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Volkswagen fait son mea culpa pour regagner la confiance des clients européens

  • PubliĂ© le 1 mars 2016 Ă  01:17
Le patron de Volkswagen Matthias MĂŒller Ă  Francfort le 14 septembre 2015

Le géant européen de l'automobile Volkswagen a fait amende honorable lundi soir, veille du salon de l'automobile de GenÚve, promettant d'"apprendre des erreurs du passé" alors qu'il est toujours aux prises avec le scandale des moteurs truqués.


Finis la confiance en soi exacerbĂ©e et les raouts au budget faramineux des annĂ©es passĂ©es: le groupe allemand aux douze enseignes, parmi lesquelles la marque du mĂȘme nom mais aussi Seat, Skoda, Porsche ou Audi, a fait profil bas lors d'une soirĂ©e organisĂ©e devant un public plus rĂ©duit qu'Ă  l'accoutumĂ©e, dans l'espoir de reconquĂ©rir le coeur de ses clients europĂ©ens.
Le salon de GenÚve, premiÚre grand-messe de l'année sur le Vieux continent, ouvrira ses portes à la presse mardi et au public jeudi.
Façonner l'avenir ne peut se faire "que si nous apprenons en mĂȘme temps des erreurs du passĂ©", a dĂ©clarĂ© devant un public de 400 journalistes et responsables du groupe Matthias MĂŒller, aux commandes du mastodonte depuis fin septembre. Volkswagen, dĂ©masquĂ© par les autoritĂ©s amĂ©ricaines, avait alors avouĂ© avoir truquĂ© le moteur de 11 millions de voitures diesel dans le monde pour les faire passer pour moins polluantes qu'elles ne sont, via un logiciel.
"Avec la manipulation du logiciel, des rĂšgles ont Ă©tĂ© brisĂ©es et des frontiĂšres Ă©thiques dĂ©passĂ©es. Nous savons que nous avons déçu beaucoup de gens qui ont fait confiance Ă  Volkswagen", a dĂ©clarĂ© lundi M. MĂŒller. "Nous travaillons de toutes nos forces Ă  restaurer cette confiance", a-t-il affirmĂ©.
"2016 est l'année au cours de laquelle nous comptons résoudre le problÚme de nos moteurs diesel" et jeter les bases "d'un nouveau Volkswagen, d'un meilleur Volkswagen", a promis l'ancien patron de la marque Porsche.
"Nous nous donnons cette double tùche, avec le respect nécessaire, mais également confiants dans le fait que ce groupe peut et va avec ses marques sortir renforcé de cette phase difficile", a-t-il assuré.
Le groupe fait donc acte de contrition en Europe aprĂšs l'Ă©chec d'un mea culpa aux Etats-Unis, pays d'oĂč est parti le scandale, en dĂ©but d'annĂ©e. M. MĂŒller avait niĂ© tout mensonge dans une interview Ă  la radio, parlant Ă  propos des moteurs truquĂ©s d'un "problĂšme technique", ce qui avait suscitĂ© un tollĂ©.
- Humilité de rigueur -
L'attitude adoptée par le groupe, qui affronte le pire scandale de son histoire, correspond aux attentes des experts.
"Il cherche à apparaßtre plus ouvert, plus transparent", relÚve le spécialiste automobile allemand Stefan Bratzel, interrogé par l'AFP.
Pour son compatriote Ferdinand Dudenhöffer, directeur du centre de recherche CAR, "Volkswagen se montre plus humain".
"Dans les six à neuf mois qui viennent, Volkswagen va avoir la tùche difficile de regagner la confiance de ses clients et ce n'est pas chose facile. Mais les ventes ne vont pas s'effondrer en Europe comme c'est le cas aux Etats-Unis", estime M. Dudenhöffer.
D'aprĂšs M. Bratzel, "il est possible que les clients oublient vite s'ils ont le sentiment que Volkswagen s'occupe du problĂšme".
La marque Volkswagen est celle qui souffre le plus, au sein du groupe. En janvier, elle a accusé un repli des ventes de 2,6% en Europe de l'ouest, dont -5% en Allemagne, et un décrochage de prÚs de 15% aux Etats-Unis.
L'entreprise a essuyĂ© entre juillet et septembre sa premiĂšre perte nette en 15 ans et mĂšne toujours des nĂ©gociations avec les autoritĂ©s amĂ©ricains sur les modalitĂ©s de correction du trucage. "Le dialogue constructif fait des progrĂšs, donc nous verrons ce qui se passe dans les semaines et mois qui viennent", a indiquĂ© M. MĂŒller Ă  Bloomberg TV.
En Europe, le rappel des voitures du groupe concernés par la tricherie a commencé en douceur.
M. MĂŒller a aussi voulu lundi positionner son groupe vers l'avenir, en annonçant une offensive dans le domaine du numĂ©rique et de la conduite autonome.
"Volkswagen reste un géant qui a les reins pour passer l'étape, et qui conservera malgré ce choc une capacité d'innovation supérieure à ses concurrents", souligne François Jaumain, associé responsable du secteur automobile chez PwC.

Par Federica ANDREOL - © 2016 AFP
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