Actualités du monde

Turquie: nouvelle vague de purges, des milliers de limogeages

  • PubliĂ© le 7 janvier 2017 Ă  11:19
Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'un discours le  20 décembre 2016 à  Istanbul

Les autorités turques ont limogé plus de 6.

000 personnes et fermĂ© des dizaines d'associations supplĂ©mentaires dans le cadre des enquĂȘtes ouvertes aprĂšs le putsch manquĂ© en juillet, selon trois dĂ©crets-lois parus au Journal officiel dans la nuit de vendredi Ă  samedi.
Dans le détail, 2.687 policiers, 1.699 fonctionnaires du ministÚre de la Justice, 838 de celui de la Santé et des centaines d'employés d'autres ministÚres, ainsi que 631 universitaires et 8 membres du Conseil d'Etat ont été limogés par ces décrets.
Ceux-ci annoncent par ailleurs que les ressortissants turcs se trouvant Ă  l'Ă©tranger pourront ĂȘtre dĂ©chus de leur nationalitĂ© s'ils ne rentrent pas dans les trois mois suivant leur convocation par les autoritĂ©s.
Plus de 80 associations accusées d'"activités portant atteinte à la sûreté de l'Etat" ont par ailleurs été fermées.
Ces mesures sont prises dans le cadre de l'Ă©tat d'urgence instaurĂ© aprĂšs la tentative de putsch du 15 juillet. Les autoritĂ©s turques accusent Fethullah GĂŒlen, un prĂ©dicateur exilĂ© aux Etats-Unis, d'avoir ourdi le coup de force, ce que l'intĂ©ressĂ© dĂ©ment.
Depuis le coup d'Etat manquĂ©, plus de 41.000 personnes ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©es en Turquie et plus de 100.000 limogĂ©es ou suspendues, notamment des professeurs, policiers et magistrats.
D'une ampleur inédite en Turquie, ces purges suscitent l'inquiétude des partenaires occidentaux d'Ankara et d'organisations de défense des droits de l'Homme qui redoutent que l'état d'urgence, prolongé cette semaine de trois mois supplémentaires, ne serve de prétexte pour réprimer toute voix dissidente.
Les autorités turques affirment pour leur part que ces mesures d'exception sont nécessaires pour éliminer les risques de sédition et faire face à la double menace "terroriste" du groupe Etat islamique (EI) et du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).
Le pays a été frappé cette semaine par deux attentats, l'un revendiqué par l'EI contre une discothÚque d'Istanbul (39 morts) et l'autre attribué par les autorités au PKK à Izmir (ouest, deux morts).

- © 2017 AFP
guest
0 Commentaires