Une femme française de 73 ans résidant au Brésil a été tuée par son compagnon et son corps a ensuite été brûlé dans une valise laissée sur la voie publique, a indiqué mardi à l’AFP le commissaire chargé de l’enquête.
Selon les informations préliminaires des enquêteurs, le meurtre a eu lieu le dimanche 8 mars, dans l’appartement de cette septuagénaire, médecin à la retraite, à Joao Pessoa, capitale de l’Etat brésilien de Paraiba (nord-est).
Le commissaire Thiago Cavalcanti a dit qu’il n’était "pas encore possible d’établir si le crime a été prémédité".
L’expertise médico-légale n’est pas achevée, mais le médecin légiste, Flavio Fabres, a rapporté à l’AFP que la mort avait été provoquée par "des lésions au thorax (...) causées par un objet contondant, probablement un couteau".
Deux jours après l’avoir tuée, son compagnon, un homme de 59 ans, a placé son corps dans une grande valise. Des caméras de surveillance le montrent en train de sortir de l’immeuble, dans un quartier aisé de Joao Pessoa, avec cette valise.
Il a ensuite payé un sans-abri "pour qu’il la brûle" en pleine rue, a détaillé le commissaire.
Le 12 mars, alors que la police venait de solliciter un mandat d’arrêt contre le compagnon de la septuagénaire, ce dernier a été retrouvé mort "égorgé".
Une des hypothèses retenues par les enquêteurs est qu’il aurait été tué par des membres d’une faction criminelle implantée dans le secteur, "en représailles pour avoir attiré la police" dans le quartier où le corps de la Française a été brûlé, a expliqué le policier.
Le commissaire Cavalcanti a dit avoir contacté les autorités françaises, ajoutant qu’elles lui avaient fait savoir que les démarches allaient être menées pour retrouver d’éventuels proches de la victime.
Le consulat de France à Recife n’a pas répondu dans l’immédiat aux sollicitations de l’AFP.
La victime résidait au Brésil depuis plusieurs années. Quand elle a rencontré son compagnon, "il vivait dans la rue et vendait de l’artisanat", a raconté le commissaire.
"Durant la pandémie (de Covid-19), vers 2020, ils se sont rapprochés et ont vécu en couple chez elle", a-t-il indiqué.
Selon les premiers éléments de l’enquête, cette relation s’est détériorée "car il a commencé à consommer récemment des stupéfiants".
D’après le responsable policier, cet individu a décidé de se débarrasser du corps après qu’"une voisine s’est plaint d’une odeur de putréfaction" venue de l’appartement.
"Il a marché pendant environ une demi-heure avec la valise, mais a dû l’abandonner dans la rue quand une roulette s’est cassée", a-t-il poursuivi.
"Il est ensuite revenu trois heures plus tard, à vélo, portant un bidon d’alcool", et a "offert 40 réais (environ 7 euros) à un sans-abri" pour qu’il brûle la valise.
Ce sans-abri est encore recherché par la police.
AFP
