Affaire Benalla

Une nouvelle enquĂȘte ouverte sur un contrat avec un oligarque russe

  • PubliĂ© le 8 fĂ©vrier 2019 Ă  01:31
  • ActualisĂ© le 8 fĂ©vrier 2019 Ă  07:44
Alexandre Benalla lors de son audition par la commisison d'enquĂȘte sĂ©natoriale, le 21 janvier 2019 Ă  Paris

AprĂšs les violences du 1er mai et l'imbroglio autour des passeports diplomatiques, l'inextricable affaire Benalla prend un nouveau tournant judiciaire: le parquet financier a ouvert une enquĂȘte sur un contrat signĂ© avec un sulfureux oligarque russe.

Le parquet national financier (PNF) a confirmĂ© jeudi l'ouverture de cette enquĂȘte rĂ©vĂ©lĂ©e par Mediapart, sans plus de commentaires.

Au mĂȘme moment, Matignon a annoncĂ© Ă  l'AFP la dĂ©mission de la cheffe du groupe de sĂ©curitĂ© du Premier ministre (GSPM), prise dans la tourmente de cette affaire qui n'en finit plus de rebondir. Dans la foulĂ©e, le ministĂšre des ArmĂ©es a annoncĂ© Ă  l'AFP la suspension du compagnon de cette derniĂšre, un militaire, soupçonnĂ© d'ĂȘtre Ă©galement mouillĂ© dans le dossier.

Selon Mediapart, les investigations du PNF ont Ă©tĂ© ouvertes, Ă  une date non prĂ©cisĂ©e, pour "corruption" et concernent un contrat signĂ© entre Mars, la sociĂ©tĂ© de Vincent Crase - ex-employĂ© de LREM et gendarme rĂ©serviste - et l'oligarque russe Iskander Makhmoudov, qui aurait Ă©tĂ© "nĂ©gociĂ©" par l'ancien conseiller d'Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, "du temps oĂč il Ă©tait Ă  l'ElysĂ©e".

Le journal en ligne avait révélé l'existence de ce contrat le 17 décembre, affirmant que M. Makhmoudov avait rémunéré M. Crase 294.000 euros le 28 juin 2018. Le contrat, qui "prévoyait la protection des biens immobiliers en France de l'homme d'affaires, et de sa famille à Monaco" selon Mediapart, avait été sous-traité à la société Velours, ancien employeur de M. Benalla.
A la tĂȘte de la "SociĂ©tĂ© miniĂšre et mĂ©tallurgique de l'Oural" (UGMK), M. Makhmoudov est prĂ©sentĂ© par la justice espagnole, avec laquelle il a eu maille Ă  partir, comme faisant partie de l'organisation criminelle russe IzmailovskaĂŻa.

Le 21 janvier, M. Crase avait affirmé devant le Sénat avoir travaillé pour cet oligarque russe une fois parti de l'Elysée, et sans l'aide d'Alexandre Benalla, mis en examen comme lui pour des violences sur des manifestants le 1er mai 2018.
Mais selon Mediapart, les discussions autour du contrat ont commencé "dÚs l'hiver 2017" et "se sont accélérées en juin" 2018.
Alexandre Benalla "a rencontré à plusieurs reprises le représentant de l'oligarque en France, l'homme d'affaires Jean-Louis Haguenauer", écrit le site.
"On peut imaginer des Ă©ventuelles surfacturactions de contrat qui peuvent cacher plus que des prestations de sĂ©curitĂ©", a commentĂ© auprĂšs de l'AFP le journaliste Fabrice Arfi, co-responsable des enquĂȘtes de Mediapart. "La dissimulation par Benalla de son implication laisse aussi planer le soupçon".
Les avocats de M. Benalla et de M. Makhmoudov étaient injoignables jeudi soir pour commenter ces informations.

Démission

Ce contrat a été évoqué dans une conversation entre M. Benalla et M. Crase enregistrée le 26 juillet et dont des extraits ont été publiés le 31 janvier par Mediapart.
Les deux hommes envisageaient alors de mettre en place un nouveau montage financier pour le contrat.
"Une discrÚte société, +France Close Protection +, voit le jour le 16 octobre", affirme Mediapart, précisant qu'elle est dirigée par "un ancien militaire qui travaillait sur le contrat pour Velours". Elle aurait employé M. Benalla à partir de novembre.
La révélation de cet enregistrement a suscité un nouveau rebondissement dans l'affaire, aboutissant à la démission jeudi de la cheffe du groupe de sécurité du Premier ministre (GSPM), Marie-Elodie Poitout, afin d'"écarter toute polémique".

AprÚs la publication des extraits sonores par Mediapart, des journalistes ont en effet tenté de vérifier auprÚs de Matignon des rumeurs selon lesquelles cette conversation avait été enregistrée au domicile de cette derniÚre.
Dans une lettre datée du 1er février et obtenue par l'AFP, les services du Premier ministre expliquaient au Parquet de Paris avoir questionné la cheffe du GSPM sur cette rencontre.
Celle-ci a alors expliqué avoir rencontré M. Benalla fin juillet, avec son compagnon Chokri Wakrim, à leur domicile, mais assuré ne pas connaßtre M. Crase.
Selon une source proche du dossier, c'est sur la base de ce courrier que le parquet a ouvert une enquĂȘte et tentĂ© lundi de perquisitionner les locaux de Mediapart, pour se faire remettre les enregistrements, une initiative vivement dĂ©noncĂ©e par le site d'information, plusieurs mĂ©dias et l'opposition comme une atteinte au secret des sources des journalistes.

Matignon n'a donné "aucune instruction" au parquet de Paris au sujet de cet enregistrement révélé par Mediapart, a assuré le Premier ministre Edouard Philippe dans une interview à Paris-Normandie à paraßtre vendredi.
Suspendu "à titre conservatoire" mercredi, le sergent-chef Chokri Wakrim, compagnon de Mme Poitout, aurait aurait été "sollicité par Alexandre Benalla pour travailler sur le fameux contrat russe" selon Libération. Il a déjà été entendu par la Direction du renseignement et de la Sécurité de la Défense (DRSD), a précisé une source bien informée à l'AFP, confirmant des informations du magazine Valeurs actuelles.

AFP

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2 Commentaires
Titi974
Titi974
7 ans

Il e pense quoi moÃ'sssiiiieur Aiel ? Il lave toujours plus blanc le monsieur propre.

Hugo974
Hugo974
7 ans

On n'en finit plus ! Si on l'avait mis au gnouf depuis un moment on aurait déja su !que nous réserve encore cet énergumÚne qui est en train de trainer la république dans la boue ?Décidément Macron vous avez mal choisi vos "amis". Et puis cette tendance de Macron de "protéger" cet homme. Il doit y avoir des vertes et des pas mÃ"res encore je pense !