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Tunisie: les forces de l'ordre ratissent une région proche de la Libye

  • PubliĂ© le 8 mars 2016 Ă  12:06
Les forces de l'ordre tunisiennes devant l'hĂŽpital de Ber Guerdane, dans le sud-est du pays, prĂšs de la Libye, le 7 mars 2016

Les forces de l'ordre tunisiennes ratissaient mardi la région de Ben Guerdane, proche de la Libye, théùtre la veille d'attaques jihadistes coordonnées sans précédent, a indiqué à l'AFP le ministÚre de l'Intérieur.


"L'opĂ©ration sĂ©curitaire, policiĂšre et militaire se poursuit. Le ratissage continue", a dĂ©clarĂ© son porte-parole Yasser Mesbah, prĂ©cisant que dans la ville de Ben Guerdane mĂȘme la "la situation est stable".
Lundi à l'aube, des jihadistes avaient attaqué une caserne de l'armée, un poste de police et un poste de la garde nationale (gendarmerie) tunisiennes à Ben Guerdane, une ville de 60.000 habitants proche de la frontiÚre avec la Libye.
Selon un bilan officiel encore provisoire, 36 jihadistes et 11 membres des forces de l'ordre (six gendarmes, trois policiers, un douanier et un soldat) ont péri. Sept civils ont également été tués dans des circonstances non précisées.
Le chef du gouvernement Habib Essid tient une conférence de presse dans la matinée sur ces attaques. Lundi, il avait affirmé que leur but était d'établir "un émirat" du groupe Etat islamique (EI) à Ben Guerdane, tandis que le président Béji Caïd Essebsi a évoqué une attaque "sans précédent, coordonnée".
Les autorités ont aussi annoncé avoir saisi d'"importantes quantités" d'armes de guerre et de munitions.
Le nombre total de jihadistes impliquĂ©s n'est pas connu, tout comme leur identitĂ©, mais les autoritĂ©s ont soulignĂ© que sept d'entre eux avaient Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s.
Un couvre-feu nocturne a été décrété à Ben Guerdane, qui "a été respecté" selon M. Mesbah.
La Tunisie est confrontée depuis sa révolution de 2011 à l'essor d'une mouvance jihadiste responsable de la mort de dizaines de policiers et de soldats ainsi que de touristes.
Ces attaques simultanĂ©es contre des installations sĂ©curitaires, d'ampleur inĂ©dite, interviennent moins d'une semaine aprĂšs de premiers heurts armĂ©s dans cette mĂȘme rĂ©gion.
Tunis, qui compte plusieurs milliers de ressortissants dans les rangs d'organisations jihadistes Ă  l'Ă©tranger, exprime rĂ©guliĂšrement son inquiĂ©tude Ă  propos de la Libye, oĂč le chaos politique depuis la chute du dictateur Mouammar Kadhafi a permis l'essor de l'EI.

Par Anne-Laure MONDESERT, Jean-François GUYOT - © 2016 AFP
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