La maladie est qualifiée de menace sanitaire majeure

Variole du singe : symptĂŽmes, diagnostic, traitements, vaccins

  • PubliĂ© le 26 juillet 2022 Ă  15:21
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La flambée actuelle de variole du singe est désormais érigée en menace sanitaire majeure, depuis l'alerte maximale déclenchée samedi par le patron de l'Organisation mondiale de la santé pour tenter de la contenir. Voici un aperçu des symptÎmes de la maladie, qui comptabilise désormais plus de 16.000 cas dans le monde, des méthodes de diagnostic, traitements et vaccins.

‱ Quels sont les symptîmes

FiĂšvre, maux de tĂȘte, douleurs musculaires aiguĂ«s, fatigue inhabituelle, ganglions lymphatiques enflĂ©s et douloureux au niveau de la mĂąchoire, du cou ou de l'aine peuvent se manifester dans une premiĂšre pĂ©riode.

Dans une deuxiÚme période des lésions cutanées et muqueuses peuvent apparaßtre sur tout le corps.

Dans la flambée actuelle de variole du singe, les zones génitales, anales et buccales sont plus souvent affectées, avec des lésions apparaissant parfois avant les atteintes des ganglions, la fiÚvre, les malaises et les douleurs associées aux lésions, a rappelé l'OMS il y a deux jours.  D'un malade à l'autre, les symptÎmes sont cependant variables.

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AprÚs quelques jours ou semaines, les boutons se transforment en croûtes, lesquelles finissent par tomber et les lésions par cicatriser. Le malade est contagieux jusqu'à cicatrisation complÚte.

‱ Comment est Ă©tabli le diagnostic

La variole du singe est suspectĂ©e en cas d'exposition possible au virus dans les trois semaines suivant le contact avec un cas confirmĂ© ou probable, le retour d’un voyage dans un pays d’Afrique oĂč le virus est endĂ©mique, ou l'existence de partenaires sexuels multiples.

Dans la vague actuelle, dont l'Europe est l'épicentre, une large majorité des malades sont jusqu'alors des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, relativement jeunes, vivant essentiellement en ville, selon l'OMS.

Le diagnostic peut ĂȘtre difficile car les cas ne prĂ©sentent pas forcĂ©ment les symptĂŽmes habituels de la maladie et peuvent ressembler Ă  certaines infections sexuellement transmissibles, ont prĂ©venu plusieurs autoritĂ©s sanitaires.

Le mĂ©decin qui fait l'examen clinique va Ă©liminer d’autres maladies Ă  Ă©ruption cutanĂ©e comme la varicelle, le syndrome pieds-mains-bouche, un zona, la rougeole, les infections bactĂ©riennes cutanĂ©es, la gale, la syphilis, l'herpĂšs, les rĂ©actions cutanĂ©es des allergies.

La confirmation du diagnostic de variole du singe peut nécessiter une analyse notamment par test PCR. Le prélÚvement cutané (biopsie ou écouvillon en frottant plusieurs vésicules), et/ou nasopharyngé si la personne à une poussée éruptive dans la bouche ou la gorge, est privilégié.

En attendant de faire un test et d'en connaßtre les résultats, il faut s'isoler. Une fois l'infection confirmée, l'isolement recommandé est d'environ trois semaines.

On ignore si le virus peut se transmettre par le sperme et, si oui, combien de temps. Par précaution, le Centre européen de contrÎle des maladies recommande ainsi d'utiliser un préservatif 12 semaines aprÚs la guérison.

‱ Traitements et isolement

La maladie guérit le plus souvent spontanément, aprÚs deux à trois semaines, parfois quatre. Seul un traitement des symptÎmes, par exemple pour stopper la fiÚvre ou calmer les démangeaisons, est en général nécessaire.

Dans certains cas, les lésions sont trÚs douloureuses, comme le rapportent plusieurs témoignages, ce qui peut nécessiter des anti-douleurs voire une hospitalisation. Il est conseillé de ne pas gratter les lésions pour ne pas se réinoculer le virus ni garder de cicatrices, et de les couvrir pour limiter ces risques.

