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Uber plus que jamais sur la sellette en Europe

  • PubliĂ© le 5 octobre 2015 Ă  09:25
Une inscription "A mort Uber" sur un mur prĂšs de la Porte Maillot Ă  Paris, le 25 juin 2015

Perquisitions, procĂšs, interdictions.

.. le gĂ©ant des vĂ©hicules de transport avec chauffeurs, Uber, est plus que jamais dans le collimateur des autoritĂ©s dans de nombreux pays d'Europe. MalgrĂ© ces obstacles, le groupe amĂ©ricain reste stoĂŻque et n'entend pas s'arrĂȘter lĂ .
FondĂ© en 2009, Uber a rĂ©volutionnĂ© le transport de personnes avec son application pour smartphone, et son service UberPop oĂč des particuliers proposent des courses, Ă  la maniĂšre d'un taxi, dans leur propre vĂ©hicule. Le groupe est aujourd'hui valorisĂ© Ă  50 milliards de dollars.
Mais il s'est en mĂȘme temps attirĂ© les foudres des sociĂ©tĂ©s de taxis traditionnels, qui crient Ă  la concurrence dĂ©loyale, et de plus en plus de pays veulent donner un coup d'arrĂȘt Ă  ses activitĂ©s.
Le Premier ministre Manuel Valls a ainsi accusé cet été le groupe californien de pratiquer "la loi de la jungle (...) avec un esclavagisme qui serait celui des temps modernes" car Uber ne salarie pas ses conducteurs.
De l'autre cÎté de l'Atlantique, c'est l'argument de l'emploi qu'a mis en avant la présidente brésilienne Dilma Rousseff. "Uber fait perdre des emplois à de nombreuses personnes", a-t-elle jugé, tout en reconnaissant la dimension "technologique" des services proposés.
Depuis septembre, les revers s'accumulent sur le Vieux continent.
La France vient de confirmer l'interdiction d'UberPop. Un mouvement de taxis européens anti-Uber a récemment organisé une manifestation à Bruxelles, paralysant la capitale européenne. A Amsterdam, les bureaux du géant américain ont été perquisitionnés et à Londres, un projet de réglementation risque d'entraver son activité.
Face aux critiques, Mark MacGann, le responsable d'Uber pour l'Europe, est droit dans ses bottes. "Il n'y a pas de limites, répond-il. Nous sommes présents dans 60 pays, nous avons déjà vu cela des milliers de fois. Nous étions tout aussi controversés, il y a un an et demi voire deux ans aux Etats-Unis que nous le sommes aujourd'hui à Bruxelles, Barcelone ou Berlin."

- L'Europe, plus grand défi d'Uber -

La résistance des autorités en Europe reste toutefois le plus grand défi du groupe. "D'un point de vue réglementaire et politique, l'Europe est certainement plus difficile que les Etats-Unis", confirme à l'AFP Mark MacGann, qui a été pendant 20 ans lobbyiste.
Pour faire face, Uber a lancĂ© une vaste campagne de soutien via des pĂ©titions, comme il l'a fait fin septembre Ă  Bruxelles oĂč la justice lui a donnĂ© 21 jours pour faire cesser son service UberPop.
Il a également déposé des plaintes auprÚs de la Commission européenne contre la France, l'Allemagne et l'Espagne, faisant valoir que les efforts déployés par les gouvernements de ces pays pour l'interdire enfreignent la concurrence et le marché unique.
Les lois dans la plupart des pays d'Europe sont "obsolĂštes" face au modĂšle Uber, argue le responsable du groupe interrogĂ© par l'AFP. Sur ce point, l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie pourraient ĂȘtre, Ă  ses yeux, les plus difficiles Ă  conquĂ©rir.
PartagĂ©e entre l'intĂ©rĂȘt technologique et le flou rĂ©glementaire, la Commission europĂ©enne espĂšre de son cĂŽtĂ© mettre au point un projet de rĂ©gulation dĂšs cette annĂ©e.
"Certains Etats européens sont ouverts, d'autres se comportent de maniÚre restrictive. Cela ne correspond pas au marché commun. Nous avons besoin de rÚgles homogÚnes", a estimé récemment la commissaire responsable du dossier, la Polonaise Elzbieta Bienkowska.
Pour l'Asie, Uber reste trÚs "optimiste" avec un développement rapide.
En Inde, le groupe opÚre dans plus d'une quinzaine de villes, aprÚs des débuts laborieux à la suite du viol présumé d'une jeune cliente par un de ses chauffeurs. Signe que cette page est tournée, le conglomérat Tata a annoncé en août un investissement important dans Uber, sans en dévoiler le montant.
En Chine, Uber fait face à la concurrence du chinois Didi Kuaidi et est le numéro deux du secteur, avec 40% de parts de marché.
Malgré cela, il entend investir plus d'un milliard de dollars cette année dans l'Empire du Milieu, en voie de devenir son premier marché mondial.




Par Anne-Laure MONDESERT - © 2015 AFP
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