Une premiĂšre

Une école publique pour les transgenres ouvre au Pakistan

  • PubliĂ© le 10 juillet 2021 Ă  20:34
  • ActualisĂ© le 11 juillet 2021 Ă  07:26
Une classe dans la premiÚre école publique transgenre au Pakistan, le 8 juillet 2021 à Multan

Le Pakistan vient d'ouvrir sa premiÚre école financée sur fonds publics destinée aux femmes transgenres, souvent ostracisées dans les écoles habituelles de ce pays conservateur.

Les femmes transgenres sont considĂ©rĂ©es comme un troisiĂšme sexe en Asie du Sud-Est et leur communautĂ© existe depuis des centaines d'annĂ©es au Pakistan oĂč elles sont nommĂ©es "Khawaja Sira". Beaucoup sont rejetĂ©es par leur famille ou la sociĂ©tĂ© et doivent gagner leur vie en dansant, mendiant ou comme travailleuses du sexe.

Murad Raas, le ministre de l'Education de la province ddu Pendjab oĂč est situĂ©e l'Ă©cole, s'est engagĂ© Ă  a fournir "une Ă©ducation pour chacun" en annonçant l'ouverture de cette Ă©cole cette semaine dans la ville de Multan. L'Ă©cole, oĂč les enseignants seront Ă©galement transgenres, propose des cours l'aprĂšs-midi et des formations professionnelles.

Selon l'une des Ă©lĂšves, appelĂ©e Baby Doll et ĂągĂ©e d'une vingtaine d'annĂ©es, l'attitude des professeurs et du personnel dans les institutions scolaires qu'elle a frĂ©quentĂ©es auparavant s'avĂ©rait dĂ©rangeante. "Les garçons nous embĂȘtaient et se conduisaient mal avec nous", se souvient-elle.

"Nous essayons de réparer la déconnexion vis-à-vis de l'éducation" que connaissent les personnes transgenres, explique Hina Chaudhary, une responsable du ministÚre de l'Education au Pendjab qui prévoit d'ouvrir d'autres écoles similaires.

La communautĂ© transgenre est trĂšs active au Pakistan, oĂč une Ă©cole religieuse islamique rĂ©servĂ©e aux transgenres a ouvert plus tĂŽt cette annĂ©e Ă  Islamabad. Cette communautĂ© continue pourtant d'ĂȘtre stigmatisĂ©e et de subir des agressions.

Traditionnellement, les transgenres sont appelĂ©es pour effectuer des rites tels que la bĂ©nĂ©diction de nouveaux nĂ©s ou pour animer des fĂȘtes de mariage et des soirĂ©es.

"Les gens nous voient comme une forme de divertissement quand nous sortons", dit une autre Ă©lĂšve, Hania Henny. "Mais dans cette Ă©cole, le personnel est extrĂȘmement poli. La diffĂ©rence entre la vie Ă  l'Ă©cole et celle Ă  l'extĂ©rieur est qu'ici nous nous sentons dĂ©tendues".

 AFP

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