Les Français vont pouvoir s'exprimer sur la vaccination et faire des propositions pour faire évoluer la politique vaccinale en France sur une plateforme accessible sur internet jusqu'au 13 octobre, dans le cadre de la "concertation citoyenne" organisée sur ce sujet par le gouvernement.
"La concertation citoyenne a pour objectif de mieux comprendre les inquiétudes, peurs et critiques qui subsistent à l'égard de la vaccination, afin d'apporter les réponses adéquates" a indiqué vendredi à l'AFP le Pr Alain Fischer qui co-préside le comité d'orientation de cette "concertation" annoncée en janvier dernier par la ministre de la santé Marisol Touraine.
La "concertation" a dĂ©butĂ© en mai-juin par deux enquĂȘtes d'opinion sur la vaccination (l'une auprĂšs du grand public et l'autre auprĂšs des professionnels de santĂ©) dont les rĂ©sultats n'ont pas encore Ă©tĂ© rendus publics. Elle s'est poursuivie cet Ă©tĂ© par la mise en place de deux jurys - un jury citoyen et un jury professionnel - ayant pour mission d'interroger des spĂ©cialistes, de dĂ©battre et d'Ă©mettre des avis.
Selon le Pr Fischer, les jurys se sont déjà réunis pendant trois jours en juillet et se revoient vendredi, samedi et dimanche, pour finaliser leurs avis qui seront remis au comité d'orientation. DerniÚre étape de la "concertation citoyenne", l'opinion du public sera recueillie jusqu'au 13 octobre sur un "espace participatif" accessible à l'adresse contrib.concertation-vaccination.fr.
Chaque citoyen est invitĂ© Ă exprimer son opinion, Ă titre individuel ou collectif. Parmi les contributions souhaitĂ©es, le comitĂ© mentionne des questions ou des avis sur la vaccination, des recommandations pour "amĂ©liorer la confiance dans la vaccination" et des recommandations pour "amĂ©liorer la couverture vaccinale". Selon une enquĂȘte internationale publiĂ©e la semaine derniĂšre par la revue EBioMedicine, la France est le pays europĂ©en qui a le plus de rĂ©ticences face aux vaccins, avec un Français sur quatre qui Ă©met des doutes sur la sĂ©curitĂ© des vaccins tandis que 17% doutent de leur efficacitĂ©.
Ces attitudes nĂ©gatives pourraient ĂȘtre le rĂ©sultat des controverses qui ont entourĂ© plusieurs vaccins ces derniĂšres annĂ©es, notamment le vaccin contre l'hĂ©patite B, les vaccins (Gardasil, Cervarix) contre les infections dues aux papillomavirus (HPV), Ă l'origine de cancers gĂ©nitaux, ou encore le vaccin contre la grippe pandĂ©mique A (H1N1) en 2009. "Nous attendons de nos propres enquĂȘtes une vision plus affinĂ©e" a commentĂ© pour sa part le Pr Fischer qui doit faire la synthĂšse des avis recueillis et remettre ses recommandations Ă la ministre de la santĂ©, "probablement au cours de la 2e quinzaine de novembre".
Par Sarah BRETHES - © 2016 AFP
