Sans adversaire de poids, Laurent Wauquiez devrait ĂȘtre Ă©lu sans encombre en dĂ©cembre Ă la prĂ©sidence des RĂ©publicains mais ce tenant d'une "droite assumĂ©e" va devoir rassembler une famille fortement divisĂ©e et dĂ©boussolĂ©e par ses Ă©checs Ă©lectoraux du printemps.
Des six candidats à la candidature pour la présidence de LR -le scrutin est programmé le 10 décembre (et le 17 en cas de second tour)- seul le vice-président du parti est assuré de réunir les parrainages nécessaires.
Florence Portelli, qui a été porte-parole de François Fillon à la présidentielle, se veut pourtant plutÎt optimiste. "Je n'ai pas de problÚmes pour les parlementaires. Avec les adhérents, j'ai déjà plus de 1.000 parrainages. La dynamique est bonne. Si ça continue comme ça, j'aurai les signatures nécessaires", a-t-elle affirmé jeudi à l'AFP.
Mais pour Julien Aubert, le juppéiste Maël de Calan, Daniel Fasquelle et Laurence Sailliet, proche de Xavier Bertrand, la partie se révÚle autrement plus ardue: ils ont jusqu'au 11 octobre pour réunir les signatures de 13 parlementaires (5% des 251 députés, eurodéputés et sénateurs LR) et de 2.347 adhérents (1% du total), répartis sur 15 départements.
AprÚs Mme Sailliet, qui a saisi le 6 septembre la Haute autorité pour dénoncer une potentielle "inégalité" entre les candidats qui disposent ou non de la liste des adresses mails des adhérents, les députés Aubert (Vaucluse) et Fasquelle (Pas-de-Calais) tirent à leur tour la sonnette d'alarme.
"J'ai de moins en moins bon espoir", confie M. Aubert, qui ne dispose pour le moment que de "5 à 600 signatures" d'adhérents. "Pas de problÚme avec les parlementaires mais des signatures de militants, j'en ai moins de 1.000", affirme de son cÎté M. Fasquelle.
"Je suis trĂšs inquiet, la barre est mal placĂ©e", ajoute-t-il, en avançant plusieurs explications Ă cette rĂ©colte difficile: "le contexte, avec des militants groggy aprĂšs les dĂ©faites du printemps" et dont 70%, selon un enquĂȘte interne de LR, ne veulent plus entendre parler de primaire pour la prĂ©sidentielle ou toute Ă©lection locale, "et la façon dont c'est organisĂ©".
La collecte ayant démarré le 11 septembre, "on n'a qu'un seul mois pour tout rassembler", regrette le député, qui aimerait que la Haute autorité "repousse d'une semaine la date limite" de présentation des parrainages.
- 'Parrainer n'est pas soutenir' -
"On ne peut pas changer les rÚgles du jeu en cours de campagne, pour la Haute autorité, c'est inenvisageable", rétorque la direction du parti, qui assure néanmoins "faire une grosse campagne" auprÚs des adhérents, "dans le respect le plus total du devoir de neutralité": diffusion du formulaire de parrainage dans le magazine des Républicains, mini-vidéo dédiée pour le site et les réseaux sociaux, campagne d'affichage dans les fédérations...
"Parrainer n'est pas soutenir", tient à rappeler Bernard Accoyer, secrétaire général de LR.
"Le risque pour Les Républicains, s'il n'y a qu'un seul candidat, c'est de ressembler à la caricature que ses ennemis en font: un parti rétréci, verrouillé. Ce serait faire un cadeau à Emmanuel Macron et aux +Constructifs+", avertit M. Fasquelle.
"On prĂ©fĂ©rerait qu'il y ait plusieurs candidats mais on n'est pas arbitres" de l'organisation du scrutin, rĂ©plique-t-on dans l'entourage de M. Wauquiez. "A la Haute autoritĂ© de voir si les rĂšgles doivent ĂȘtre assouplies".
Qui alors pour contrecarrer les ambitions du président d'Auvergne-RhÎne-Alpes? Parmi les principaux contempteurs de sa ligne jugée "trop à droite", Xavier Bertrand, son homologue des Hauts-de-France, qui lui reproche de "courir aprÚs le FN", n'a pas voulu concourir.
Idem pour ValĂ©rie PĂ©cresse, dĂ©sormais Ă la tĂȘte, au sein de LR, de son propre mouvement, Libres!. La prĂ©sidente de la rĂ©gion Ile-de-France menace mĂȘme de quitter le parti si des "lignes rouges" sont franchies, notamment "la porositĂ© avec le FN".
S'il n'a pas d'adversaire pour le scrutin de décembre, le plus dur restera toutefois ensuite à faire pour Laurent Wauquiez: rassembler et remettre en ordre de marche sa famille politique dans la perspective d'une victoire de la droite à la présidentielle dans cinq ans.
Par Anne-Laure MONDESERT - © 2017 AFP


