Déconfinement

Une partie de l'Europe redécouvre le plaisir du shopping

  • PubliĂ© le 12 mai 2020 Ă  00:18
  • ActualisĂ© le 12 mai 2020 Ă  05:08
File d'attente devant un magasin de vĂȘtements Ă  Bruxelles, le 11 mai 2020

L'une est venue s'acheter un eyeliner, l'autre se faire tailler la barbe et un troisiÚme chercher un livre de philo: de Bruxelles à AthÚnes en passant par Istanbul, des milliers d'ex-confinés ont retrouvé leurs boutiques ou leurs salons de coiffure préférés.

La deuxiĂšme phase du dĂ©confinement, synonyme de rĂ©ouverture des commerces, est entrĂ©e en vigueur lundi dans plusieurs pays europĂ©ens dont la GrĂšce, la Turquie et la Belgique, oĂč des files d'attente Ă©taient visibles avant l'ouverture devant des enseignes de vĂȘtements.

A Bruxelles, ce nouvel assouplissement des mesures, dĂ©cidĂ©es Ă  la mi-mars pour lutter contre le coronavirus, a Ă©tĂ© marquĂ© par une grĂšve surprise qui a perturbĂ© les transports en commun, bus et tramways. Une partie des conducteurs n'a pas pris son service, jugeant insuffisantes les mesures de protection mĂȘme si les voyageurs sont obligĂ©s de porter un masque.

DĂšs 9h00 locales (07h00 GMT) des files d'attente se sont formĂ©es devant plusieurs enseignes de vĂȘtements et d'articles sportifs de la Rue Neuve, grande artĂšre commerçante du centre-ville de la capitale belge.

Des barriÚres ont été installées au milieu de cette rue piétonne pour séparer les sens de circulation des clients.
Devant la librairie "Tropismes", dans les galeries royales, un professeur de français attend l'ouverture prĂ©vue Ă  11H00 pour acheter un livre du philosophe Henri Bergson. "Pendant le confinement, je suis tombĂ© sur une confĂ©rence de Bergson oĂč il dĂ©crivait l'Allemagne au dĂ©but de la guerre, comme on parle de la Chine aujourd'hui", explique Julien Fang, 38 ans.

- "La vie a repris" -

En GrÚce, c'était l'heure de la réouverture de tous les magasins de détail sauf les centres commerciaux, une exception qui ne concerne pas la Belgique.
Dans la rue commerçante Ermou, dans le centre d'AthÚnes, les magasins ont levé leurs rideaux et "la vie a repris", se réjouissaient des professionnels du secteur, cités à la télévision publique Ert.

"J'ai besoin d'un jeans. Je fais beaucoup de vĂ©lo depuis deux mois et je n'ai qu'un jeans usĂ©", a expliquĂ© de son cĂŽtĂ© Brigitte Szekely, une Bruxelloise de 61 ans patientant devant un magasin de vĂȘtements du quartier d'Ixelles.

A Stockel, autre quartier de Bruxelles, limitrophe de la Flandre, une maman s'est précipitée à l'ouverture pour acheter des chaussures pour son fils de 2 ans et demi. "Je n'en ai plus à sa taille, pendant le confinement il a mis les chaussures de ses grands frÚres", a raconté Deborah Aragon, accompagnée de son fils en poussette.

A Istanbul, le carnet de rendez-vous du barbier Sadettin Celikcioglu, qui a rouvert lundi dans le quartier Nisantasi, est rempli jusqu'au soir.
"Lors de cette crise, certains ont demandé à leurs femmes de tailler leur barbe, d'autres ont acheté des tondeuses . Mais personne ne peut exercer notre profession. C'est l'une des plus difficiles", se félicite Sadettin dans un sourire.

"Nous avons des rendez-vous jusqu'Ă  ce soir. Demain c'est la mĂȘme chose. Nous sommes quatre barbiers dans le salon et nous allons travailler par roulement", ajoute-t-il.

Dans un salon de coiffure du mĂȘme quartier, Inci reconnaĂźt s'ĂȘtre prĂ©cipitĂ©e lundi matin pour qu'on lui "refasse une beautĂ©". "Je suis une cliente rĂ©guliĂšre et j'ai confiance dans les mesures d'hygiĂšne qui ont Ă©tĂ© prises", enchaĂźne-t-elle.

A Bruxelles, mĂȘme plaisir pour Nathalie qui attend, masque sur la bouche, de s'acheter un eyeliner aprĂšs avoir "arrĂȘtĂ© le maquillage pendant les deux mois de confinement", tandis que dans le quartier de Stockel, Ornella, Ă©lĂ©gant masque rouge et gris sur le visage, est "venue pour acheter de la crĂšme pour le corps".

Devant tous les commerces de Belgique, les clients sont censés respecter une distance d'1,50 mÚtre. Il faut dans le magasin "un seul client par 10 m2 pour 30 minutes maximum", selon la réglementation. Des marquages ont été réalisés au sol et les policiers sont trÚs présents pour s'assurer du respect des rÚgles.

Enfin, dans le centre-ville de Bruxelles, la vitesse a été limités à 20 km/h pour une période test de trois mois. L'objectif est de permettre aux piétons d'emprunter la chaussée afin de faciliter les mesures de distanciation.

AFP

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