L'usage obligatoire du masque gagne rapidement du terrain dans les villes d'Europe face au coronavirus, notamment en France, menacée d'une reprise incontrÎlée de l'épidémie, alors que le monde s'approche de la barre des 700.000 morts.
DĂšs mercredi, le masque sera obligatoire mĂȘme Ă l'extĂ©rieur dans les zones les plus frĂ©quentĂ©es de Toulouse, dans le sud-ouest de la France. Il en sera trĂšs prochainement de mĂȘme Ă Paris et dans d'autres villes, ont annoncĂ© les autoritĂ©s. Une mesure similaire entre en vigueur mercredi dans le cĂ©lĂšbre Quartier Rouge d'Amsterdam et dans les quartiers commerçants de Rotterdam.
Le virus a tué plus de 211.000 personnes sur le seul continent européen selon un bilan réalisé mardi par l'AFP, sur un total de 694.805 morts dans le monde depuis fin décembre.
La nervosité semble gagner le gouvernement français alors que l'instance scientifique qui le guide juge "hautement probable qu'une seconde vague épidémique soit observée à l'automne ou l'hiver". "Le virus circule de façon plus active, avec une perte accentuée des mesures de distanciation et des mesures barriÚres : l'équilibre est fragile et nous pouvons basculer à tout moment dans un scénario moins contrÎlé comme en Espagne par exemple", a mis en garde le Conseil scientifique mardi.
Le gouvernement irlandais a pour sa part décidé de repousser la derniÚre phase de son déconfinement, qui comprend notamment la réouverture de tous les pubs, ainsi que celle des bars et hÎtels. L'Irlande a également décidé de rendre obligatoires le port du masque dans les magasins et centres commerciaux à partir du 10 août.
- "Efforts acharnés" -
Aux Etats-Unis, le président Donald Trump s'est une nouvelle fois voulu résolument optimiste, affirmant que "certains indicateurs montrent que nos efforts acharnés pour contenir le virus fonctionnent trÚs bien en fait, surtout pour protéger les personnes les plus vulnérables".
Le pays a toutefois enregistré 1.302 nouveaux décÚs liés au Covid-19 au cours des derniÚres 24 heures, selon le dernier comptage de l'université Johns Hopkins. Le total s'établit désormais à plus 156.000 morts.
Le Brésil, deuxiÚme pays le plus touché au monde, compte désormais prÚs de 96.000 morts. L'Argentine a de son cÎté annoncé des chiffres records de 168 décÚs et 6.792 infections au cours des 24 derniÚres heures, selon le ministÚre de la Santé. Le Pérou a franchi mardi la barre des 20.000 décÚs et ses hÎpitaux sont saturés.
Aux Philippines, plus de 27 millions de personnes à Manille et dans quatre provinces voisines, soit environ le quart de la population de l'archipel, ont été reconfinées mardi avec à peine 24 heures de préavis.
- Suppressions d'emplois -
Le virus continue par ailleurs de bouleverser l'économie mondiale et de semer le chaos dans les bilans et projets des entreprises. Face à une industrie du voyage "dévastée", la plateforme de réservation d'hébergement en ligne Booking.com a annoncé mardi qu'elle réduirait jusqu'à un quart de ses effectifs mondiaux, qui s'élÚvent actuellement à 17.500 personnes.
Les groupes britannique Pizza Express et français Accor ont également annoncé 1.000 ou plus suppressions d'emplois chacun pour survivre à la pandémie. Quant au géant américain Disney, dont les activités dans les parcs d'attraction, des croisiÚres, de l'événementiel ont plongé de 85% au deuxiÚme trimestre, il a décidé de mettre l'accent sur le streaming direct de contenus aux consommateurs. Ce sera notamment le cas de son trÚs attendu blockbuster "Mulan".
Aux Etats-Unis, républicains et démocrates ont poursuivi mardi leurs discussions pour trouver un accord sur une nouvelle aide pour les millions d'Américains au chÎmage à cause du Covid-19, mais aussi pour les entreprises en difficulté et les collectivités locales.
- Moins de cancers -
Les efforts pour trouver un vaccin se poursuivent parallÚlement aux quatre coins du monde. La société de biotechnologies américaine Novavax, qui a reçu 1,6 milliard de dollars de Washington pour développer un vaccin contre le nouveau coronavirus, a annoncé mardi que son vaccin expérimental avait produit de hauts niveaux d'anticorps chez quelques dizaines de volontaires.
L'Organisation mondiale de la Santé a insisté mardi sur la nécessité de respecter les protocoles et réglementations en vigueur dans le développement d'un futur vaccin, alors que la Russie a promis des "millions" de vaccins dÚs début 2021.
"Tout vaccin et tout mĂ©dicament Ă cette fin doivent bien sĂ»r ĂȘtre soumis Ă tous les diffĂ©rents essais et tests avant d'ĂȘtre homologuĂ©s pour leur dĂ©ploiement", a soulignĂ© le porte-parole de l'OMS Christian Lindmeier, interrogĂ© sur les annonces russes au cours d'une confĂ©rence de presse en ligne.
Autre conséquence sanitaire indirecte de la pandémie, le nombre de cancers découverts aux Etats-Unis a chuté de moitié au début de la pandémie de Covid-19, par rapport aux années précédentes, selon une étude parue mardi.
"Bien que les gens aient adopté la distanciation sociale, le cancer ne fait pas de pause", préviennent les auteurs de l'étude, du laboratoire d'analyse Quest Diagnostics. "Les retards de diagnostics mÚneront sans doute à des présentations à un stade plus avancé, et à des résultats cliniques plus sévÚres".
AFP



