Crise

Ukraine: intense ballet diplomatique pour tenter de désamorcer la crise

  • PubliĂ© le 7 fĂ©vrier 2022 Ă  07:31
  • ActualisĂ© le 7 fĂ©vrier 2022 Ă  08:57
Des activistes pro-ukrainiens se rassemblent devant la Maison Blanche à Washington, le 6 février 2022

Le président français Emmanuel Macron reçu par Vladimir Poutine à Moscou, le chancelier allemand Olaf Scholz à Washington pour rencontrer Joe Biden: un intense ballet diplomatique s'ouvre lundi pour tenter de désamorcer la crise autour de l'Ukraine.

Les Occidentaux accusent Moscou d'avoir massé des dizaines de milliers de soldats à la frontiÚre de l'Ukraine en vue d'une potentielle invasion, ce que la Russie dément, affirmant vouloir seulement garantir sa sécurité.

Le prĂ©sident Macron, dont le pays assume la prĂ©sidence tournante de l'Union europĂ©enne, est attendu lundi Ă  Moscou vers 16h et la rĂ©union avec le prĂ©sident russe Vladimir Poutine pourrait durer une partie de la soirĂ©e. Elle se terminera par une confĂ©rence de presse commune, selon l'ÉlysĂ©e.

Emmanuel Macron et Vladimir Poutine sont décidés à "aller au fond des choses" lors de leur rencontre, en examinant les mesures de "désescalade" dans la crise aux frontiÚres de l'Ukraine, avait indiqué vendredi la présidence française.

Le prĂ©sident français s'est entretenu dimanche avec son homologue amĂ©ricain Joe Biden. Un Ă©change tĂ©lĂ©phonique de 40 minutes qui s'inscrit "dans une logique de coordination", selon la prĂ©sidence française, avant le dĂ©placement de M. Macron Ă  Moscou puis mardi Ă  Kiev, oĂč il doit rencontrer le prĂ©sident ukrainien Volodymyr Zelensky.

Durant le week-end, le chef de l'Etat français s'est également entretenu avec le Premier ministre britannique Boris Johnson, le chef de l'Otan Jens Stoltenberg et les dirigeants des trois pays baltes, le président lituanien Gitana Nauseda et les Premiers ministres letton Krisjanis Karins et estonien Kaja Kallas.

De son cÎté, le chancelier allemand Olaf Scholz, suspecté d'une certaine complaisance face à Moscou, se rend lundi à Washington pour sa premiÚre entrevue avec le président Joe Biden. Il rencontrera également les dirigeants des Etats baltes à Berlin cette semaine, avant de se rendre à Kiev le 14 février puis à Moscou le 15.

Avant de partir pour Washington, il a dĂ©clarĂ© dimanche que l'Allemagne Ă©tait prĂȘte Ă  envoyer des troupes supplĂ©mentaires dans les pays baltes. "Nous sommes prĂȘts Ă  faire tout ce qui est nĂ©cessaire pour renforcer" la prĂ©sence de l'Allemagne dans les opĂ©rations de l'OTAN dans les pays baltes, a dĂ©clarĂ© M. Scholz dans une interview Ă  la chaĂźne ARD.

Une telle décision pourrait intervenir lors d'une réunion des ministres de la Défense de l'OTAN à la mi-février.

M. Scholz, qui a succédé en décembre à Angela Merkel, a par ailleurs réitéré le refus de l'Allemagne d'envoyer des armes en Ukraine.

- Kiev relativise -

A Kiev, la journĂ©e diplomatique sera chargĂ©e Ă©galement : la ministre allemande de la DĂ©fense, Annalena Baerbock y est attendue lundi, de mĂȘme que les ministres des Affaires Ă©trangĂšres tchĂšque, Jan Lipavsky, slovaque, Ivan Korcok et autrichien, Alexander Schallenberg.

Les efforts diplomatiques européens interviennent dans un contexte de craintes croissantes que la Russie ne se prépare à envahir l'Ukraine.

Le Renseignement américain a averti que la Russie a déjà 70% du dispositif nécessaire à une invasion à grande échelle de l'Ukraine et pourrait disposer de capacités suffisantes, soit 150.000 hommes, pour lancer une offensive dans deux semaines, selon des responsables américains.

Kiev a tenté de relativiser ce risque notamment pour protéger sa fragile économie, encore affaiblie par le risque d'une invasion.

"Ne faites pas confiance Ă  des prĂ©visions apocalyptiques", a Ă©crit sur Twitter le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba. "L'Ukraine a une armĂ©e puissante, un soutien international sans prĂ©cĂ©dent" et "est prĂȘte Ă  tout dĂ©veloppement", a-t-il assurĂ©.

Le Renseignement américain n'a pas établi si Vladimir Poutine a pris la décision de passer à l'offensive ou non, les options variant d'une invasion partielle de l'enclave séparatiste du Donbass à l'invasion totale.

En cas d'invasion totale, les forces russes pourraient encercler Kiev et renverser le président Volodymyr Zelensky en 48 heures, selon des responsables américains.
Washington a décidé d'envoyer des renforts pour défendre les pays de l'Otan "contre toute agression" avec de premiers contingents de soldats américains arrivés samedi et dimanche en Pologne.

Le conseiller de la Maison Blanche pour la sécurité nationale, Jake Sullivan, a assuré que les Etats-Unis, qui ont déployé 3.000 militaires en renfort en Europe, n'ont pas envoyé ces troupes "pour déclencher une guerre" contre la Russie en Ukraine.

La Russie dément toute velléité d'invasion, affirmant vouloir seulement garantir sa sécurité.

Moscou a Ă©galement annoncĂ© des "manoeuvres militaires" conjointes avec le Belarus, oĂč elle a massĂ© plusieurs bataillons au nord de Kiev et dans la rĂ©gion de Brest, non loin de la frontiĂšre polonaise.

Moscou considÚre qu'un apaisement des tensions autour de l'Ukraine ne sera possible que si l'OTAN renonce à sa politique d'élargissement et quitte le voisinage de la Russie, exigence unanimement rejetée par l'Alliance de l'Atlantique Nord.

AFP

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