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Un catamaran-laboratoire pour découvrir les "low tech" autour du monde

  • PubliĂ© le 22 fĂ©vrier 2016 Ă  01:07
L'ingĂ©nieur Corentin de Chatelperron (g), l'experte en dĂ©veloppement Elaine Le Floch (c) et le directeur du projet de "laboratoire low tech" Pierre-Alain LĂ©vĂȘque le 20 fĂ©vrier 2016 Ă  bord du "Nomade des mers" Ă  quai Ă  Concarneau, dans le FinistĂšre

Réchaud à économie de bois, dessalinisateur solaire ou éolienne en matériaux de récupération: le Nomade des Mers, un catamaran-laboratoire de 14 m, quittera cette semaine Concarneau (FinistÚre) pour un tour du monde à la découverte de "low tech", ces objets issus du systÚme D, économes et non polluants.


"On s'est rendu compte qu'il y avait plein d'innovations un peu partout dans le monde qui permettent de rĂ©pondre Ă  des besoins de base et qu'on appelle les low tech", en opposition aux high tech trĂšs Ă©nergivores, explique Ă  l'AFP Corentin de Chatelperron, jeune ingĂ©nieur breton Ă  la tĂȘte du projet, tout en s'affairant aux derniers prĂ©paratifs Ă  bord du voilier.
"En revanche, il n'existe pas de vecteur de diffusion de ces savoir-faire techniques, ce qui veut dire que quand quelqu'un invente quelque part dans le monde un systĂšme comme ça, il y aura peut-ĂȘtre des millions de personnes qui en auront besoin mais qui n'en entendront jamais parler", poursuit l'aventurier, Ă  l'origine de la construction en 2013 au Bangladesh de Gold of Bengal, premier bateau au monde 100% en composite de fibre naturelle (alliage de fibre de jute et rĂ©sine).
"Il y a une vraie révolution à faire rien qu'en diffusant ces savoir-faire", assure Corentin de Chatelperron, qui dit compter sur internet pour propager ces connaissances "au potentiel énorme". L'ingénieur est aussi à l'origine de la plateforme de recherche collaborative Low-tech Lab (lowtechlab.org) qui propose 50 défis d'autonomie à résoudre. Une fois réalisés et testés les objets issus de ces défis sont partagés via des tutoriels vidéos en libre accÚs.
Olivier Guy, professeur de technologie au collĂšge Jean Gremillon de Saint-Clair-sur-Elle (Manche), a relevĂ© l'un de ces dĂ©fis avec ses Ă©lĂšves: animer via un pĂ©dalier diffĂ©rents outils fonctionnant Ă  l'origine avec de l'Ă©lectricitĂ©. EntiĂšrement construit Ă  partir d'objets de rĂ©cupĂ©ration, le systĂšme, embarquĂ© Ă  bord du catamaran, permet de faire fonctionner une perceuse, une meule, un gĂ©nĂ©rateur de courant - fabriquĂ© Ă  partir d'un moteur de lĂšve-vitre de voiture - et mĂȘme une machine Ă  coudre.
- PremiĂšre escale au Maroc -
"Pour les élÚves c'est une façon de développer ce sens pratique qui leur manque tant", explique Olivier Guy, qui aime aussi l'idée de "mettre à disposition de tous ce que chacun de nous sait faire sans aucune arriÚre-pensée mercantile".
Outre ce pédalier, le courant à bord du Nomade des Mers sera obtenu via deux éoliennes, une hydrolienne et des panneaux solaires. Quatre poules, des plantes cultivées en hydroponie -dans une solution d?eau et de nutriments -, des cultures de spiruline, une algue riche en protéine et vitamines, des bottes de foin pour décomposer le papier via des champignons comestible ou des vers de farine, pour leurs larves riches en protéines également, devraient permettre à l'équipage de se nourrir de maniÚre aussi autonome que possible.
Prévue pour durer trois ans, l'expédition débutera par une escale au Maroc pour y découvrir un systÚme de dessalinisateur solaire, puis se poursuivra au Sénégal pour y apprendre à construire une éolienne, génératrice comprise, en matériaux recyclés, mais également à fabriquer du charbon vert. Direction ensuite le Cap Vert, le Brésil, l'Afrique du Sud, le Mozambique, Madagascar, l'Inde, le Sri Lanka et la Malaisie, pour autant d'inventions ingénieuses.
Chaque nouveau systÚme découvert sera testé puis éventuellement installé à bord du catamaran, avant de faire l'objet d'une vidéo postée sur le site du Low-tech Lab.
"Il s'agit dans un premier temps de voir jusqu'Ă  quel point on peut-ĂȘtre autonome, de maniĂšre rĂ©aliste et accessible, Ă  trois dans un espace oĂč les ressources sont trĂšs limitĂ©es", explique Ă  l'AFP Elaine le Floch, chargĂ©e de l'organisation de l'expĂ©dition, qui fera l'objet d'une sĂ©rie documentaire sur Arte.
Le Nomade des Mers lÚvera l'encre mercredi, si la météo le permet, avec à sa barre, et jusqu'au Maroc, le navigateur Roland Jourdain, dont le fonds de dotation Explore soutient le projet.




Par Sandra FERRER - © 2016 AFP
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