Chez certaines personnes, la maladie peut se compliquer d’une surinfection des lĂ©sions cutanĂ©es ou d’atteintes respiratoires, digestives, ophtalmologiques ou neurologiques. Au besoin, certains mĂ©dicaments antiviraux comme le tecovirimat, conçus notamment contre la variole, peuvent ĂȘtre utilisĂ©s.Les cas graves concernent plus souvent les enfants, les femmes enceintes, les immunodĂ©primĂ©s.

Pour le moment, aucune contamination n’a Ă©tĂ© signalĂ©e Ă  La RĂ©union. D’aprĂšs le dernier bilan de SantĂ© Publique France dĂ©livrĂ© le 19 juillet, la France compte prĂšs de 1.453 cas confirmĂ©s de variole du singe. Parmi ces cas, on retrouve en Martinique le premier patient atteint de la variole du singe

Aucun décÚs n'a été signalé à ce jour en Europe ou aux Etats-Unis.

‱ 15 personnes vaccinĂ©es Ă  La RĂ©union

Un vaccin anti-variolique de troisiĂšme gĂ©nĂ©ration de la sociĂ©tĂ© danoise Bavarian Nordic (Imvanex ou Jynneos, vaccin vivant ne se rĂ©pliquant pas dans l'organisme humain) peut ĂȘtre administrĂ© aux adultes, soignants compris, aprĂšs un contact Ă  risque mais aussi Ă  titre prĂ©ventif.

S'il est administré dans les quatre jours post-exposition, il peut avoir un effet protecteur important, selon le Centre européen de contrÎle des maladies. La Commission européenne a approuvé lundi l'extension d'un de ces vaccins à la variole du singe.

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A La RĂ©union, il est possible de se faire vacciner depuis le 16 juillet dernier, dans trois centres diffĂ©rents. Pour renforcer son dispositif de surveillance, l’Agence rĂ©gionale de santĂ© (ARS) a ausi mis en place un dispositif d’écoute pour rĂ©pondre aux questions suscitĂ©es par la maladie. Le public peut ainsi s'informer sur les symptĂŽmes, les traitements et les conduites, les gestes Ă  adopter.

A ce jour, 15 personnes se sont faites vaccinĂ©es sur l’üle, indique l’ARS interrogĂ©e par Imaz Press. "Une communication nationale est en cours depuis le lundi 11 juillet soit deux jours seulement aprĂšs l’élargissement de la vaccination proposĂ© par la HAS (Haute autoritĂ© de santĂ© - ndlr) le vendredi 8 juillet", poursuit l’ARS.  L'agence rĂ©gionale de santĂ© dit ensuite "confirmer que l’ensemble des personnes concernĂ©es par les indications de la Haute autoritĂ© de santĂ© pourront ĂȘtre vaccinĂ©es dans les semaines Ă  venir si elles le souhaitent".

L'ARS ne donne aucune indication sur les quantités de vaccins disponibles dans l'ßle. "Les vaccins contre la variole du singe font partie du stock stratégique et, pour la sécurité de tous, les informations liées à ce stock sont classifiées" indique-t-elle sobrement.

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‱ Pas de protection immĂ©diate ni totale

Dans certains pays (Etats-Unis, Royaume-Uni, Canada, France), une vaccination prĂ©ventive peut ĂȘtre proposĂ©e aux groupes les plus exposĂ©s au virus, dont les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. À New York, des milliers de personnes ont ainsi dĂ©jĂ  Ă©tĂ© vaccinĂ©es.

La vaccination s'effectue avec deux doses, espacées d'au moins 28 jours. Pour les personnes vaccinées contre la variole dans leur enfance, une dose suffit. Pour les immunodéprimés, une troisiÚme est conseillée.

Ces vaccins n'apportant pas une protection immédiate ni totale, les autorités sanitaires invitent à rester prudents aprÚs leur injection.

www.ipreunion.com avec l'AFP / [email protected]

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