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Unis, les syndicats de cheminots veulent "mettre la pression" sur Matignon

  • PubliĂ© le 25 avril 2018 Ă  19:39
Combo réalisé le 5 avril 2018 rassemblant les secrétaires généraux de l'UNSA cheminots Roger Dillenseger (en haut à gauche), de la CFDT cheminots Didier Aubert (en haut à droite), de la CGT cheminots Laurent Brun (en bas à gauche) et de Sud Rail Eric Santinelli (en bas à droite) arrivant au ministÚre des Transports à Paris

Les syndicats de la SNCF ont affiché mercredi leur unité et leur volonté de "mettre la pression" sur le Premier ministre Edouard Philippe, en annonçant des rassemblements le 3 mai à Paris et en régions, quatre jours avant les rendez-vous de Matignon.


L'intersyndicale CGT-Unsa-SUD-CFDT se rĂ©unissait au lendemain de l'annonce par M. Philippe qu'il les recevrait, en mĂȘme temps que leurs responsables confĂ©dĂ©raux, le 7 mai en rĂ©unions bilatĂ©rales. Une invitation Ă  "mettre au crĂ©dit du rapport de force", a redit mercredi Laurent Brun (CGT-cheminots).
Le chef du gouvernement devra "clarifier" une réforme ferroviaire "brouillonne" et "trÚs idéologique", a résumé devant la presse le responsable du premier syndicat de la SNCF, depuis le siÚge de la CFDT-Cheminots à Saint-Denis.
"Nous n'imaginons pas que le Premier ministre nous convoque pour nous dire que rien ne changera et que les négociations sont closes", a-t-il poursuivi. Les syndicats veulent "avoir affaire à celui qui a le dossier en main" et "enfin" négocier "sur la base d'un projet viable" socialement et économiquement, a ajouté Erik Meyer de SUD-rail.
Pour eux, les rencontres à Matignon sont l'occasion de repartir d'une feuille blanche. Mais pas pour le gouvernement, qui présente l'événement comme la suite logique des concertations menées depuis deux mois.
"C'est la +phase deux+ qui va s'ouvrir le 7 mai Ă  Matignon, en prĂ©sence du Premier ministre et de la ministre des Transports (Élisabeth Borne) qui aura ensuite la responsabilitĂ© des suites de la discussion", a dĂ©clarĂ© le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, mercredi sur France Bleu Alsace.
L'exécutif écarte toute "reprise en main" du dossier SNCF par Matignon. Si Edouard Philippe s'implique, explique-t-il, c'est uniquement parce que les débats se focaliseront sur la question de la dette du groupe ferroviaire.
"On passe à une nouvelle étape avec notamment tout l'enjeu des équations financiÚres du secteur", a développé Mme Borne mercredi face à la presse. "Chacun est dans son rÎle et la réforme avance", a-t-elle répondu.
- "Good luck!" -
L'Etat s'est engagé à reprendre progressivement, à partir du 1er janvier 2020, une partie "substantielle" de la dette de SNCF Réseau, qui était de 46,6 milliards d'euros fin 2017 et continue de s'alourdir.
Les syndicats iront Ă  Matignon avec l'ambition de modifier cet ordre du jour.
Pour "mettre la pression sur le gouvernement" d'ici-là, ont-ils annoncé mercredi, des rassemblements seront organisés le 3 mai, à Paris et en régions. Une "journée sans cheminot" est aussi prévue le 14 mai si leurs revendications unitaires ne sont pas entendues.
Le jeudi 3 mai et le lundi 14 mai correspondent Ă  des jours oĂč la grĂšve Ă©tait dĂ©jĂ  prĂ©vue dans le cadre de la mobilisation menĂ©e par Ă©pisodes sur un rythme de deux jours tous les cinq jours.
"On ne baisse pas la garde", a prévenu Didier Aubert de la CFDT-Cheminots, alors que le président de l'Assemblée nationale François de Rugy (LREM) a invité mercredi les syndicats à "suspendre la grÚve".
La rĂ©forme ferroviaire, qui prĂ©voit notamment la transformation de la SNCF en sociĂ©tĂ© anonyme Ă  capitaux publics et l'arrĂȘt de l'embauche des cheminots au statut, est prĂ©sentĂ©e comme un marqueur de la politique d'Emmanuel Macron.
Dans un entretien accordé en anglais à la chaßne américaine Fox News, diffusé dimanche, le président a répété qu'il n'était "pas question" ("no chance") de revoir une réforme présentée comme indispensable.
"Le président a dit +no chance+, nous on lui dit +good luck+ (bonne chance, NDLR)!", a plaisanté Didier Aubert, évoquant une possible prolongation de la grÚve durant l'été.
Plus mesuré, Laurent Brun a répété que ce n'était pas à l'ordre du jour. Mais les cheminots "n'hésiteront pas, s'ils doivent en arriver là, à poursuivre plus longtemps que prévu", a-t-il prévenu.
Pour l'instant, "c'est le gouvernement qui se projette dans le maintien du conflit". "La balle est dans son camp", a-t-il conclu.

Par Ania TSOUKANOVA - © 2018 AFP
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