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US Open - Serena s'emporte contre l'arbitre, premiĂšre pour Osaka

  • PubliĂ© le 9 septembre 2018 Ă  09:16
  • ActualisĂ© le 9 septembre 2018 Ă  09:29
Serena Williams s'emporte contre l'arbitre Carlos Ramos lors de la finale dames de l'US Open, samedi Ă  New York.

"Menteur" et "voleur" : envolĂ© son rĂȘve de 24e couronne majeure, Serena Williams a perdu ses nerfs et s'est emportĂ©e contre l'arbitre en finale de l'US Open, faisant passer au second plan le sacre pourtant historique de la Japonaise Naomi Osaka (6-2, 6-4), samedi Ă  New York.

Tout a commencé quand la cadette des soeurs Williams (36 ans) a reçu un premier avertissement pour "coaching" en début de deuxiÚme set, à 1-0, 40-15, service Osaka.

"Je ne triche pas pour gagner, je préfÚre encore perdre", se défend-elle dans un premier temps auprÚs de l'arbitre de chaise, le Portugais Carlos Ramos, avant de lui en reparler au changement de cÎté suivant.
"C'est incroyable, je n'ai pas reçu de +coaching+. Je ne triche pas, je n'ai jamais triché de ma vie, je me bats pour ce qui est juste, vous me devez des excuses", lui lance-t-elle à plusieurs reprises, en colÚre.
Puis à 3-2, Serena reçoit un second avertissement pour avoir fracassé sa raquette aprÚs avoir été débreakée, ce qui lui vaut cette fois un point de pénalité.

"Vous m'avez volé un point"

"Vous attaquez ma personne. Vous avez tort. Vous n'arbitrerez plus jamais un de mes matches. Vous me devez des excuses. C'est vous le menteur", reprend-elle au changement de cÎté suivant (4-3 pour Osaka), toujours hors de ses gonds.
"Vous ĂȘtes un voleur. Vous m'avez volĂ© un point", accuse-t-elle. C'est Ă  ce moment-lĂ  que l'arbitre portugais lui inflige un rare jeu de pĂ©nalitĂ©, qui permet Ă  Osaka de mener 5-3.
Deux jeux plus tard, la star amĂ©ricaine, en larmes lors de sa discussion avec une responsable du tournoi Ă  mĂȘme le court lors du dernier changement de cĂŽtĂ©, s'incline et voit son rĂȘve d'Ă©galer le record absolu de titres en Grand Chelem dĂ©tenu par Margaret Court (24), s'envoler.
Revenue sur le circuit début mars six mois aprÚs avoir donné naissance à sa fille, Olympia, Serena avait déjà trébuché sur la derniÚre marche, en finale de Wimbledon il y a deux mois à peine, face à l'Allemande Angelique Kerber (4e).
"Il suppose que j'ai triché, et je n'ai pas triché", a-t-elle réaffirmé en conférence de presse, voyant une "décision sexiste" dans la sanction infligée par M. Ramos pour l'avoir qualifié de "voleur".

Si son entraßneur Patrick Mouratoglou a reconnu avoir fait un geste à l'intention de Serena, il a critiqué un manque de "psychologie" de l'arbitre.
"100% des coaches coachent sur 100% des matches, toute l'annĂ©e, et tout le monde le sait", a-t-il estimĂ©. "Dans 100% des cas que j'ai vus, on prĂ©vient d'abord la joueuse (que l'entraĂźneur doit arrĂȘter). Il ne l'a pas fait."

Cette série d'incidents a-t-elle pesé sur le cours du match ?
Naomi Osaka "jouait vraiment bien. Mais c'est difficile de dire que je n'aurais pas amélioré mon niveau, parce que je l'ai fait tellement de fois dans ma carriÚre", a jugé Serena.
Ce n'est pas la premiÚre fois que l'Américaine perd ses nerfs à l'US Open. En 2009 notamment, en demi-finale contre la Belge Kim Clijsters, elle avait menacé une juge de ligne qui venait de signaler une faute de pied de lui "enfoncer cette balle dans la gorge". Ca lui avait valu un point de pénalité, et le match.
Loin de toute cette agitation, Osaka (19e), imperturbable, a écrit une page d'histoire en devenant la premiÚre Japonaise, hommes et femmes confondus, à s'imposer en Grand Chelem, à vingt ans seulement.

Osaka imperturbable

"C'est toujours irrĂ©el. Peut-ĂȘtre que dans quelques jours je rĂ©aliserai", a confiĂ© la joueuse nippone, qui, entre le bruit venu du public et sa concentration, n'a "pas vraiment entendu qu'il se passait quelque chose".
Auteure d'un excellent début de match, pas impressionnée ni par sa prestigieuse adversaire - son idole - ni par l'enjeu, elle a pris les commandes de la partie avec beaucoup d'autorité, au service notamment poussant Serena à parcourir du terrain. Elle n'a pas non plus paniqué quand elle s'est fait breaker en début de deuxiÚme set. Au contraire, elle a immédiatement recollé au score, en profitant des largesses de l'ex-N.1 mondiale (deux doubles fautes consécutives).

Plus impressionnant encore, elle ne s'est pas laissée déstabiliser un instant par l'emportement spectaculaire de Serena.
Un coup de force pour la jeune Japonaise, qui disputait sa toute premiÚre finale en Grand Chelem, elle qui naviguait encore autour de la 70e place mondiale en début de saison et ne s'est révélée qu'au printemps, sur ciment américain déjà, en s'offrant son premier titre au prestigieux au tournoi d'Indian Wells.
"Je sais que tout le monde était pour Serena et je suis désolée que ça se termine comme ça", s'est excusée Osaka de sa voix fluette, les larmes aux yeux, au moment de recevoir son trophée.

"Ca a toujours Ă©tĂ© mon rĂȘve de jouer Serena en finale de l'US Open. Je suis vraiment reconnaissante d'avoir pu le faire, merci", a-t-elle adressĂ© timidement Ă  son adversaire.
"Elle a bien jouĂ©. C'est son premier titre en Grand Chelem. Faisons de ce moment le meilleur moment possible. Reconnaissons le mĂ©rite oĂč il y en a. Ne huons plus. FĂ©licitations Naomi", l'avait prĂ©cĂ©dĂ© Serena, elle aussi les yeux brillants, en invitant les spectateurs Ă  cesser leurs huĂ©es.
 

© 2018 AFP

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