Vol au Louvre : ce que l'on sait, aprĂšs les nouvelles mises en examen

  • PubliĂ© le 2 novembre 2025 Ă  14:00
  • ActualisĂ© le 3 novembre 2025 Ă  05:13
La fenĂȘtre du Louvre que les voleurs ont brisĂ©e pour entrer

Nouveaux suspects mis en examen, absence de complices au musĂ©e, bijoux toujours introuvables : voilĂ  ce que l'on sait sur le spectaculaire cambriolage du Louvre le 19 octobre, qui mobilise des dizaines d'enquĂȘteurs.

Combien de suspects ?

Deux nouvelles personnes arrĂȘtĂ©es mercredi soir ont Ă©tĂ© mises en examen et placĂ©es en dĂ©tention provisoire samedi, portant Ă  quatre le nombre de suspects Ă©crouĂ©s.
Il s'agit d'un homme de 37 ans, soupçonnĂ© d'ĂȘtre un des quatre membres du commando ayant dĂ©robĂ© les joyaux, et de sa compagne de 38 ans, a indiquĂ© la procureure de Paris Laure Beccuau.

Deux autres hommes habitant Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), ĂągĂ©s de 34 et 39 ans, sont eux aussi soupçonnĂ©s d'avoir fait partie du commando. ArrĂȘtĂ©s le 25 octobre -l'un Ă  l'aĂ©roport de Roissy alors qu'il tentait de rejoindre l'AlgĂ©rie, l'autre Ă  Aubervilliers-, ils ont Ă©tĂ© mis en examen et Ă©crouĂ©s mercredi.

"Il y a quatre auteurs, il en reste au moins un à retrouver, plus sans doute le ou les commanditaires", a déclaré le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez au Parisien.
Dimanche sur France Info, Mme Beccuau a par ailleurs évoqué de possibles autres complices, mentionnant l'emploi de "véhicules relais".

Elle a revanche souligné que rien ne permettait à ce stade d'évoquer une complicité au sein du Louvre.

- Les suspects ont-ils reconnu leur implication?

Les deux hommes d'Aubervilliers "se sont livrĂ©s Ă  des dĂ©clarations" jugĂ©es "minimalistes par rapport Ă  ce qui nous paraĂźt ĂȘtre dĂ©montrĂ© par le dossier", selon Mme Beccuau.

Ils sont mis en examen pour vols en bande organisée (15 ans de réclusion criminelle encourus) et association de malfaiteurs en vue de la préparation du crime de vol en bande organisé (10 ans encourus), tout comme l'homme de 37 ans.

Sa compagne est, elle, soupçonnée de complicité de vol commis en bande organisée et association de malfaiteurs. Le couple, qui "a des enfants ensemble", a "contesté toute implication", a indiqué Mme Beccuau. L'homme "s'est refusé à toute déclaration", a précisé la procureure sur France Info.

Le couple a Ă©tĂ© interpellĂ© aprĂšs la dĂ©couverte d'ADN leur appartenant dans la nacelle du monte-charge utilisĂ© lors du cambriolage. Si celles de l'homme "sont importantes", pour celles de la femme, les enquĂȘteurs se demandant s'il s'agit d'"ADN de transfert", c'est-Ă -dire "dĂ©posĂ© sur quelqu'un, sur un objet, qui est ensuite redĂ©posĂ© dans la nacelle". "Tout ça mĂ©ritera d'ĂȘtre investiguĂ©", a soulignĂ© Mme Beccau.

Concernant les hommes d'Aubervilliers, celui de nationalité algérienne a été ciblé grùce à de l'ADN retrouvé sur un des scooters ayant servi à la fuite, tandis que l'ADN du deuxiÚme a été découvert sur une des vitrines fracturées et des objets abandonnés au Louvre.

. Quel est le profil des mis en examen?

Les deux hommes d'Aubervilliers, soupçonnĂ©s d'ĂȘtre ceux ayant pĂ©nĂ©trĂ© dans la galerie d'Apollon, ont "Ă©tĂ© impliquĂ©s dans une mĂȘme affaire de vol pour laquelle ils ont Ă©tĂ© condamnĂ©s en 2015 Ă  Paris", selon la procureure.

AgĂ© de 34 ans, l'AlgĂ©rien Ă©tait sans activitĂ© rĂ©cente, mais avait auparavant travaillĂ© comme ripeur (ramassage d'ordures) ou livreur. Le deuxiĂšme est un chauffeur de taxi clandestin de 39 ans. Il est connu pour des vols aggravĂ©s et doit ĂȘtre jugĂ© mercredi Ă  Bobigny pour avoir dĂ©gradĂ© un miroir dans un commissariat en garde Ă  vue.

Le casier de l'homme du couple porte de son cÎté "mention de 11 condamnations, dont une dizaine déjà pour des faits de vol" significatifs, a indiqué Mme Beccuau.

Lors d'une audience devant le juge des libertĂ©s (JLD) Ă  laquelle a pu partiellement assister l'AFP samedi, sa compagne, habitante de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), Ă©tait en pleurs, disant avoir "peur" pour ses enfants et pour elle-mĂȘme.

Les profils ne correspondent pas Ă  ceux "que gĂ©nĂ©ralement on associe au spectre de la criminalitĂ© organisĂ©e", a indiquĂ© Mme Beccau, tout en soulignant qu'"aujourd'hui, on a des profils pas trĂšs connus en criminalitĂ© organisĂ©e qui montent assez vite sur des faits extrĂȘmement graves".

- OĂč sont les bijoux ? -

Les différentes perquisitions n'ont "pas permis de retrouver" les bijoux, a souligné la procureure. M. Nunez, qui s'est dit confiant qu'on puisse les récupérer, a évoqué l'existence de plusieurs hypothÚses, "y compris qu'ils soient déjà écoulés à l'étranger".

D'aprÚs la procureure, l'Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC) examine tous les "marchés parallÚles" de revente. Parmi les hypothÚses, elle a évoqué celle que les joyaux soient "une marchandise de blanchiment, voire de négociation dans le milieu de la criminalité organisée", en tant que "monnaie d'échange".

AFP

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