ThaĂŻlande: l'attente des familles, interrogations sur le tueur

  • PubliĂ© le 10 fĂ©vrier 2020 Ă  13:34
  • ActualisĂ© le 10 fĂ©vrier 2020 Ă  13:50
Une personne se recueille le 10 février 2020 à Nakhon Ratchasima devant le corps d'une des victimes de la tuerie sans précédent survenue dans cette ville du nord-est de la Thaïlande

Les familles des victimes de la tuerie sans précédent ce week-end en Thaïlande étaient lundi dans l'attente des corps de leurs proches tandis que les questions se multipliaient sur la personnalité de l'assaillant, un jeune soldat, et les circonstances de son geste.

Au total, 29 personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es et une quarantaine blessĂ©es samedi par un officier subalterne au cours d'un pĂ©riple sanglant sur une base militaire et dans un centre commercial trĂšs animĂ© oĂč le tueur a Ă©tĂ© abattu par les forces de l'ordre aprĂšs une virĂ©e meurtriĂšre de prĂšs de 17 heures.

Lundi matin, des familles en pleurs, tenant des portraits de leurs proches dĂ©cĂ©dĂ©s, sont arrivĂ©es Ă  la morgue de Nakhon Ratchasima, une ville Ă  250 kilomĂštres au nord-est de Bangkok, théùtre de la tuerie, ont constatĂ© des journalistes de l'AFP. Les familles Ă©plorĂ©es attendaient que les corps soient autopsiĂ©s afin qu'ils puissent leur ĂȘtre rendus.

Mon arriÚre-petit-fils de quatre ans "ne cesse de demander pourquoi il ne peut pas appeler son pÚre", a relaté à l'AFP Udom Prapotsang, dont le petit-fils, un soldat, a été abattu sur la base militaire.

"Repose en paix Korat, nous n'oublierons pas". A l'extĂ©rieur du grand magasin, des dizaines de fleurs et de messages de condolĂ©ance ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©s. Un moine, revĂȘtu de la traditionnelle robe orange, a organisĂ© une priĂšre Ă  l'endroit oĂč un ingĂ©nieur de 25 ans a Ă©tĂ© tuĂ© dans sa voiture par l'assaillant, l?adjudant-chef Jakrapanth Thomma.

"Mon fils venait de terminer son travail et était venu ici pour faire des courses. Je n'ai jamais pensé que je le perdrais si tÎt", a sangloté Witoon, à genoux, les mains jointes. Une douzaine de personnes étaient à ses cÎtés, certaines tenant des bùtons d'encens.

- Négligence ? -

Le tireur serait passé à l'acte à cause d'une dette autour d'un différend foncier, d'aprÚs les autorités. Mais de nombreuses questions demeurent quant à sa personnalité.

Il n'avait "pas de mauvais dossier", d'aprÚs le porte-parole de l'armée, le colonel Winthai Suvaree, sollicité par l'AFP. Seule certitude à ce stade, le jeune homme de 31 ans était un féru des réseaux sociaux. Il a d'ailleurs soigneusement mis en scÚne son carnage sur Facebook, postant pendant la tuerie sur son compte, fermé depuis, des vidéos et des photos de lui, ainsi que plusieurs messages: "Dois-je me rendre?", "Personne ne peut échapper à la mort".

Mais comment a-t-il pu dérober son arsenal: une mitrailleuse M60, un fusil d'assaut et des centaines de cartouches de munitions ?

Selon le Premier ministre thaïlandais, Prayut-Chan-O-Cha, il n'y a pas eu de négligence. "Nous ne laissons pas sans surveillance le dépÎt. Nous avions des gens qui le gardaient", a-t-il assuré.

La ville de Nakhon Ratchasima, connue aussi sous le nom de Korat, abrite une des plus grandes casernes de ThaĂŻlande, un pays oĂč l'armĂ©e est trĂšs impliquĂ©e dans la sociĂ©tĂ© et en politique.

Le royaume est aussi un des pays les plus armés au monde. Entre 6 et 10 millions d'armes à feu y circuleraient, dont de nombreuses ne seraient pas enregistrées, et les meurtres par armes à feu sont trÚs fréquents. Il est toutefois trÚs rare que les militaires s'en prennent à des civils.

Le Premier ministre s'est rendu dimanche Ă  Nakhon Ratchasima, posant pour des selfies et souriant parfois, une attitude jugĂ©e dĂ©placĂ©e par certains qui ont rĂ©agi sur les rĂ©seaux sociaux. Le chef du gouvernement a fait acte de contrition dimanche soir. "J'avais l'intention d'offrir mon soutien moral (...) mon expression a peut-ĂȘtre Ă©tĂ© mal comprise ou a mis beaucoup de gens mal Ă  l'aise", a-t-il postĂ© sur sa page Facebook. "Nous sommes tous attristĂ©s par ce qui s'est passĂ©", a-t-il ajoutĂ©.
AFP

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