Ils vont se rencontrer Ă  Paris

Un politique et un maréchal, principaux protagonistes de la crise en Libye

  • PubliĂ© le 25 juillet 2017 Ă  14:32
Le maréchal Khalifa Haftar (g) et le chef du gouvernement d'union nationale, Fayez al-Sarraj, le 31 janvier 2016 à Al-Marj

Le chef du gouvernement d'union nationale Fayez al-Sarraj et le maréchal Khalifa Haftar, qui se rencontrent mardi prÚs de Paris, sont les deux principaux protagonistes de la crise en Libye, pays plongé dans le chaos depuis la chute du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011.


Fayez al-Sarraj, ex-homme d'affaires qui peine à fédérer

Issu d'une grande famille conservatrice et aisée de Tripoli, cet architecte de formation s'est lancé tard dans la politique aprÚs avoir réussi dans le secteur public puis dans les affaires. Agé de 57 ans, élégant et moustachu, il était plutÎt méconnu hors de la capitale libyenne quand il a été nommé chef du gouvernement d'union (GNA) en décembre 2015.

Si son pÚre Mostafa a été l?un des pÚres fondateurs de la Libye indépendante en 1951, Fayez al-Sarraj n'a rejoint la politique qu'en juin 2014, en étant élu au Parlement. Ses vrais débuts politiques ont toutefois lieu en mars 2016, quand il arrive à Tripoli comme chef du GNA, avec une certaine audace et malgré l'opposition des autorités alors en place. Ce pÚre de trois filles, marié à une architecte, endosse un costume de leader politique et rallie alors des autorités économiques et politiques de la capitale.

Si un ami de jeunesse le dĂ©crit comme un homme dont "la bontĂ© ne l'empĂȘche pas d'ĂȘtre ferme et de dire ce qu'il pense", Fayez al-Sarraj a jusqu'Ă  prĂ©sent Ă©chouĂ© Ă  convaincre nombre d'acteurs de la crise libyenne de sa lĂ©gitimitĂ©. Il peine Ă  asseoir son autoritĂ© sur l'ensemble du pays et se heurte toujours Ă  l'opposition des autoritĂ©s basĂ©es dans l'Est, dont l'homme fort est le marĂ©chal Khalifa Haftar.

Depuis un an et demi, le principal succÚs de cet homme qu'un autre ancien camarade de jeunesse décrit comme "trÚs calme", a été la reprise de Sirte aux jihadistes du groupe Etat islamique grùce à des forces ralliées au GNA. Un succÚs militaire qui cache mal plusieurs échecs, dont la perte de terminaux pétroliers au profit de forces pro-Haftar ou l'incapacité à alléger les difficultés quotidiennes des Tripolitains.

En perte de vitesse, il a vu son rival Khalifa Haftar revenir dans le jeu libyen sans parvenir à rendre coup pour coup. Khalifa Haftar, le militaire qui se veut incontournable. L'homme fort de l'est libyen suscite admiration, notamment pour ses succÚs contre les islamistes, mais aussi rejet, ses rivaux l'accusant notamment de vouloir établir une nouvelle dictature militaire.

Khalifa Haftar aime se présenter comme un "sauveur"

Cheveux blancs contrastant avec ses sourcils noirs et sa fine moustache, M. Haftar, né en 1943, aime se présenter comme un "sauveur" de la Libye en rempart contre le terrorisme. Et la récente reprise annoncée de Benghazi (est) aux jihadistes, aprÚs plus de trois ans de combats meurtriers, n'a fait que renforcer l'aura du chef de l'autoproclamée armée nationale libyenne (ANL), spécialement dans sa Cyrénaïque natale.

Appuyé dans l'est libyen par un Parlement élu et un gouvernement parallÚle qui refusent l'autorité du GNA, il est sorti de l'ombre au début de la révolte contre le régime de Kadhafi en 2011 à laquelle il a pris part. Quatre décennies plus tÎt, ce soldat formé dans l'ancienne Union soviétique, avait adhéré au coup d'Etat militaire de 1969 qui avait renversé la monarchie et mené Kadhafi au pouvoir.

Fait prisonnier pendant la guerre libyo-tchadienne (1978-1987), il est alors lùché par Kadhafi, qui affirme qu'il ne fait pas partie de son armée.
Les Américains parviennent à le libérer, lors d'une opération qui reste aujourd'hui encore une énigme, et lui accordent l'asile politique. Il rejoint alors le mouvement de l'opposition libyenne à l'étranger.

AprĂšs plus de vingt ans d'exil, M. Haftar retourne en 2011 Ă  Benghazi, la grande ville de l'est libyen. Cette mĂȘme annĂ©e, peu aprĂšs la chute de Kadhafi, environ 150 officiers et sous-officiers le proclament chef d'Ă©tat-major. Promu marĂ©chal en 2016 par le chef du Parlement qui soutient les autoritĂ©s de l'est libyen, Haftar s'est rapprochĂ© de la Russie quand les Occidentaux soutenaient son rival Fayez al-Sarraj. "Il semble que les Ă©toiles commencent Ă  s?aligner en faveur de Haftar" remarquait en dĂ©but d'annĂ©e Mattia Toaldo, expert au Conseil europĂ©en des relations extĂ©rieures.

AFP

guest
0 Commentaires