L'un à genoux, l'autre aux anges : trahi une fois de plus par son articulation vendredi, Rafael Nadal permet à Juan Martin Del Potro, longtemps martyrisé par ses poignets, de renouer avec la finale de l'US Open, théùtre de son unique sacre en Grand Chelem il y a neuf ans. Strappé à deux reprises sous le genou droit, une fois dans le premier set, une autre dans le second, le visage grimaçant, l'Espagnol, N.1 mondial et vainqueur sortant, a renoncé une fois mené deux manches à zéro (7-6 (7/3), 6-2) aprÚs deux heures de match.
En finale, Del Potro affrontera le Serbe Novak Djokovic, ex-N.1 mondial (6e), ou le Japonais Kei Nishikori (19e), opposés dans la seconde demi-finale.
"J'ai senti une pointe à 2-2, 15-0, dans le premier set. AprÚs, j'ai continué en espérant que ça s'améliore au fil du match. Mais ça n'a pas été le cas", a expliqué Nadal.
"Je ne pouvais pas courir, pas poser mes appuis, ni pousser au service, a-t-il énuméré. A la fin, ce n'était plus un match de tennis... Je déteste abandonner, mais au niveau physique et mental, c'était la décision la plus logique."
- Tendinite -
"Je ne crois pas que ce soit trĂšs grave, je pense que c'est la mĂȘme blessure que d'habitude, une tendinite, mais elle m'empĂȘche de jouer", a estimĂ© le Majorquin de 32 ans.
Cet abandon interroge sur la participation du N.1 mondial à la demi-finale de Coupe Davis entre la France et l'Espagne, dans une semaine à Lille (14-16 septembre). "Ce n'est pas ma préoccupation pour l'instant", s'est-il borné à répondre.
Nadal n'a sans doute pas été aidé par ses trois combats à rallonge aux tours précédents à New York, en particulier le dernier, cinq sets et prÚs de cinq heures face à l'Autrichien Dominic Thiem, N.9 mondial. Il avait montré des premiers signes de faiblesse au niveau de son articulation dÚs son troisiÚme tour face au Russe Karen Khachanov (22e).
Ce n'est pas la premiÚre fois que ses genoux lui jouent des tours. Le droit l'avait réguliÚrement handicapé entre 2008 et 2010 (forfait au Masters en 2008, à Wimbledon en 2009, abandon en quarts de finale de l'Open d'Australie en 2010), mais c'est le gauche qui l'avait forcé à écourter sa saison en 2012, dÚs Wimbledon, aprÚs son élimination au deuxiÚme tour.
- Persévérance récompensée -
La saison derniÚre, une fois assuré de finir l'année sur le trÎne du tennis mondial, l'Espagnol avait déclaré forfait au cours du Masters 1000 de Paris, puis n'avait joué qu'un seul match au Masters de fin d'année à Londres.
De retour en finale à Flushing Meadows neuf ans aprÚs y avoir soulevé son unique trophée en Grand Chelem, Del Potro a aussi connu son lot de blessures: N.4 mondial début 2014, le grand Argentin (1,98 m) est relégué au-delà de la 1000e place mondiale quand il revient à la compétition en février 2016, aprÚs deux années gùchées par trois opérations au poignet gauche entre mars 2014 et juin 2015.
Fort deux saisons plus tard du meilleur classement de sa carriĂšre - N.3 mondial - aprĂšs s'ĂȘtre offert au printemps son premier titre en Masters 1000 Ă Indian Wells, suivi d'une finale Ă Miami, "Delpo" est sur un petit nuage.
"Je n'arrive pas à croire que je vais avoir une autre chance de jouer une finale en Grand Chelem ici, dans mon tournoi préféré", s'est félicité le Sud-Américain.
"J'ai dû surmonter beaucoup, beaucoup de problÚmes pour en arriver là ", a-t-il rappelé.
Quand ses poignets ne le laissaient pas en paix, Del Potro, le moral en berne, avait mĂȘme envisagĂ© de dire adieu au tennis. VoilĂ sa persĂ©vĂ©rance rĂ©compensĂ©e.
- © 2018 AFP


