Un sculpteur pakistanais transforme la ferraille en Ɠuvres monumentales

  • PubliĂ© le 22 mars 2026 Ă  02:56
Le sculpteur Ehtisham Jadoon à cÎté de son Optimus Prime, personnage du film Transformers, fabriqué à partir de ferraille devant son atelier situé à la périphérie d'Islamabad, le 12 février 2026 au Pakistan

Des gerbes d'Ă©tincelles jaillissent et le mĂ©tal gronde dans un atelier aux abords d'Islamabad, oĂč l'artiste pakistanais Ehtisham Jadoon assemble des piĂšces automobiles mises au rebut pour crĂ©er des Ɠuvres colossales inspirĂ©es des dinosaures et des films et sĂ©ries Transformers.

Dans l'atelier du sculpteur de 35 ans s'entassent rouages, chaßnes, enjoliveurs et piÚces de moteur, tandis que prennent forme ses imposantes créations: un lion à la criniÚre d'acier torsadé, un gigantesque Tyrannosaure et un monumental Optimus Prime tiré de l'univers de fiction Transformers.

"J'ai toujours été fasciné par les objets en métal", confie M. Jadoon à l'AFP aprÚs avoir achevé le personnage haut de plus de 4 mÚtres, sa plus grande réalisation à ce jour.

"Quand je vois du métal dans une casse, j'imagine les formes qu'il pourrait prendre."

Il a fallu des mois de soudure et de façonnage à M. Jadoon et son équipe pour donner naissance à cet Optimus Prime, dont plus de 90% des éléments proviennent de piÚces de véhicules abandonnées.

Les bras sont forgés à partir de ressorts et d'engrenages de motos, les épaules épousent la courbe de jantes automobiles, la colonne vertébrale est moulée à partir d'un réservoir de carburant et les genoux sont assemblés avec des chaßnes et des éléments de suspension.

MĂȘme ses yeux perçants sont rĂ©alisĂ©s Ă  partir de roulements automobiles, parachevant une sculpture Ă  la fois complexe et impressionnante.

- Puzzle -

"Chaque fois que je vois un objet, j'en visualise une forme", explique-t-il. "J'imagine un bloc prendre forme: il me suffit alors de compléter le puzzle et de lui donner vie."

Ancien pratiquant d'arts martiaux ayant travaillé dans la fabrication d'acier, M. Jadoon n'a jamais suivi de formation artistique et conçoit ses modÚles de maniÚre spontanée en travaillant.

Il confie à l'AFP devoir consulter un médecin presque chaque semaine en raison des étincelles touchant ses yeux et des brûlures marquant ses mains et ses bras.

Il assure toutefois que ce travail est le seul capable de canaliser l'énergie héritée de son entraßnement de combattant.

Le travail de M. Jadoon met principalement en scĂšne des gĂ©ants, des bĂȘtes et des formes puissantes, qu'il dĂ©crit comme le reflet d'une certaine agressivitĂ©.

"Définir l'anatomie et les proportions exige une visualisation sous plusieurs angles et des ajustements répétés", explique-t-il.

Chaque semaine, il parcourt les casses d'Islamabad, fouillant des tonnes de ferraille à la recherche de piÚces correspondant à son imagination et destinées à devenir sculptures.

"Ce qui était un déchet pour nous devient quelque chose de précieux entre ses mains", souligne Bostan Khan, propriétaire d'une casse. "C'est incroyable à voir."

AFP

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