HarcĂšlement et agressions

Violences dans le patinage: plus d'une vingtaine d'entraĂźneurs mis en cause, la justice saisie

  • PubliĂ© le 4 aoĂ»t 2020 Ă  20:14
  • ActualisĂ© le 4 aoĂ»t 2020 Ă  20:44
La ministre des Sports Roxana Maracineanu le 3 février 2020 à Paris

Le ministĂšre des Sports a annoncĂ© mardi que l'Inspection gĂ©nĂ©rale avait saisi la justice au terme de sa mission d'enquĂȘte sur les faits de violences dans le milieu du patinage artistique, qui a mis en Ă©vidence des soupçons pesant sur une vingtaine d'entraĂźneurs.

Parmi ces 21 entraßneurs, 12 seraient mis en cause pour "des faits de harcÚlement ou d'agressions sexuelles", dont trois ont été condamnés par le passé à des peines d'emprisonnement fermes ou assorties de sursis. Sept autres dossiers concernent des "violences physiques ou verbales".

A la suite des rĂ©vĂ©lations de l'ancienne patineuse Sarah Abitbol dans son livre "Un si long silence" (Plon) paru fin janvier 2020, dans lequel elle accuse son ancien entraĂźneur Gilles Beyer de l'avoir violĂ©e et agressĂ©e sexuellement plusieurs fois entre 1990 et 1992, le ministĂšre des Sports avait diligentĂ© une enquĂȘte auprĂšs de l'Inspection gĂ©nĂ©rale de l'Education, du sport et de la recherche (IGESR).

Au terme de cette mission d'enquĂȘte, "des faits susceptibles de recevoir une qualification pĂ©nale ayant Ă©tĂ© relevĂ©s par la mission, la cheffe de l'IGESR a informĂ© les ministres qu'elle transmettait le rapport au procureur de la RĂ©publique prĂšs le tribunal judiciaire de Paris conformĂ©ment Ă  l'article 40 du code de procĂ©dure pĂ©nale", a indiquĂ© le ministĂšre des Sports.

"Le volume des affaires ainsi identifiées est révélateur de pratiques et de comportements reproduits, qui ont traversé des générations d'entraßneurs dans les principales disciplines de la FFSG que sont le patinage artistique et la danse sur glace. Il est sans équivalent au plan international", souligne le ministÚre dans son communiqué.

"Ces différents dossiers ont d'ores et déjà donné lieu à deux signalements au procureur de la République au titre de l'article 40 du code de procédure pénale (février 2020), au placement en détention provisoire d'un entraßneur (février 2020) et à cinq mesures administratives d'interdiction d'exercer (avril 2020)", souligne le ministÚre.

La mission d'enquĂȘte Ă©gratigne le fonctionnement fĂ©dĂ©ral marquĂ© par "une forte concentration des pouvoirs n'associant rĂ©ellement que trĂšs peu de dirigeants et de cadres techniques", qui n'a pu que "favoriser une forme d'omerta sur les soupçons qui pesaient Ă  l'Ă©gard d'entraineurs et a pu conduire Ă  l'absence de procĂ©dures disciplinaires, ou mĂȘme de simples enquĂȘtes".

A la suite des révélations de Sarah Abitbol, le président pendant plus de 20 ans de la Fédération française des sports de glace Didier Gailhaguet avait été contraint de démissionner de son poste début février.

Nathalie PĂ©chalat, Ă©lue mi-mars Ă  la tĂȘte de la FFSG, n'Ă©tait pas destinataire du rapport, qui a Ă©tĂ© remis Ă  Didier Gailhaguet. Dans un communiquĂ©, les avocats de ce dernier ont dĂ©noncĂ© la "partialitĂ©" de l'IGESR, dĂ©plorant que "l'ensemble des critiques se focalise de maniĂšre exclusive sur la personne de Monsieur Didier Gailhaguet".

"Les inspecteurs n'ont (...) pas hĂ©sitĂ© Ă  mĂ©connaitre et Ă  ne pas tenir compte des explications factuelles documentĂ©es fournies par les conseils de Monsieur Didier Gailhaguet qui auraient dĂ» ĂȘtre de nature Ă  Ă©carter les griefs formulĂ©s Ă  son encontre", Ă©crivent Me Vincent Brengarth et Me William Bourdon.
Gilles Beyer fait lui toujours l'objet d'une enquĂȘte du parquet de Paris, notamment pour "viols".

La FFSG était depuis sous la menace du retrait de la délégation du ministÚre, arme absolue qui n'a pas été préconisée par les inspecteurs généraux dans leur rapport.

Une seconde partie de la mission d'enquĂȘte de l'IGESR "portera notamment, dans le cadre du contrĂŽle demandĂ©, sur les conditions dans lesquelles les conseillers techniques sportifs du ministĂšre chargĂ© des sports placĂ©s auprĂšs de la fĂ©dĂ©ration ont exercĂ© leurs fonctions".

AFP

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