Canada

Victorieux mais affaibli, Trudeau va devoir chercher des appuis

  • PubliĂ© le 22 octobre 2019 Ă  18:48
  • ActualisĂ© le 22 octobre 2019 Ă  18:57
Justin Trudeau célÚbre sa victoire avec ses partisans au Palais des CongrÚs de Montréal  le 21 octobre 2019

Réélu pour un second mandat mais sans majorité et sans panache, le Premier ministre canadien sortant Justin Trudeau doit s'atteler dÚs mardi à chercher l'appui de plus petits partis dont dépendra désormais sa survie politique.

Selon les résultats officiels, les libéraux de M. Trudeau ont remporté 157 des 338 siÚges en lice à la Chambre des communes. Dans l'assemblée sortante, ils disposaient d'une confortable majorité absolue de 177 siÚges.

Justin Trudeau va donc devoir composer avec un gouvernement minoritaire. Avant de lancer les consultations avec ses futurs alliĂ©s, M. Trudeau est allĂ© mardi matin Ă  la rencontre de MontrĂ©alais dans une station de mĂ©tro, se prĂȘtant de bonne grĂące comme Ă  son habitude au jeu des selfies, selon des images tĂ©lĂ©visĂ©es.

AprÚs avoir reçu dÚs lundi soir les félicitations de son allié américain Donald Trump, M. Trudeau a été salué mardi par Donald Tusk, le président du Conseil européen.
"Il y a une place spĂ©ciale dans nos coeurs europĂ©ens pour le Premier ministre Justin Trudeau", a-t-il Ă©crit, assortissant mĂȘme son tweet d'un Ă©moji en forme de coeur.

"Ce soir les Canadiens ont rejeté la division", avait triomphé dans la nuit de lundi à mardi le Premier ministre devant ses partisans à Montréal. Ils "ont rejeté les coupes et l'austérité et voté en faveur d'un programme progressiste et d'une action forte contre le changement climatique".

MĂȘme s'il sort affaibli de ces Ă©lections, le Premier ministre a fait lĂ©gĂšrement mieux que prĂ©vu par les sondages, qui le donnaient jusqu'Ă  peu avant le scrutin au coude-Ă -coude avec son rival conservateur Andrew Scheer.

Ce dernier a reconnu sa défaite et félicité son rival, bien que les conservateurs, qui finissent avec 121 siÚges, aient en fait remporté le vote populaire (34,4% des voix contre 33,1% pour les libéraux).

D'oĂč une mise en garde de M. Scheer au Premier ministre. "Son leadership est endommagĂ© et son temps au gouvernement va bientĂŽt prendre fin", a assurĂ© M. Scheer. "Quand ce moment viendra, les conservateurs seront prĂȘts".
AprÚs une campagne tendue marquée par des scandales de part et d'autre, M. Trudeau avait reçu le soutien de l'ancien président américain Barack Obama, qui avait appelé les Canadiens à reconduire "un dirigeant travailleur, efficace, qui s'attaque aux grands problÚmes tels que le changement climatique".

- Négociations -

Le Premier ministre doit maintenant s'atteler Ă  la difficile tĂąche de la formation d'un gouvernement, et devra tenir compte des exigences des partis sans lesquels il ne pourra pas gouverner.

Yves-François Blanchet, le chef du Bloc quĂ©bĂ©cois (BQ), un parti en dĂ©shĂ©rence il y a Ă  peine quelques mois et qui a fait une remontĂ©e spectaculaire dans les urnes dans la province francophone, s'est dit ouvert Ă  une collaboration ponctuelle avec le nouveau gouvernement, si les intĂ©rĂȘts du QuĂ©bec sont prĂ©servĂ©s.
"Le Bloc peut collaborer, au mérite, avec n'importe quel gouvernement. Si ce qui est proposé est bon pour le Québec, vous pourrez compter sur nous", a-t-il lancé à ses militants. Le Bloc comptera 32 députés dans la prochaine assemblée.

Quant au chef du Nouveau parti dĂ©mocratique (NPD, gauche) Jagmeet Singh, l'une des rĂ©vĂ©lations de la campagne dont la formation a toutefois fait moins bien que prĂ©vu (24 siĂšges), il a promis d'ĂȘtre "constructif".
"Dans les jours à venir, je rencontrerai mon nouveau caucus (groupe parlementaire) pour discuter de la façon dont nous allons procéder pour répondre aux attentes des gens (...). Nous allons aborder la formation du nouveau parlement avec un esprit et un c?ur ouvert", a-t-il dit dans un communiqué.

"Le véritable gagnant de cette élection n'est pas un parti ou un chef. Les Canadiennes et Canadiens ont envoyé un message clair: ils veulent un gouvernement qui travaille pour eux et ils ne sont pas satisfaits des vieilles façons de faire de la politique", a-t-il dit toutefois prévenu.

Selon Hugo Cyr, politologue à l'Université du Québec à Montréal (UQAM), "il y aura sans doute un rapprochement plus facile entre les libéraux et le NPD qu'avec le Bloc".

Prochaine étape, d'aprÚs l'analyste: des discussions entre MM. Trudeau et Singh autour "des éléments qui devraient se retrouver dans le discours du TrÎne pour satisfaire le NPD", afin que ce dernier donne son appui au Premier ministre "dÚs le premier vote de confiance".

AFP

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